Sylvie Granotier, La rigole du diable, lu par l’auteur

Sylvie Granotier, La rigole du diable, lu par l’auteur

Rien de tel qu’un bon livre audio pour accompagner mes activités de broderie !

Celui-ci a rempli toutes ses promesses : une belle écriture; une intrigue qui, même si on en devine le dénouement bien avant la fin, ne déçoit pas, car les personnages sont intéressants à suivre; et enfin une lecture patiente, partageuse, au bon rythme, expressive.

Un petit régal !

 

 

 

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Thomas Berger, Le retour de Little Big Man

The Rijksmuseum, Amsterdam RP-T-1914-17-193 - Thomas Berger, Le retour de Little Big Man

The Rijksmuseum, Amsterdam RP-T-1914-17-193

Thomas Berger a écrit cette suite de Little Big Man 35 ans après la parution du premier tome et 29 ans après la sortie du film du même nom.

Nous retrouvons Jack Crabb exactement à l’endroit où nous l’avions laissé, au moment de la bataille de Little Big Horn. La bataille finie, désemparé et démuni de tout (état assez récurent dans sa vie !), Jack décide de retourner vivre parmi les blancs. Il entame une période mouvementée bien que professionnellement stable dans le Far West des chercheurs d’or (Deadwood) et des cow-boys (Tombstone). Reconverti comme serveur de bar, il retrouve ses vieilles connaissances à la gâchette habile : Wild Bill Hickok et Wyatt Earp.

Poussé par l’amour d’une jolie femme, il s’improvisera un moment professeur dans une école pour amérindiens. Interrompue par une malheureuse péripétie, sa carrière prendra fin brutalement, et il se retrouvera démuni de tout une fois de plus.

La rencontre la plus déterminante de ce livre prendra alors forme dans la personne de Buffalo Bill. Ce dernier ayant pris Jack en sympathie, il l’engage dans son Wild West Show alors en pleine expansion. Suivent de nombreux voyages à travers le monde et notamment en Europe.

Roman dynamique, plein d’humour et de péripétie, ce qui suffirait à faire son intérêt, ce livre est sous-tendu sans en avoir l’air par une incroyable recherche documentaire. On sent la jubilation de l’auteur à mettre en scène à sa manière des faits historiques comme la fusillade d’OK Corral, l’exposition universelle de Chicago ou la mort de Sitting Bull, autant qu’à amener son héros, modeste, sans instruction et malmené par les vents contraires, à rencontrer des personnages aussi connus qu’Annie Oakley et le Prince de Galles.

Un vrai plaisir de lecture pour les amateurs de romans d’aventures, un véritable régal pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de cette époque et aux amérindiens.

 

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Jo Nesbo, L’homme chauve-souris

The Metropolitan Museum of Art, New York 2008.312 - Jo Nesbo, L’homme chauve-souris

The Metropolitan Museum of Art, New York 2008.312

En fouinant chez Gibert, je me suis laissée tentée par ce roman dont je ne connaissais rien. La couverture aux motifs aborigènes et la consonance nordique du nom de l’auteur ont suffisament flatté les affinités de mon coeur pour me pousser à l’acheter.

Si le début s’est laissé lire facilement, la lente descente éthylique du personnage principal m’a très vite lassée. Entre vomis et bas-fonds glauques, j’ai survolé les 2/3 du livre sans plaisir et juste dans l’idée de le finir.

Des personnages dont on a pas envie de connaître l’histoire, une intrigue peu stimulante et un assassin sans surprise… très peu emballée.

 

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Caleb Carr, L’ange des ténèbres

The New York Public Library 416567 - Caleb Carr, L’ange des ténèbres

The New York Public Library 416567 – Caleb Carr, L’ange des ténèbres

On retrouve dans L’ange des ténèbres la même équipe de détectives improvisés que dans L’Aliéniste : M. Moore, un journaliste bon-vivant féru de jeux et de bonne chère; les frères Issacson, policiers juifs de la ville de New York aux méthodes scientifiques très décriées en ce début de XXe siècle; Miss Howard, détective privée féministe à la gachette facile; Le docteur Kreizler, aliéniste humaniste; Cyrus, grand noir silencieux et paisible et enfin le jeune Stevie, ancien enfant des rues grand amateur de cigarettes recueilli par le docteur Kreizler.

Chacun à leur manière, ils vont participer à la recherche des indices qui leur sont nécessaire pour mettre en accusation Libby Hatch, femme difficile à cerner et aux personnalités multiples, coupable de nombreux crimes, comme nous le découvrirons au fil de l’enquête.

L’écriture est très belle, fine, fouillée, construite. Les termes sont choisis avec soin et l’on sent derrière cet ouvrage une recherche poussée de l’auteur sur l’histoire, l’architecture, les connaissances en criminologie et en psychologie de l’époque, le phénomène des enfants des rues, les mouvements féministes et la place de la femme. Le travail de la mise en contexte est très impressionnant.

Le personnage de Libby Hatch est assez fascinant et on se laisse entraîner dans cette enquête improbable pleine d’embûches et de multiples découvertes sur la personnalité ambiguë de cette femme.

J’avoue cependant que j’ai fini par trouver le roman un peu long, surtout dans le dernier tiers. J’ai survolé le récit du procès, avec ses plaidoiries interminables. La fin, grandiloquente et pleine d’action – qui tranche avec le reste du livre tout en réflexions et en discussions entre les personnage – m’a laissée froide. J’aurai imaginé une autre fin pour un tel personnage, plus en mystère et en noirceur.

 

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Franc J. Newcomb, Hosteen Klah

Franc J. Newcomb, Hosteen Klah

Le Mail est une collection consacrée aux traditions amérindiennes et au chamanisme et donne la part belle aux témoignages directs.

Cet ouvrage a été écrit par une femme qui tenait un comptoir d’échanges au sein d’une réserve navajo, dans la première moitié du XXe siècle. Il est touchant et instructif car elle n’a aucun préjugé concernant les indiens (ce qui pour l’époque n’était pas une évidence, en témoignent certains passages du récit où les indiens, considérés comme gens de couleur sont interdit d’entrée dans les restaurants et les hôtels), ce qui fait de son récit une source fiable sur le mode de vie des navajos – loin des clichés véhiculés par les westerns. On découvre la vie de gens simples, vivant de l’agriculture et de l’élevage des moutons, souvent confrontés à la sécheresse, à des hivers rudes et à la famine.

Franc J. Newcomb s’attache plus particulièrement à retracer l’histoire d’une famille. Elle démarre par celle du grand-père, le chef Narbona, aux prises avec les persécutions, exodes, et tractations avec le nouveau gouvernement des États-Unis pour sauver leur culture et leur existence. Elle se termine par le récit de la vie et de ses relations avec celui qui deviendra son ami, Hosteen Klah. Klah (gaucher en navajo) était un homme médecine aux connaissances très étendues. Il était profondément inscrit dans sa culture mais n’hésitait pas à aller vers une certaine modernisation, à l’encontre des traditions, en tissant par exemple des tapis représentant les peintures de sable de cérémonie et en les vendant à des blancs – ceux qui lui valut de nombreuses critiques de la part de sa communauté.

C’est un livre que je recommande pour toute personne s’intéressant aux traditions amérindiennes, à l’histoire des États-Unis ou tout simplement aux amateurs de biographie atypiques et enrichissantes.

 

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