Nicole Lombard, Le cheval au bord du lac

Monts de Lacaune, lac du Laouzas - Nicole Lombard, Le cheval au bord du lac

Monts de Lacaune, lac du Laouzas

Merveilleuse bibliothèque de Saint-Affrique, qui, en plus de proposer Étrangers sur l’Aubrac, recèle la suite en ses étagères. Je crois même en avoir entraperçu un troisième…

Je ne suis plus que bribes… (75)

Merveilleuse Nicole Lombard, qui d’une plume pudique, quoique généreuse, continue son épopée autobiographique en contrée sauvage. Je comprends qu’un élan postal ait saisi ses lecteurs à la nouvelle de sa perte douloureuse : livres, chats, écrits, photos, partis en cendre dans un incendie. À la lecture du livre, 15 ans plus tard, me prend moi-même une envie irrésistible de lui faire signe. Des bonbons peut-être ? Les bonbons c’est tellement bon… et je connais des bêtises de Cambrais à la pomme dont la saveur me comble presque autant que ses écrits…

Elle dit sa misère en face. Sans se cacher. Elle embrasse la vie dans tous ses aspects, en relation d’amitié avec tout ce qui l’entoure, même quand elle est blessée au cœur, habitée par une forme de gratitude propre à ceux qui savent ce que c’est que la perte. Son regard est de ceux que seule littérature, peut-être, est en mesure de faire naître. Les livres, cette présence qui jamais ne se lasse de vous accompagner, à qui vous pouvez toujours, quand un doute survient, demander votre chemin. (38) Et son chemin l’amène, cette fois, à surmonter cette surdose de destruction. Ce qu’elle a vu s’évanouir, elle semble le réintroduire en écrit par un travail de digestion. Si le récit paraît moins spontané – on entend l’écrivain qui se cherche, qui gratte le papier derrière la typographie – elle a aussi l’âme de plus en plus aiguisée. Elle devient maître en peinture de paysages. Ses perceptions s’affinent. Un humour discret, mais délicieux, pointe son nez de plus en plus souvent. Elle a aguerri son sens de la répartie.

Me rapprocher des gens, je veux bien. Devenir comme eux, pour quoi faire ? (66)

Comment peut-on, me suis-je souvent demandé, être aussi bigots, et avoir aussi peu le sens du sacré. (121)

Il est rare de trouver en littérature une telle qualité de temps. Contemplatif, oui, mais aussi en réelle adéquation avec la dynamique de la vie.

Je lui dirai, Agnès, c’est peut-être parce que je suis incapable de donner une définition du bonheur que je puis me considérer, malgré tout ce qui m’est tombé dessus ces dernières années et encore il n’y a pas quinze jours, comme quelqu’un d’heureux. Cette non-définition me permet d’adapter mon besoin de bonheur – je suis comme tout le monde – aux circonstances, aux gens, aux métamorphoses du temps. Cela m’oblige à inventer… (41)

Lac du Laouzas - Marguerites

Lac du Laouzas – Marguerites

Lac du Laouzas - Graminées

Lac du Laouzas – Graminées

 

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2 réponses à Nicole Lombard, Le cheval au bord du lac

  1. Sandrine Bluetit dit :

    Hello,

    Vous me suivez à la trace dès que je parle de Nicole Lombard 🙂 J’ai lu « Le cheval au pied nu », mais il faudrait que j’ouvre d’abord Stendhal et Giono pour bien apprécier !

    En ce moment je suis avec le faucon de Kathleen Jamie (ohlala plus que 8 jours avant l’échéance !!), nous verrons si je suis séduite autant que vous…

  2. Dominique dit :

    C’est tout Nicole Lombard qui vaut la peine, j’ai beaucoup aimé aussi Affrontailles
    Ces autres livres sont plutôt des essais littéraires sur Stendhal qu’elle aime particulièrement et aussi Giono

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