Fédor Dostoïevski, Les frères Karamazov 1, lu par Pierre-François Garel

The Rijksmuseum RP-F-1994-23 - Fédor Dostoïevski, Les frères Karamazov 1, lu par Pierre-François Garel

The Rijksmuseum, Amsterdam RP-F-1994-23

Je ne sais plus où j’ai lu que Les frères Karamazov était le roman le plus abouti de Fédor Dostoïevski, mais effectivement, j’ai eu le sentiment lors de cette écoute, que ma rencontre avec cet auteur trouvait enfin un aboutissement. Celle avec Pierre-François Garel aussi. Pour Crimes et châtiments, j’avais trouvé la lecture de ce dernier assez inégale, s’envolant par moment dans un lyrisme théâtral auquel il était difficile d’adhérer. Ici il est parfait. Il a une compréhension remarquable de l’esprit du texte (et ce n’est pas une mince affaire, il faut quand même se le fader !) Sa maîtrise des différents personnages, des émotions exprimés par ceux-ci, des digressions philosophiques font ressortir toute la maturité de son interprétation.

Du drame, partout du drame, caché dans les ornières de toutes les pages, presque sous chacune des lettres. Fédor Dostoïevski nous oblige à être honnête avec nous-mêmes. Pour supporter la lecture de ses livres, pour pouvoir accueillir en miroir la souffrance mentale de ses personnages, il nous faut reconnaître qu’on peut aussi la vivre, la ressentir, la laisser nous habiter. Que nous n’échapperons peut-être pas toujours à la laideur des tourments humains parce qu’elle est concomitante à cette satanée liberté de l’esprit humain avec laquelle nous louvoyons, préférant nous prosterner devant des idoles plutôt qu’en jouir.

Mais heureusement il y a Aliocha… Aliocha le tendre et doux que son maître précipite dans les griffes du monde. Il trace un sillon de lumière au travers des cumulonimbus chers à l’auteur.

[Ecouté dans le cadre d’un partenariat entre Babelio et Audible]

 

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