Arthur Upfield, Les sables de Windee

Massif de l’Aigoual, sources de la Dourbie

Dans la veine Je relis les séries à tonalité autochtones qui ont marqué ma jeunesse, j’entreprends des retrouvailles avec ce vieux Bony. J’ai toujours été perplexe face à l’attraction qu’exercent sur moi ses enquêtes. L’esprit en est plutôt vieillot, voire colonialiste.

Quelque chose au fond de lui, avait beau le pousser vers la sauvagerie des indigènes, il n’y trouvait nulle véritable beauté, rien de la grâce qu’il avait découverte dans l’art de l’homme blanc, dans ses efforts pour tendre vers ses idéaux de propreté, de pureté et d’accomplissement. (134)

La dualité qui habite l’esprit de Bony – broussard par ses origines aborigènes, éduqué par ses influences anglaises – est dépeinte avec insistance d’une manière caricaturale. Arthur Upfield base son personnage sur ce mélange d’instinct et de de civilisation, d’astuce et de réflexion méthodique, de capacité à survivre et de classe civilisée. Mais si l’on fouille un peu, on voit qu’il s’amuse aussi des préjugés envers les noirs. Il les égratigne dans un pur style colonial élégamment anglais mais leur rend aussi hommage à sa manière.

Bony dégage une séduction indubitable. A la fois insupportable à la manière d’un Hercule Poirot – il se qualifie lui-même de meilleur inspecteur que l’Australie ait jamais connu – ou d’un Sherlock Holmes – en quête d’affaires exceptionnelles à l’image de son intelligence – il est aussi taquin, malicieux, tendre, indiscipliné, d’une patience infinie, attentionné avec les dames et doté d’un regard bleu hypnotique.

Moi j’ai pas peur des flics, et j’ai jamais eu peur non plus du shérif Dawlish, quand j’étais dans l’Arizona, mais j’peux dire que j’tremble devant ces traqueurs aborigènes. Y a pas mieux comme limiers. Les Indiens, c’est des aveugles comparé à eux. (292)

Comme dans les romans de Tony Hillerman, le paysage naturel a une importance égale au charme de l’enquêteur. De la poussière, de l’horizon à perte de vue, des zones à faible densité humaine, des indications botaniques et zoologiques précises parlent à mon cœur de naturaliste en vadrouille littéraire.

Si l’intrigue de ce premier épisode est un peu flageolante, si nous en savons trop par rapport à Bony pour que le suspens nous tienne, si la fin tire en longueur, il nous met cependant dans l’ambiance et pose le personnage.

Massif de l'Aigoual

Massif de l’Aigoual

Massif de l'Aigoual - Papillon

Massif de l’Aigoual – Papillon

 

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