Lorette Nobécourt, La clôture des merveilles

Lorette Nobécourt, La clôture des merveilles

Le début, enflammé et inspiré, m’a tout de suite saisie. Lorette Nobécourt exprime avec justesse le bouleversement intérieur d’une spiritualité vivante.

L’exaltation mystique, stimulante mais omniprésente tout au long du roman, finit par être épuisante sur la longueur. Que de grands mots ! Tourment, éros, quête, passion, quintessence, prodigieux, éternité, lumière. Comme si l’auteure répugnait à utiliser un vocabulaire profane, banal, quotidien. Les mots se télescopent et finissent pas se manger entre eux, dans leur grandiloquence et leur débauche émotionnelle.

Hildegarde de Bingen est réduite à un état de perception pure, ce qui fausse tout. L’exaltation n’est qu’une porte. On est à la fois frustrés des éléments de sa vie dans le monde et de ce qu’il y a derrière cette porte.

On découvre, en filigrane, une femme ayant de forts liens avec Bernard de Clairvaux – orthodoxe coincé qui était partie prenante de l’extermination des cathares – et farouchement opposée aux hérétiques.

Scorpions dans leurs mœurs et serpents dans leurs œuvres. (127)

Il aurait été bon d’être plus honnête et plus pointilleuse sur les contradictions de cette religieuse, qui malgré ses envolées lyriques, n’échappait pas aux rigidités mentales et aux errements d’un être humain comme les autres.

On sort de ce livre avec une frustration perplexe (quelle était au fond, la véritable intention de l’auteure ?) d’où naît l’envie de trouver une biographie solide et objective d’Hildegarde de Bingen.

 

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