Mathias Enard, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, lu par Thibault de Montalembert

Mathias Enard, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, lu par Thibault de Montalembert

S’il n’y avait eu l’interview de l’auteur et le descriptif détaillé et honnête des sources historiques ayant donné lieu au récit, le texte ne m’aurait pas beaucoup intéressée. Mais il est instructif de découvrir la démarche qui a mené à l’écriture.

Pour le reste,… cela s’écoute, ce n’est pas désagréable, mais il ne m’en restera pas grand-chose. Un peu comme un conte anecdotique qui divertit le temps d’une soirée, puis passe…

 

 

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Jour de givre à Toulouse

 

Jour de givre à Toulouse

 

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Fred Vargas, L’armée furieuse, lu par Thierry Janssen

Fred Vargas, L’armée furieuse, lu par Thierry Janssen

Alors ça, c’est curieux ! Cela ne m’était jamais arrivé !

Jusqu’ici j’aimais bien les polars de Fred Vargas. Je les ai quasiment tous lus ou écoutés. J’ai regardé avec un grand plaisir les adaptations qui sont passées à la télévision. Et je me rend compte que j’ai tellement apprécié ces dernières que je n’accroche plus avec les livres !

En écoutant les premières pistes, où Fred Vargas n’arrête pas de définir ses personnages, j’ai espièglement pensé qu’elle essayait désespérément de se réapproprier les personnages que la télé lui avait volés. Surtout quand elle nous rappelle que Violette est blonde. Mais non, voyons, lui ai-je méchamment répondu, tu te trompes, elle est brune !

Les petites phrases sentencieuses m’ont agacée; la réplique récurrente « Je comprends. » qui semble justifier toutes les originalités sans demander d’explications m’a horripilée; les fausses pistes trop évidentes m’ont lassée; et la lecture monotone et mécanique m’a achevée.

La musique d’accompagnement est très inventive et encadre agréablement les chapitres. Nous repartirons avec des petits airs dans la tête… et l’image définitive de Corinne Masiero inscrite dans les neurones. Inutile de protester Mme Vargas, Violette, c’est elle, et elle est brune !

 

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Audur Ava Olafsdottir, L’embellie

Audur Ava Olafsdottir, L’embellie

La semaine dernière, je me suis dit : Tiens ! Et si je lisais des nouveautés ? Direction le présentoir des prestos de la médiathèque. Et qui se trouvait là ? Un livre tout rose aux parfums d’Europe du Nord. Oui, oui, je sais, pas plus tard qu’il y a quelques semaines, j’ai écrit en public et sur mon blog : Surtout éviter les livres trop roses. Mais il était tout seul sur l’étagère. Je l’ai pris avec moi.

Dedans, j’ai découvert des phrases courtes et rapides qui dévalent sur la page comme un torrent de montagne vif et joyeux. Une gigue islandaise fraîche et légère. Une tendresse discrète qui floconne sur un paysage de lave. Un road-movie sans aucun soucis financier dont je ferai bien mon ordinaire. Parenthèse littéraire hivernale en ce début décembre que j’ai beaucoup appréciée.

 

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Linda Lê, Lame de fond

Linda Lê, Lame de fond

Je n’ avais jamais osé ouvrir un livre de Linda Lê jusqu’à aujourd’hui, sans doute intimidée par ces couvertures aux motifs abstraits qui semblaient présager un effort d’attention nécessaire.

Une fois franchie la couverture, le récit ne nous précipite finalement pas dans l’abstraction. Le milieu est cultivé, certes. Il y a beaucoup de références obscures à mes yeux. Le vocabulaire est original mais intégré, il ne tombe pas comme une paillette sur une motte de beurre.

