François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, lu par Marie-France Pisier

The Rijksmuseum RP-F-F10731 - François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, lu par Marie-France Pisier

The Rijksmuseum, Amsterdam RP-F-F10731

Les femmes de la famille aspirent à perdre toute existence individuelle.(3:08:10)

Curieusement, qu’une femme interprète ce texte m’a perturbée. J’aime lire François Mauriac avec une tonalité masculine dans la tête. Tranchante, ironique. L’inquiétude et la vivacité transmises par Marie-France Pisier, par leur proximité humaine, l’ont rendu à la fois plus habité, plus aigu en émotion et plus dur. Je suis du coup un peu passée côté de cet emprisonnement social, de l’épouvante de ces bonnes gens prêts à étouffer leurs prochain sous un épais vernis clanique. Le fils de François Mauriac, dans l’interview qui précède la lecture, dit que c’était le livre préféré de son père (Pour sa part, il reste plus mitigé. D’ailleurs, il est d’une manière générale très prudent quant à sa capacité d’interpréter ce qui animait véritablement son père.) Il me semble en tout cas que c’est l’un de ses romans les plus féroces. La peinture est terrible. Si le contexte bourgeois a perdu de sa fraîcheur, il reste à piocher au niveau des processus d’intégration et d’étouffement de l’individu au sein d’une tribu, d’un clan, d’un groupe. Et à ce sujet, on est pas sortis de l’auberge…

 

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