Nigel Barley, Un anthropologue en déroute

Causse du Larzac, Canalettes

Partout dans le monde, les bars sont des endroits où prendre la température d’une ville et évaluer l’état général du pays. (53)

Ce n’est pas Bill Bryson qui dirait le contraire… ses tribulations australiennes démarrent et se terminent souvent dans ces lieux de socialisation désordonnée. Mais Bill Bryson a ce qu’il faut de grâce maladroite pour se faire aimer. Nigel Barley tient plutôt de l’oncle aventurier qu’on redoute d’avoir à côté de soi dans un banquet de mariage. Il enchaîne les anecdotes baroques ou les curiosités culturelles sans nous laisser une minute pour respirer. Se met en scène à travers un personnage balourd aux prises avec des courants contraires, force le trait de l’anthropologue ridicule. On ne sais jamais si on doit rire ou pleurer, le cocasse se mêle au tragique sans finesse ni humanisme. Je me suis sentie à côté de la réalité tout le temps. L’artificialité du procédé fausse l’intérêt du livre qui par ailleurs offre quelques pertinences. L’écriture reflète un esprit vieillot mâtiné d’un brin de condescendance universitaire, qui ne se laisse jamais aller à une fraternité sincère avec son lecteur. Le spectacle m’a paru roboratif et fatigant.

Causse du Larzac

Causse du Larzac

 

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