David George Haskell, Un an dans la vie d’une forêt

Plateau du Lévézou, puech Monseigne - David George Haskell, Un an dans la vie d’une forêt

Plateau du Lévézou, puech Monseigne

 Je suis rattaché à la forêt par mon architecture moléculaire. (230)

David Haskell est un conteur charmant. Avec lui, on se trouve projeté comme au cinéma dans un univers de cellules végétales et d’échanges chimiques, du voyage de l’eau dans le tronc des érables au parcours du calcium entre coquille d’escargot et oisillons. La 3D déroule ses volutes dans notre imagination, on y est.

Les chapitres sont courts, les sujets succincts, mais précisément développés, parfois sous des angles inattendus, des éclairages neufs. Le vocabulaire spécifique et scientifique est habilement mis en contexte et il est très rare de devoir ouvrir le dictionnaire. Même ce que l’on sait déjà reste plaisant à lire sous la plume de David Haskell. Il a l’art des images et des histoires.

Une boule de fourrure grise grosse comme ma paume est sortie du sol comme une flèche, puis a plongé dans un autre trou en une brusque accélération comme un mouton de poussière happé par un aspirateur. (85)

Le nématomorphe à explosion, la terrifiante blarine ou les six langues de la phalène, qui lui donnent une bouffée de sensation à chaque pas, ont été des moments de lecture plein de bonheur.

Je me suis énormément amusée lors de son face à face avec la tique, dont la vie touche au parcours mystique. Il faut dire que j’ai une grande familiarité avec ces bestioles, et l’auteur leur a concocté un des passages littéraires les plus drôles et les plus enlevé du livre.

J’ai lu avec une grande attention le chapitre consacré aux mésanges – chères petites amies de l’hiver – et appris avec joie que chacune des graines de tournesol que je leur donnais contenait cent précieux joules d’énergie.

Page 149, il écrit : Je vis entouré d’érables, de caryers et de chênes, pourtant je ne me suis jamais attablé devant une salade de feuilles d’arbres. Ma précieuse référence en matière de plantes sauvages, Le régal végétal. Plantes sauvages comestibles de François Couplan, me dit pourtant que nombre de jeunes feuilles ou de jeunes inflorescences sont comestibles en salade : mélèze, peuplier, hêtre, bouleau, érable… Je suggère à David Haskell d’essayer ! Ces expériences culinaires font d’ailleurs partie de mes projets de printemps.

Je suis ressortie enthousiaste et rassurée de faire partie du tissu multidimensionnel de la vie tout en ayant conscience de n’être en rien indispensable.

[Lu dans le cadre de ces fabuleuses masses critiques]

Puech Monseigne

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