John Muir, Un été dans la Sierra

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Dès mon lever, me voilà parti pour le lac Tenaya – encore une grandiose journée, qui me durera toute ma vie. (142)

Le bonhomme vaut la peine d’être connu. Michel le Bris nous en fait une présentation stimulante, marquant son importance dans l’histoire américaine en matière d’écologie et de conscience de l’environnement. Naturaliste à l’ancienne, s’émerveillant de tout à la manière d’un Jean-Henri Fabre, John Muir dans ses écrits est cependant assez fatigant à suivre. J’ai beaucoup survolé. Poussant le lyrisme jusque dans ses retranchements, accumulant les métaphores, il parsème abondamment ses observations d’adjectifs tous plus fougueux les uns que les autres. On trouve du grandiose, du merveilleux, de l’enchanteur, du céleste, ou du paradisiaque à toutes les pages. Et ne parlons pas du divin. Le Seigneur est loué avec extase dans une union sacrée avec la Nature qui abolit toutes les limites.

On peut à peine dire qu’un mouton est un animal; il en faut tout un troupeau pour faire un seul individu imbécile. (108)

Il m’a beaucoup fait rire avec les moutons, qu’il ne considère même pas au niveau d’une sauterelle, pathétiques créations artificielles n’apportant que du désordre dans le bel ordonnancement des prairies montagnardes. Le troupeau est affublé de divers appellation dont l’ironie égale la drôlerie : pauvres ballots de laine, gros nigauds de moutons, sauterelles en sabots… John Muir a facilement le sens de la formule, qu’il se moque des bergers ou qu’il se penche avec amour sur les fourmis sanguinaires. Il y a de très belles citations à en tirer. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les Indiens Diggers ne sont pas mieux lotis que les moutons. Il les trouve sales et les considère comme vivant très peu en harmonie avec la nature.

Encore une de ces magnifiques journées de la Sierra, au cours desquelles on a l’impression de se dissoudre et d’être absorbé, puis envoyé tout palpitant on ne sait trop où. (45)

Au-delà d’un léger ennui botanique et littéraire, je ne peux m’empêcher d’envier cette spontanéité émerveillée, ce sens de la liberté et de la plénitude qui fait fi de toute considération autre que d’aller respirer l’horizon et de contempler à jamais, comme les étoiles. John Muir semble avoir vécu une relation spirituelle forte et profonde avec le monde naturel qui l’entourait.

Que j’aimerais, comme ces genévriers, pouvoir vivre de soleil et de neige, et me tenir à leurs côtés au bord du lac Tenaya pendant un millier d’années. (150)

 

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