Serge Brussolo, Le chat aux yeux jaunes

Saint-Affrique

Quand je suis en quête de détente mentale, de noyade littéraire, d’une évasion franche et brutale de mon entourage quotidien, Serge Brussolo prend des allures de prince charmant. Son abondante production me garantit en outre de toute pénurie et de toute frustration liée au manque, ce qui n’est pas négligeable. Comme souvent, il a réussi à me prendre par la main tout en fredonnant un thème d’apparence assez banale, berçant ma vigilance jusqu’au moment où je me suis rendue compte qu’en fait, cela faisait déjà un bon moment que j’étais engagée sur une pente irrémédiablement boueuse et glissante et que je ne pouvais plus remonter sur la terre ferme. Le crescendo est parfait. Il malaxe, mixe et enfonce les doigts dans les différentes pâtes à modeler des éléments mis en place, invente plusieurs histoires et s’offre le luxe de toutes les raconter, jusqu’à ne donner qu’une seule vérité – il faut bien savoir s’arrêter, au bout d’un moment ! – en maintenant néanmoins une once d’inexpliqué. Le fantastique est au porte de nos peurs et continue de nous grignoter le livre refermé…

Avec internet tout est possible et il ne faut jamais sous-estimer l’opiniâtreté des cinéphiles (256)

Le gros coup de baguette magique d’internet qui révèle sans difficulté la véritable identité de Lawrence Brickstone, et par-là même fait faire un bon conséquent à l’aventure, est un chouïa gonflé au sein d’une telle densité imaginative… Volontairement ? J’aime à imaginer le sourire faussement innocent de Serge Brussolo qui peut se le permettre et n’avait pas envie de s’embêter avec cette partie de l’histoire… ou avait envie de se moquer d’une ficelle trop facilement utilisée dans les romans… ou…

 

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