Erckmann-Chatrian, Le requiem du corbeau

Erckmann-Chatrian, Le requiem du corbeau

Par la grâce d’un jeu sur la page Facebook de l’Arbre Vengeur, un ensemble de trois petits livres est venu bousculer ma bibliothèque de son agitation joyeuse.

Si l’on se fie au quatrième de couverture qui nous promet des mystères à la Edgar Allan Poe, on est déçu. Et ce fut mon cas pour les deux ou trois premières histoires. Je n’ai pas tout de suite accroché. Dès lors qu’on oublie Poe et toutes les références possibles, le texte diffuse sa vie propre et son esprit mutin. Le côté baroque est soutenu par une écriture amusante et inventive, où le mot est parfois employé de manière décalée. Une atmosphère de film muet, où les ombres dansent sur les rochers à la lumière de grands feux, sert des histoires atypiques aux chutes soignées. On est jamais déçus par le final, ce qui est notable. Les illustrations, toutes en suggestion, habillent à merveille l’imagination du lecteur.

Parfois irrespectueux, ironique, mais finalement plein d’humanité, le texte tacle bonnes gens et bourgeois, tous gens sérieux dévoués à la propriété communale et pères de famille. Il a plus de tendresse pour l’audace du gueux qui ne craignait pas d’apostropher l’autorité publique. Et dans ce joyeux brouhaha où volettent l’alouette des mousses et le fluide vital, l’Allemagne prend des allures de pays terriblement exotique.

 

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