Italo Calvino, Marcovaldo

Italo Calvino, Marcovaldo

Le charme a mis du temps à opérer. Ce nigaud rêveur aux prises avec une construction comique vieillotte m’a d’abord agacée. Faut-il donc être benêt pour apprécier un rayon de soleil, un papillon ? me disais-je, faut-il que le rêveur aille forcément vers les lapins toxiques et les champignons vénéneux comme un ignare ? Je n’ai continué que parce que je n’avais rien d’autre à  lire et qu’une soirée sans lecture ne peut être vécue.

Les vaches qui emportent un enfant et ramènent un jeune-homme ont initié un mouvement de fond. Un Marcovaldo moins bête, un ficelage plus inventif, ont fait sortir des mots quelques histoires étonnantes. Sur une même base (un élément naturel, une chute), Italo Calvino se renouvelle, passant de l’absurde au fantastique, du pathétique à l’espoir.

C’est un livre poignant, attachant et déconcertant. La très grande misère de cette famille malmenée, égarée, sans aucune perspective d’avenir, fend totalement le cœur. L’auteur décrit par détours la situation des gens sans importance, avalés par les supermarchés, régurgités le ventre vide. S’ils continuent à flânocher dans les interstices du royaume de l’ancien peuple des chats, les pescalunes n’en ont pas moins conscience que le fumée des usines toujours l’emporte sur les bulles de savon…

 

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