Daphné du Maurier, Les parasites

Vabres l'Abbaye - Les parasites de Daphné du Maurier

La tragédie de l’existence, songeait Niall (…), n’était point que les gens mourussent, c’était qu’ils fussent morts pour vous. (289)

Le roman part d’une dynamique pétillante – le trio des enfants Delaney emportés par le tourbillon artistique de leurs parents – pour s’enfoncer progressivement vers un constat désolant. La dextérité de Daphné du Maurier à camper un caractère, à saisir le jeu de l’identité sociale, prennent ici une saveur amère. On y trouve nombre de thèmes touchant de près à sa vie personnelle. Le plus marquant étant cette scène où Maria, abandonnée par sa nurse le temps d’un après-midi, ne sait que faire pour apaiser son bébé. Mais la construction statique du récit augmente le sentiment de tristesse et étouffe le piquant qu’aurait pu instiller l’ironie mordante qui sous-tend son regard. Niall, Maria et Celia sont parfois trop typés dans leur rôle respectif. Le défilé de souvenirs évoqués sur canapé alourdit le rythme. J’ai beaucoup survolé. En ressort un propos sur l’errance identitaire et le mal d’exister qui n’a pas trouvé sa pleine expression.

 

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