Anne Perry, Un traître à Kensington Palace, lu par Frédérique Dufour

The Art Institute of Chicago 1962.753 - Anne Perry, Un traître à Kensington Palace, lu par Frédérique Dufour

The Art Institute of Chicago 1962.753

J’avoue que j’ai beaucoup décroché au cours de cette écoute. Écarts d’inattention parfois fatals pour la bonne compréhension de l’histoire car Frédérique Dufour lit vite (seuls les dialogues sont à bon rythme). On aurait parfois envie de lui dire : « Tout va bien, n’oublie pas de respirer… » ou de lui prendre la main pour l’accompagner à un cours de yoga. L’auditrice que je suis peine à s’imprégner des personnages et de l’atmosphère quand ses neurones se bousculent dans la panique et qu’on ne lui offre pas le temps de laisser fleurir son imagination. Frédérique Dufour a une voix claire et plaisante, qui se fond bien dans l’époque victorienne. Consciencieuse et appliquée, c’est une lectrice habile, qui manque cependant de la liberté qui fait les interprètes imprégnés tout entiers par leur ouvrage. Du coup, quand le texte est mauvais, il est mauvais. Ni transcendance ni amélioration ne fermentent par l’alchimie du livre audio.

J’ai aimé retrouver Charlotte et Pitt mais je les ai connus en meilleure forme. Ils ressassent beaucoup, ils vieillissent mal. Examens de conscience et scrupules permanents, doutes et regrets, hésitations, que de répétitions dans les dialogues intérieurs et les hypothèses criminelles ! Anne Perry n’a pas lésiné sur le remplissage pour étoffer son intrigue. Qui a cependant quelques bons côtés, la base était plutôt alléchante. Mais le manque de rythme et un méchant totalement méchant, sournois dès son entrée en scène, ne font pas naître de frisson. Joyaux sur la couronne, la fin, célébrant avec fanions et trompettes l’honneur préservé du Prince de Galles, la tranquillité d’esprit retrouvée de la reine et le sauvetage flamboyant du royaume d’Angleterre a achevé de m’agacer par son nationalisme brut et basique.

N.B La prononciation du mot « boers » en un malsonnant « boheurs » tout au long du livre – et le mot revient souvent – n’a pas aidé à sa crédibilité.

[Écouté dans le cadre de ces fantastiques masses critiques]

 

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