Christian Bobin, Le Très-bas, lu par Michael Lonsdale

Christian Bobin, Le Très-bas, lu par Michael Lonsdale

J’apprécie beaucoup Michael Lonsdale en tant qu’acteur, mais curieusement je n’accroche pas avec ses lectures. Sa voix est belle, profonde, paisible, et cependant assez uniforme. L’écoute génère un état nuageux qui n’est pas désagréable, certes, mais quelques nuances, quelques débordements la rendraient plus intéressante sur le long fil d’un livre.

J’ai trouvé que ce roman était un objet ciselé, refermé sur lui-même. Les phrases ne tiennent la route que dans le cercle fermé qu’il forme. Des mots simples sont posés comme points de repères et peu à peu remplis du sens que l’auteur veut leur donner : amour, mère, enfant, père, saint, femme, nu, Dieu, guerre… Ils se figent dans leur définition désincarnée.

Les hommes tiennent le monde, les mères tiennent l’éternel qui tient le monde et les hommes. (piste II 5:05)

Les places sont marquées, irrémédiablement, dans une vision coincée, idéalisée et autistique de l’enfantement, de l’éducation et de l’amour.

La vision du fou, définit par son rapport à la mort, contrairement au visionnaire lié à la vie, me semble très artificielle.

Le fou est dans la compagnie des morts. Il a son visage tourné vers l’ombre. Plus rien ne lui arrive que du passé. Il ne peut se lier à rien, ni personne. Il ne peut nouer aucune histoire vivante avec les vivants. (piste VII 2:40)

Sur François d’Assise, Les onze Fioretti de François d’Assise de Roberto Rossellini sont beaucoup plus rigolos et sans doute plus proches de la réalité.

 

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