Emmanuel Grand, Terminus Belz

Massif de l'Aigoual, la Dourbie - Emmanuel Grand, Terminus Belz

Massif de l’Aigoual, la Dourbie

Temps pourri, hein ? Les Bretons adorent. Ça fait fuir les touristes. (251)

Polar peut-être, mais aussi véritable roman. On l’ouvre, on tombe sur une écriture souple, travaillée, montant des décors et composant des paysages et des ambiances. Les personnages sont riches et ambigus, on ne sait qu’en attendre. Emmanuel Grand peut se permettre de prendre son temps. Entre deux scènes marquantes, Marko, Le Chanu, L’abbé Lefort, existent par eux-mêmes et vivent leur vie. Si on s’ennuie, on peut toujours basculer d’une tonalité de lecture à une autre, polar, fantastique, psychologie,… Au sein de ce temps qui passe, l’air de rien, discrètement, sans s’agiter prématurément, l’auteur amène les coups de pouce soudain qui redonnent un élan à la roue qui dévale la pente.

La grande star de l’ensemble, c’est Dragos. Homme de main doté de la niaque d’un T-Rex. Sans que rien ne le laisse présager au début, il se pare peu à peu d’une aura comique irrésistible. Distillés dans un roman plus intime, ses passages musclés et violents sont jubilatoires (qui eût cru que je puisse jubiler en plein bain de sang !)

Bien qu’il y ait un peu de flottement et de maladresse dans l’évocation des légendes bretonnes, une prise d’appui sur des images conformistes, telle celle du bon vieux libraire fouineur, l’épilogue est une réussite et on referme le livre le cœur en fête.

[Lu dans le cadre du Prix du Meilleur Polar des Lecteurs de Points 2015]

La Dourbie - Demoiselles

La Dourbie – Demoiselles

La Dourbie - Demoiselles

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La Dourbie - Demoiselle

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La Dourbie - Vipérine

La Dourbie – Vipérine

 

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