Stephen King, Docteur Sleep

Causse Noir, Roquesaltes - Stephen King, Docteur Sleep

Causse Noir, Roquesaltes

J’ai eu envie, ces derniers temps, de me réconcilier avec Stephen King, grand ami noir de ma jeunesse tourmentée, que j’avais laissée croupir aux oubliettes depuis vingt ans. Deux tentatives de livres audio m’ont laissée dépitée et déçue. Duma Key et Juste avant le crépuscule ne portaient pas la puissance mystérieuse qui avait laissé une trace marquante dans ma mémoire littéraire. C’était-il lui, c’était-il moi ? L’alchimie n’était pas au rendez-vous.

Puis la grâce d’une Masse Critique a mis Docteur Sleep entre mes mains. Et la magie s’est réactivée, intacte, plus mature, plus profonde. Notre danse ne s’était pas fanée comme une vieille chose artificielle. Retrouver cet univers intérieur m’a réconciliée avec cette part sombre et souffrante de mon parcours… dans laquelle subsistait finalement une vivante lucidité littéraire. Même si le passé s’échappe, que les amitiés se délitent, notre continuité littéraire intérieure est un fleuve puissant et intemporel.

C’est notre Don, tu comprends ? Ce que nous pouvons donner. (346)

Stephen King parle des phénomènes psychiques avec un naturel désarmant. Presque d’expérience. Ce qui donne un récit dénué de toute artificialité. Sa connaissance des filons de l’horreur l’a rendu excellent en profondeur humaine. Car c’est avant tout une histoire de transmissions. La jeunesse fragile et sensible. La vieillesse et la mort. Il y a une facette infiniment touchante et juste dans ce roman.

Le dénouement est assez longuet et nourri de subtils incohérences. La révélation de la page 613 et les grandes embrassades qui s’ensuivent sont quelque peu mièvres. Mais Stephen King s’amuse comme un fou et on peut prendre le parti de s’éclater avec lui pour l’ultime combat baroque.

Je ne pensais pas passer si longtemps avec ce livre, mais il m’a finalement mangé presque tout un mois. J’en ressort avec l’envie irrésistible d’en lire d’autres, et le désir furieux de les collectionner, d’autant plus que les couvertures sont chouettement réussies et qu’on fantasme de les aligner tous côte à côté dans sa bibliothèque.

C’est un livre plein d’amour.

[Lu dans le cadre de ces fabuleuses masses critiques]

Causse Noir

Causse Noir

Causse Noir - Orchis brûlées

Causse Noir – Orchis brûlées

Causse Noir - Storyteller

Causse Noir – Storyteller

 

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