Yôko Ogawa, Petits oiseaux

The Metropolitan Museum of Art, New York 36.100.115 - Yôko Ogawa, Petits oiseaux

The Metropolitan Museum of Art, New York 36.100.115

Mon flair de fouineuse a fini par me faire découvrir la généreuse opération annuelle de Priceminister, Les matchs de la rentrée littéraire… pour lesquels je ne défendrai pas le livre que j’ai choisi…. sans aucun flair pour le coup !

La cage n’enferme pas l’oiseau. Elle lui offre la part de liberté qui lui convient. (131)

Des oiseaux dans des cages, des grillons dans des boîtes, des personnages dans leur bulle, Yôko Ogawa nous propose un univers claustrophobique, autistique et potentiellement malsain sans qu’on puisse vraiment dire pourquoi. Peut-être simplement parce qu’il est tellement coupé du monde qu’il peut s’y passer n’importe quoi.

L’écriture, enfantine et bêtifiante, rappelle cette d’Haruki Murakami. Des mots simples, des fixations obsessionnelles sur des éléments banals, un aspect impersonnel et désincarné qui voudrait faire croire qu’un sens caché est profondément enfoui sous le texte. Ce qui fonctionne (parfois !) chez Murakami s’enfonce ici dans un excès de symbolisme sans assise, un poétisme bas de gamme.

Que dire de ces petits oiseaux manipulés comme des objets au service du roman ?

Ce langage oublié de tous que représentait le gazouillis des oiseaux. (33)

Encore faudrait-il l’entendre ! Les chants des oiseaux n’étant pas destinés à l’oreille humaine, nous ne sommes pas équipés pour… (voir à ce sujet l’excellent ouvrage Les chants d’oiseaux d’Europe occidentale d’André Bossus).

Mais en écoutant le bengali, il réalisa qu’il s’agissait bien d’un chant d’amour. Aucun être vivant au monde ne pouvait chanter avec autant de sincérité motivé par autre chose que l’amour. (65)

Ici encore, que ne faut-il pas lire comme bêtises ! Marquage du territoire, conflits, fonction de reproduction, mais ne collons pas hypocritement sur les oiseaux ce que nous sommes incapables de cultiver dans nos vies, ils n’en demandant pas tant !

Roman planant, autocentré, rôdant derrière une pseudo innocence douteuse et n’hésitant pas à plier les petits bêtes au bon vouloir humain… très peu pour moi !

[Lu dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire Priceminister 2014]

 

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