Arnaldur Indridason, Étranges rivages, lu par Jean-Marc Delhausse

Arnaldur Indridason, Étranges rivages, lu par Jean-Marc Delhausse

Sortant il y a peu d’un polar interprété par Hélène Lausseur, j’ai d’emblée trouvé que cette lecture sonnait avec beaucoup moins de finesse et de nuances. Jean-Marc Delhausse est loin d’être mauvais mais cette tonalité mâle à la voix grave qui va vous emmener vers la noirceur n’est pas vraiment ma tasse de thé. D’autant plus que le texte ne s’y prête pas vraiment. La musique marque d’ailleurs cette hésitation. Quatre mélodies apparaissent à tour de rôle en fin de chapitres, chacune ayant sa personnalité propre. L’une est franchement orientée suspens polar, une autre est un piano mélancolique, les deux dernières sont des jeux de percussions intrigants, les plus adaptées à mon sens. Pourquoi l’une à la fin de tel chapitre, pourquoi l’autre ? On ne sait pas. Comme si l’éditeur n’avait pu se résoudre à donner une atmosphère définie à ce roman et avait préféré jouer sur tous les tableaux.

Le roman, du reste, m’a déçue. Arnaldur Indridason m’avait habituée à mieux. Je n’ai pas assez fréquenté Erlendur pour trouver un intérêt affectif à découvrir son enfance. Au niveau de l’intrigue, on tourne en rond. Erlendur  va voir des gens, apprend de minuscules détails qui font avancer sa curiosité, retourne voir d’autres gens, souvent les mêmes. Une suite sans fin de visites à domicile. On a tellement le temps de peser et de pressentir les choses que les révélations n’en sont plus du tout. Seule la lande tire son épingle du jeu.

 

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