Jean Echenoz, Des éclairs, lu par l’auteur

Jean Echenoz, Des éclairs, lu par l’auteur

Jean Echenoz… un nom très familier du paysage littéraire français qui ne faisait naître aucune image particulière dans mon esprit. Un écrivain qui plaît aux critiques, dont les couvertures de livre sont blanches, un sans catégorie. Un qui écrit sans doute avec de grandes phrases, une écriture soignée et cultivée, des histoires qui se tiennent.

Oh surprise ! L’écriture est rapide, évoque sans prolongations, trace de grands traits. Si j’avais écouté ce livre à l’aveugle, jamais je ne l’aurai associé à ce nom. Jean Echenoz crée un rapport particulier d’observation bienveillante avec son personnage. Il lui laisse un bout de corde libre mais peut à tout moment la raccourcir, tirer dessus, réorienter. On sent sa présence, on le visualise presque derrière notre épaule, attentif à son personnage comme à l’auditeur, commentant parfois, jamais ne s’effaçant complètement. Est-ce du lard ou du cochon ? On s’amuse… est-ce censé être drôle ? On s’étonne… ce personnage toujours dépassé, toujours dépossédé a-t-il réellement existé ? Je suis restée étrangère à ce récit autant qu’à l’écriture qui le porte. Un livre audio qui passe sans laisser de traces… à l’image de son héros.

 

Ce contenu a été publié dans Explorations littéraires. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Jean Echenoz, Des éclairs, lu par l’auteur

  1. L’ayant moi aussi écouté à mes heures perdues dans les arrières-salles de la vie quotidienne, je partage votre avis (mais vous en laisse la plus grosse part, puisque, après tout, c’est vous qui avez rédigé cette critique !). J’ai trouvé l’écriture fraiche avec quelques formules plaisantes (de mémoire : « les regards contenus mais néanmoins candidats » des prétendantes non-mises à nue), la lecture par l’auteur étonnante et joueuse, avec ce dernier mot dans la phrase qui arrive après une pause un rien anormale, et le détachement de la narration, légère mais jamais grossière, sympathique. Et des phrases courtes, pas comme la dernière, là, juste avant.

    C’est le flou de la ligne de démarcation entre fiction et biographie qui m’a gêné, par contre. Si Gregor n’est pas Nikola Tesla, au bout d’une demi-heure d’écoute, il peut bien se transformer en loup-garou ou tuer Mme Axelrod (orthographe imaginée, c’est ça quand on écoute au lieu de lire), je m’en fiche… Echenoz aurait pu clarifier ceci en préambule, quitte à prévenir que si on restait avec lui, sur la forme, on n’allait pas se prendre la tête – allez, chauffe Marcel !, c’était d’accord, mais au moins on aurait su où on allait car tout était scrupuleusement vérifiable sur Wikipedia (à moins qu’Echenoz n’y modifie la page, mais alors si même Wikipedia peut mentir, alors le monde est fichu !). J’ai donc largement préféré HHhH de Laurent Binet, qui intercale les péripéties de sa propre écriture au milieu de son récit, nous faisant rire de ses déboires (Ah ! le livre de Frau Heydrich acheté finalement 250 € sur Amazon, …qui fait des recherches a vécu ça !), et réussissant à nous émouvoir lorsqu’il nous replonge en 1942. (Oui, prenez ça pour un conseil de lecture, comme ça j’ai fait ma part, aussi !)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *