Maurice Carême, Nonante-neuf poèmes

Maurice Carême, Nonante-neuf poèmes

Le monde appartient
A ceux qui n’ont rien. (80)

Où va se cacher la mémoire… Je savais que Maurice Carême avait fait partie du programme littéraire de mon enfance sans arriver à faire remonter quoi que ce soit de précis jusqu’à ma conscience. Et voilà que le brouillard a tout pris autour de ma maison…. un brouillard auquel je n’avais pas pensé depuis au moins trente ans et qui sur la page reprend vie très familièrement. Plus de fleurs au jardin, plus d’arbres dans l’allée. A l’époque de ma récitation scolaire, il n’avait pas trouvé grand écho dans mon expérience de petite toulousaine. Mais aujourd’hui que je vis dans cette vallée du Dourdou aux hivers désespérants, plongés la moitié du temps dans une brume persistante où rôdent – j’en suis sûre – des atlantes, aujourd’hui très régulièrement, oui, la serre du voisin semble s’être envolée. C’est donc avec une tendresse particulière que je me réapproprie ce poème, comme une musique intemporelle de ce que je fus et de ce que je serai, petite flamme aux reflets changeants à l’intérieur de laquelle pulse un tempo de mots et d’évocations. Par ses chemins de rêves, Maurice Carême me rejoint et me parle.

L’objet est un compagnon de poche à la fois doux – par sa couverture – et rageur en sa postface. Entre les deux, tout un monde de tristesses, de caresses, de jeux de mots, de clous, d’oiseaux et de facéties. Boîte à trésor que l’on croit pleine de jouets et qui parfois pique les doigts dans le noir.

[Lu dans le cadre de ces fabuleuses masses critiques]

Vabres l'Abbaye - Héron

Vabres l’Abbaye – Héron

Vabres l'Abbaye - Héron et grande aigrette

Vabres l'Abbaye - Héron et grande aigrette

 

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