Linda Lê, Lame de fond

Linda Lê, Lame de fond

Je n’ avais jamais osé ouvrir un livre de Linda Lê jusqu’à aujourd’hui, sans doute intimidée par ces couvertures aux motifs abstraits qui semblaient présager un effort d’attention nécessaire.

Une fois franchie la couverture, le récit ne nous précipite finalement pas dans l’abstraction. Le milieu est cultivé, certes. Il y a beaucoup de références obscures à mes yeux. Le vocabulaire est original mais intégré, il ne tombe pas comme une paillette sur une motte de beurre.

Nous entrons plutôt dans un mille-feuille. Chacun des quatre protagonistes y donne de la voix tour à tour. Récits de l’incompréhension, des abîmes qui sous-tendent les apparences, de la transmission entre générations qui se fait malgré tout, mais pas forcément de la façon qu’on pense. Chacun défend sa petite part d’individualité, son confort précaire, se débat avec l’identité que ses proches dessinent pour lui et renforcent pour se rassurer.

Un débroussaillage psychologique organisé avec maestria et sans piapiater. Une lecture enrichissante.

 

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