Jérôme Ferrari, Un dieu un animal, lu par Mathurin Voltz

Jérôme Ferrari, Un dieu un animal, lu par Mathurin Voltz

Ils ne parviennent qu’à bâtir un temple vide dédié au culte d’un fantôme. (piste 6, 3:11)

Jérôme Ferrari décrit très bien ce que m’inspire son livre : un exercice qui n’est finalement qu’inconsistance.

Car ce n’est pas parce qu’on écrit des phrases telles que :

et qu’elle l’a suivi partout où tu as été, sous le règne du Dieu unique dont l’étreinte est infiniment plus terrifiante que celle des dieux défunts, car il est le dieu des armées, le dieu des blattes et des rats etc. (piste 7 17:41)

qu’on fait un livre solide, ancré et inspiré.

Apocalypse, évangile, archange, dieux oubliés, déesse antique, Jérôme Ferrari ne lésine pas sur le vocabulaire. Tout cet attirail philisophico-religieux est associé à un autre champs lexical beaucoup plus morbide : vérités infâmes, écœuré, nausée. Les descriptions de scènes choquantes, d’une femme qui vomit en faisant l’amour à des amas de corps sanglants sont foison.

Cette intellectualisation cultivée, prétentieuse, égocentrée, détachée de l’expérience réelle du monde et du cœur de l’humanité me rappelle « Dans les forêts de Sibérie » de Philippe Tesson. En beaucoup plus violent et infiniment plus glauque.

Mathurin Voltz a beau employer un ton lénifiant, évangélisateur, calme et convaincant, appuyant avec force sur de pseudos vérités, l’écoute n’en reste pas moins éprouvante. Je n’apprécie pas du tout que l’on me malmène ainsi pour du vent.

Je remercie chaleureusement Babelio et les éditions Thélème de m’avoir envoyé ce livre pour ma première Masse Critique. La critique littéraire ne serait pas un plaisir complet s’il n’y avait de temps en temps une chronique féroce à écrire !

[Écouté dans le cadre de ces fabuleuses masses critiques]

 

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