Tony Hillerman, L’homme squelette

Tournemire, maison du plésiosaure

Dans son autobiographie, Tony Hillerman avoue :

Ceux qui ont lu mes romans policiers savent que je n’ai aucune habileté pour raconter les histoires d’amour quand mes intrigues l’exigent. (194)

Je ne le contredirai pas sur ce point face au final saveur guimauve de L’homme squelette :

Leur réunion fut trop violente pour qu’elle puisse achever sa phrase. Il se précipita sur elle dans un grand éclaboussement, en partie parce qu’il était emporté par sa joie et en partie parce qu’il avait perdu l’équilibre. L’impact entre cet homme trempé et cette femme aux vêtements relativement secs fut assez brutal pour projeter un nuage de gouttes. Puis ils se serrèrent l’un contre l’autre en y mettant toute leur force et tout leur enthousiasme. (266)

Connaissant l’humour décalé du personnage je le soupçonne d’en avoir volontairement fait trop…

Shorty est mort ! ca alors ! (23)

D’une manière générale, cet Homme squelette recèle de bons éléments insérés dans une intrigue mal fichue et penchant trop vers la comédie pour être prise au sérieux. La mort de Shorty Mc Ginnis saisit d’emblée le lecteur accro à la série. Le retour vers des bases mythologiques et la présence de Masaw le ravissent. L’apparition de nouveaux peuples indiens aussi, Supais, Havasupais, Yumans… mais l’histoire manque terriblement d’enjeux, de tension, de mystère. C’est mou, attendu, l’avidité qui s’agrippe aux diamants est grossièrement mise en avant, le personnage de Johanna Craig est assez raté, hollywoodien et trop facilement accepté par nos compères navajo et hopi. C’est un film d’aventure aux accents romantiques plus qu’un polar poussiéreux de fond de canyon.

 

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