Nicole Lombard, Les volets verts du Paraïs

Cirque de Tournemire - Les volets verts du Paraïs de Nicole Lombard

Causse du Larzac, cirque du Brias

Les lecteurs qui auront eu la constance de me suivre jusqu’à ce huitième chapitre ne peuvent être que des connaisseurs avertis de l’œuvre du maître. (57)

Je n’ai pu que sourire devant ces mots glissés à peu près à mi-chemin du livre, connaisseurs, avertis, maître, moi la récalcitrante qui tente d’approcher les livres de Giono de loin en loin, ayant tiré éblouissement de la Trilogie de Pan puis moult déceptions, notamment auprès de ces romans du temps du lyrisme à gros souffle. Mais le hussard m’attend toujours sur son toit. Peut-être sera-ce là le lieu d’une rencontre torride.

Du qualificatif de maître, donc, je ne dote pas l’écrivain de Manosque, mais j’ai pourtant écouté, et sans rechigner, la petite musique qui s’échappe de la fente des volets verts du Paraïs. D’abord parce qu’une balade en voiture en compagnie de Nicole et Michel Lombard est toujours promesse de discrets enchantements, regards ouverts sur des contes de voyageurs, évocation de lieux connus (Tiens, Florac ! Que j’associe pour ma part essentiellement à une certaine boutique de gourmandises aux châtaignes…). Ensuite parce que c’est avant tout le livre d’une lectrice. Par une fraternité, non pas gionisiaque, mais avec toute sensibilité aux mots qui se mêlent à la vie, j’ai suivi. Avec une certaine fascination pour la façon dont peuvent se dérouler les événements sociaux autour de la littérature. Je suis une tourneuse de pages cavernicole qui fréquente peu ses congénères. L’affaire m’a parue exotique.

On reconnaît un grand livre, une grand œuvre, à ce que la « connaissance » qu’on en prend, à la première lecture mais aussi bien, je crois, après une longue étude, est bientôt dépassée, submergée, par la reconnaissance qu’on éprouve à l’égard de l’auteur. Nous sommes ici aujourd’hui, dans ces jardins, dans cette maison, dans cette ville, tournant éberlués autour de l’athanor dont le secret, heureusement, nous échappera toujours. Nous sommes ici pour nous acquitter, chacun à sa manière, d’une infime partie d’une démesurée dette de gratitude. Une dette dont nous ne voudrions , pour rien au monde, qu’elle nous soit remise. (93)

Familiers, amoureux, officiels ou remue-méninges gravitent autour de l’événement, en tirent un suc, y apportent de leur grâce ou grattent le tas de compost. Le lecteur seul sait dans son intimité son lien véritable et sa maturation en compagnonnage avec les mots de l’auteur. Voyage très habité, coffret aux émotions de toute une vie, mémoire semée d’énigmes et mâtinée d’un humour droit dans ses bottes, c’est une excellente lecture d’hiver pour sortir de l’engourdissement tout en restant bien au chaud dans le secret des expérimentateurs de littérature vivante.

Cirque de Tournemire

Causse du Larzac – Cirque du Brias

Cirque de Tournemire

Causse du Larzac – Cirque du Brias

 

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3 réponses à Nicole Lombard, Les volets verts du Paraïs

  1. Sandrine Bluetit dit :

    Ahlala, je n’ai même pas le temps de peaufiner ma critique que vous êtes déjà là ! 🙂 Quel flair !

    Le livre est sorti vers Noël. Il faudrait voir directement avec eux : bonalbert@wanadoo.fr

  2. Dominique dit :

    oups j’ai cliqué trop tôt, j’aime énormément cette dame et le livre me fait plus qu’envie

  3. Dominique dit :

    il date de quand ce livre, impossible de le trouver sur le web

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