Kathleen Dean Moore, Petit traité de philosophie naturelle

Petit traité de philosophie naturelle de Kathleen Dean Moore

Ça aurait pu le faire. Et pourtant ça ne l’a pas fait. Les mésanges au cerveau qui grossit à l’automne et l’ivresse des tempêtes n’ont pas suffit à nous relier, le livre et moi. La construction appliquée des chapitres (un thème – description naturaliste – extension philosophique ou personnelle – chute) typique de ce courant littéraire, la platitude des descriptions, la grande austérité de l’écriture, le manque d’ouverture, ont maintenu mon attention en survol. Les paysages sont, malgré mes efforts et ceux de l’auteur, restés sans vie. C’est un texte qui reste replié sur lui-même, qui ne s’offre pas au lecteur. Et pourtant, quelques blocs de phrases lucides, lumineuses, sortent du lot. Un chapitre amusant autour des chiens. Mais il faut les chercher comme une puce dans les poils du chat. Concepts et symboles étouffent les brins d’herbes au lieu de se laisser porter par le flot de perceptions.

Je ne doute pas que ma vie soit limitée, même si j’ignore aujourd’hui quelle en sera la durée. Mais je ne vois pas de limite à la profondeur de chaque instant, et je veux tenter de tous les vivre jusqu’au bout, « en épaisseur ». Je veux aller le plus loin possible dans l’instant, le plonger dans une somme confuse de détails, le brandir dans l’air humide parcouru de cris. (68)

 

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