Brigitte Giraud, Avoir un corps

Brigitte Giraud, Avoir un corps

Avoir un corps, Journal d’un corps… il n’y a qu’un pas. L’élégance aurait peut-être voulu que le livre soit dédié à Daniel Pennac…

La différence entre ma tête et mon corps me sidère. (222)

Et c’est là que le bât blesse. Plutôt que de suivre à tout prix son plan établi, Brigitte Giraud aurait gagné à se laisser porter par ses fulgurances, à permettre au texte de lui faire perdre le contrôle. À trop le plier en quatre pour le faire rentrer dans les cases, catégoriser les évolutions – C’est le jour où mon corps existe, il m’appartient. (52) – elle a perdu fluidité, intimité, humanité. Elle évoque plus un corps animal, un corps social, qu’un corps intime, connu et personnel. Le corps est malmené, douloureux, imprévisible, la lectrice déprime.

J’ai trouvé ce livre d’une profonde tristesse dans l’ensemble. Si certaines parties sont fines et brillantes – le corps de la petite fille qui se construit sous le regard de sa mère, le corps soumis au travail – l’écriture est froide, clinique. Il y manque une grâce, un laisser-aller. À trop vouloir disséquer, classer, on se retrouve plus dans le mental que dans le corporel. Un comble pour un roman né d’un spectacle de danse contemporaine.

J’en suis ressortie mal à l’aise.

 

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