Tony Hillerman et Barney Hillerman, Hillerman Country

Gorges de la Jonte, roc de Baumo Rousso

For as long as I can remember, a casual debate has been underway concerning whether the road to the Chaco Culture National Historical Park should be improved. As it stands, visitors have a choice of two access routes. If they approach from the south via Navajo Route 9, the last twenty miles is dirt, bumpy but passable except when winter snowmelt makes it sticky or summer thundershowers make it slick. If you come down from the north, turning off New Mexico Route 44 at the Blanco Trading Post, you face twenty-six miles of dirt road.I am among those who believe some rough road discourages the idly curious and leaves these remarkable ruins less crowded for those who want to see them badly enough to endure a bit of hardship. (67)

Les étendues d’herbe sèches, parsemées de genévrier et de sauges, les amas rocheux aux formes serties d’esprits décrites par Tony Hillerman dans ses romans, m’ont curieusement toujours parus familiers. J’ai pourtant commencé à y cheminer en compagnie de Joe Leaphorn et de Jim Chee alors que j’habitais encore la grande ville, sans échappées véritables dans la nature. Des liens d’enfance avec les Pyrénées et les Corbières, peut-être… Depuis j’ai trouvé un homme des bois qui m’a intégrée dans son giron sauvage et immergée dans ses lieux les plus secrets. Le mont Aigoual, le causse noir, les gorges de la Jonte, ont intimement matérialisé ces contrées littéraires.

The cliffs remind me of how little space I occupy; the pictographs, of how little time. (132)

Nouveau Mexique, Arizona, Colorado, Utah abritent le périmètre de coeur de Tony Hillerman. Un pays de nuages et d’espace, land of room enough and time, où le ciel changeant décide des contrastes du paysage et de la luminosité qui s’en dégagent, non conçu pour le confort de l’homme, mais où il peut jouir de l’impression qu’il peut mener ses pas où il veut.

You can climb the hard side of a dune to its crest and see no sign that the planet is inhabited. (108)

En amoureux du silence et de la solitude, Tony Hillerman cherche les coins perdus, jongle avec les droits privés et les panneaux d’interdiction, s’attriste de voir des lieux secrets envahis et dénaturés par l’exploitation touristique. Ses murmures intérieurs entre plus volontiers en échos avec les ancêtres Anasazis et les trembles dans le vent.

Les photographies peuvent paraître banales au premier abord mais révèlent vite au regard attentif une soigneuse recherche de proportions entre le ciel et les différentes strates du paysage. Ce sont des vues à hauteur de tendresse d’homme. Elles jouent sur les contrastes entre pierres et plantes, érosion et développement, pérennité et précarité. Everyone should collect the treasures of such a place in memory, intérioriser les endroits qu’on aime, soutenir l’intégrité de notre existence par un ciel intérieur et la rivière vive et changeante de l’esprit, c’est ce que nous incite à faire Tony Hillerman. Avoir conscience de notre juste dimension ne peut passer que par un lien organique avec la nature. Lui en a fait des romans.

Why not simply invent the ruins, just as the pot hunters and the plot are invented ? For some reason my imagination doesn’t want to stretch that far. It’s willing to produce imaginary people doing imaginary deedes only as long as their feet are planted in real landscapes. Or perhaps this is just a rationalization – an excuse I’ve developed to get away from the word processor and into the places I enjoy. Whatever the real motive, it is my habit to visit the places where I want my fictional events to happen, to stand in the dust, breathe the air, consider the sounds and the smells, watch the light change when the sun goes down, notice the trap-door spider emerge from her hole for her twilight hunt and the bats collecting insects before the moon rises, and listen to the pair of coyotes in coyote conversation on the mesa behind me. Most of it never reaches the page, some of it is modified to fit, but I seem to need such memories when I write a scene. (143)

Gorges de la Jonte – Lézard des murailles

Gorges de la Jonte – Vautours fauves

Gorges de la Jonte – Vautour fauve

 

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