Linda Lê, À l’enfant que je n’aurai pas

 

Linda Lê, À l’enfant que je n’aurai pasDemandez à Linda Lê d’écrire une lettre d’une quarantaine de pages et vous obtiendrez ce que l’huile essentielle est au romarin : une densité et un parfum sublimés.

J’aime décidément son écriture, elle déclenche en moi des affinités électives qui me donnent des fourmillement dans le stylo. Comme Jean-Marie Le Clezio ou Jane Austen avant elle, son écriture me semble si bien accordée à ce que j’aurai à dire que j’aimerai la lui emprunter le temps d’un roman.

Je m’éclate à noter toutes ces phrases qui contiennent des mots inconnus ou dont l’usage ne m’est pas familier. Antienne, délabyrinther, hypocoristique ou grognonner sont autant de petits délices consignés à exploiter – peut-être – un jour de désœuvrement.

D’une sincérité brute et sans concession, habitée d’une humilité que seul suscite le travail en profondeur, Linda Lê expose sa violence intime, nue sur la page. Avec sa dégaine d’une iroquoise qui a avalé son parapluie (19), elle n’en oublie pas moins de déposer des touches réjouissantes d’humour et d’autodérision et de manier la virgule avec dextérité.

Poignant.

 

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