Bernard Giraudeau, Cher amour, lu par Jean-Pierre Marielle

Bernard Giraudeau, Cher amour, lu par Jean-Pierre Marielle

Jean-Pierre Marielle est un merveilleux conteur. Passé quelques minutes, on se retrouve dans le même abandon que le petit enfant auquel on lit une histoire. Le texte lui va comme un gant. La fluidité de son interprétation donne l’impression qu’il l’a écrit lui-même. Et les mots de Bernard Giraudeau l’accompagnent dans son appropriation :

Quand le public vient voir une pièce, il verra et entendra d’abord les acteurs. Ben oui, tout passe par l’acteur. Ah ! C’est une sacrée responsabilité ! Pardonne-moi, monsieur l’auteur, je vous vous rendrai vos mots tout à l’heure. Je vous redonnerai le manuscrit avec tout ce qu’il y a à l’intérieur. Oubliez ce que vous avez pondu. Le spectateur doit croire que c’est l’acteur qui invente. En revanche, votre récompense est que le manuscrit soit bien réinventé. (VIII 14:52)

L’épopée de grandes amoureuses, des réflexions sur l’art théâtral, la navigation à voile, le manuscrit est foisonnant et l’on s’égare parfois dans la forêt tropicale, avant de trouver un nouveau point d’eau.

Cette quête de la grâce par-delà le grand théâtre de la vie est portée par une danse de l’esprit dans les bras d’une femme. On ne sait pas s’il embrasse et serre ainsi la vie entraînante ou la mort apaisante. L’étreinte, en fin de compte, le trouvera nu et fragile dans un lit d’hôpital, animal écorché, mouillé par l’orage, frissonnant et tremblant, lové dans son terrier pour tenter de se réchauffer. Poignant.

 

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