Daphné du Maurier, Le vol du faucon

l’Hospitalet du Larzac, Canalettes

C’est un roman assez barré, italiennement décalé, qui se lit d’une traite. Moi qui avait envie d’une pause, d’une lecture sans enjeu, purement dans le plaisir, j’ai trouvé à me régaler. L’histoire s’anime sans attendre après un lecteur, vit d’une existence propre jusqu’à son final, qu’on soit là ou pas. C’est très reposant. Beaucoup de livres actuels s’agrippent au lecteur, plantent leur crocs dans leurs yeux, leur injectent un philtre d’attachement et de fascination pour exister à tout prix. Daphné du Maurier met au monde un univers indépendant dans lequel on peut entrer ou passer son chemin. Le rythme est parfait, le charme des descriptions rend compte de la réalité de Rufano. Une fois le parti pris de participer, on ne doute pas un seul instant du déroulement des faits. Le glissement de réalité, la modification de la perception, l’effet de foule, irrésistible, suivent leur amplification naturelle, portés par la fougue et l’idéalisme d’une jeunesse pleine d’énergie, prête à se donner à corps perdu.

 

Ce contenu a été publié dans Explorations littéraires. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *