François Mauriac, Galigaï

François Mauriac, Galigaï

J’ai aimé cette histoire nourrie de rapports compliqués entre les êtres. Sous l’emprise les uns des autres, ils se manipulent à travers des jeux de pouvoir qui ne sont qu’un vernis qui masque leur faiblesse. Ils tissent eux-mêmes les filets qui vont les faire trébucher. L’agonie de l’une  devient le sujet d’attentes diverses, de calculs d’intérêts. Quel requin parmi eux aura les dents les plus longues ? Qui tirera son intégrité du jeu ?

François Mauriac nous gratifie d’une longue postface dans laquelle il explique la démarche qui l’a amenée à écrire le roman. La lectrice d’aujourd’hui que je suis n’avait pas décelé une référence directe à Dieu dans le parcours de Nicolas, mais en somme, cela n’a pas grande importance. L’évolution intérieure du personnage tel que je l’ai comprise ne perd rien au change.

Confessons que l’œuvre d’art déforme bien plus qu’elle ne renseigne. C’est une échappatoire hypocrite que de prétendre aider à la connaissance de l’homme par des peintures si noires et si outrées. Les vivants ne ressemblent jamais à nos personnages inventés. (179)

Voilà un point sur lequel je ne le suis pas. Et qui m’a surprise sous la plume de cet écrivain que je trouve au contraire au plus près des réalités humaines. Romancées, évidemment, mais tellement justes, décrites de façon tellement lucides. Leur mise en scène mettent en exergue des comportements rencontrés, côtoyés, subits. Et c’est bien pour cela que j’aime les romans de François Mauriac : ils permettent de prendre conscience avec recul des lâchetés de l’humanité. Paradoxe de l’intention de l’un face aux ressentis des autres…

 

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