John Haines, Vingt-cinq ans de solitude

Massif de l'Aigoual, sources de la Dourbie - John Hains, Vingt-cinq ans de solitude

Massif de l’Aigoual, sources de la Dourbie

Les jours et les années passent ensemble. (110)

La préface est à elle seule fort belle, puissante dans son propos, et fait surgir l’essence de ce que j’aurai aimé exprimé à propos de ce livre. La temporalité, la disparition des êtres et des environnements, l’intériorité, la quête d’une existence accomplie en sa plénitude. D’une apparente rudesse – John Haines démarre fort, en nous mettant face à face avec l’acte qui consiste à tuer un animal – s’extirpe un esprit profondément poétique, contemplatif. Ce qui fait toute la force et l’authenticité du récit. De journées remplies d’actes nécessaires à la survie – faire face au froid intense, gérer les sources de nourritures, construire de ses mains cabanes et embarcations – il trace une expérience qui plonge aux racines de l’être qui a soif de fortune spirituelle. Il ne se donne pas la peine de faire des chutes pour clore ses chapitres, comme s’y appliquent nombre d’auteurs contemporains, mais glisse souvent vers le rien, le paysage, la lumière, le craquement de la glace. Je n’aurai ni la force physique, ni la force mentale pour mener une pareille existence, mais nous nous rejoignons dans cette même conscience cyclique des saisons, cette présence primitive qui s’inscrit dans une sorte de temps du rêve au sens antique et tribal du terme.

En revivant des fragments de ce récit, j’ai l’impression d’avoir erré à travers toutes sortes de périodes historiques, d’ères géologiques et d’état mentaux, pour retrouver toujours mon point de départ, un pays à la fois singulier et idéal. Peut-être ce livre parle-t-il également du Temps – de l’impression qu’il nous laisse, du moment où certains événements ont lieu. Il ne suffit pas d’additionner les années du calendrier pour rendre compte de ce parcours où l’on entre et sort du temps à loisir. Dans cette perspective, il n’y a ni progrès, ni destination finale, car l’essence des choses est connue de toujours, le lieu ultime atteint depuis longtemps. (11)

Mais c’est dans la clarté et la force brève d’une rencontre avec la nature, dans ce témoignage d’amour, et – puisque c’est d’un livre dont il s’agit ici – dans les souvenirs qu’on rappelle à soi pour les conter, que l’on peut recouvrer certains moments vitaux de cette expérience. Ils recèlent cette vitalité première de l’existence sans laquelle il n’est aucun art possible, aucune approche spirituelle, aucun rapport authentique au monde. (12)

Massif de l'Aigoual

Massif de l’Aigoual – Mare à têtards

Massif de l'Aigoual - Têtards

Massif de l’Aigoual – Têtards

Massif de l'Aigoual - sources de la Dourbie

Massif de l’Aigoual – Sources de la Dourbie

La Dourbie - Truite

La Dourbie – Truite

 

 

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