Nous entrons plutôt dans un mille-feuille. Chacun des quatre protagonistes y donne de la voix tour à tour. Récits de l’incompréhension, des abîmes qui sous-tendent les apparences, de la transmission entre générations qui se fait malgré tout, mais pas forcément de la façon qu’on pense. Chacun défend sa petite part d’individualité, son confort précaire, se débat avec l’identité que ses proches dessinent pour lui et renforcent pour se rassurer.

Un débroussaillage psychologique organisé avec maestria et sans piapiater. Une lecture enrichissante.

 

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André Gide, La symphonie pastorale, lu par Catherine Ribeiro

André Gide, La symphonie pastorale, lu par Catherine Ribeiro

Gide fait partie de tous ces auteurs dont le nom m’est très familier, mais qu’à l’exception de quelques éléments biographiques, de quelques titres de livres, je serai bien en peine de définir.

Allons-y pour Gide ! me suis-je donc dit.

Et de fait, je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai entendu. Les relations humaines entre le pasteur, sa famille et l’aveugle sont très fouillées, et m’ont portée à réfléchir. J’ai aimé la parabole sur l’aveuglement amoureux, le personnage de Gertrude, si lucide, si franc; le personnage du pasteur, si impuissant à partager son amour libéré des croyances et ne pouvant que regarder Jacques, Amélie et Gertrude suivre leurs propres voies sans issue. Être au monde n’est pas une évidence !

La fin m’a frustrée. J’aurai aimé que Gide ne s’arrête pas là et emmène Gertrude vers la transcendance. Cette jeune-fille si mature aurait pu avoir un cheminement intérieur passionnant au-delà du choc de sa prise de conscience. Mais l’auteur s’en est arrêté au péché, aux conceptions religieuses, ce qui pour son temps devait déjà être révolutionnaire.

La voix est douce et délicate, la lecture bien rythmée, ponctuée de silences, mais la musique – surtout sur les premières pistes – est tonitruante. Elle m’a fait sursauter maintes fois.

 

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Amanda Hodgkinson, 22 Britannia Road

Amanda Hodgkinson, 22 Britannia Road

J’adore gagner des livres à des concours. En général, ce sont des ouvrages que je n’aurai jamais, au grand jamais ! eu l’intention d’ouvrir. Et dans la plupart des cas, mon impression est tout à fait justifiée dès les premières lignes. Je les parcoure très vite. Et j’en fait une critique féroce.

… J’adore faire des critiques féroces.

Sauf qu’avec celui-là, je me suis fait avoir ! Cela me brise le cœur, mais je suis contrainte d’avouer que j’ai pris un certain plaisir à le lire.

Cela tient peut-être au découpage de l’histoire. L’alternance des récits des différents protagonistes à diverses époques, est très habile et non attendu. Ou alors j’ai cédé à la personnalité de l’enfant, en phase avec la nature, les racines, les mousses et les oiseaux.

Du romantisme facile dont je ne garderai pas un grand souvenir sauf celui d’un souffle léger et passager.

 

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Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie, lu par l’auteur

Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie, lu par l’auteur

Je vais enfin savoir si j’ai une vie intérieure.

C’est par cette entrée en matière que Sylvain Tesson débute son expérience d’ermite sibérien. Il endosse la robe de bure d’une identité nouvelle et disserte à n’en plus finir sur la vision des uns et des autres de la solitude. Dans un flou intellectualisant de phrases sentencieuses qui finissent par nous convaincre de ne surtout jamais lire tous les auteurs qui défilent, Sylvain Tesson semble s’entourer d’un brouillard de mots qui lui masquent toute réalité immédiate. Il y a une telle dichotomie entre ses conditions de vie supposées – en prise directe avec la précarité et la survie – et le fumeux théorique de ce qui l’habite que j’ai eu tout le temps du livre une sensation de fausseté dont je n’ai pu me défaire.

Me supporterai-je ? ajoute-t-il plus loin. Question pertinente s’il en est et que le lecteur est en droit de se poser également…

Une pincée d’oubli de soi et une pichenette de silence auraient sans doute laissé un peu plus de place à la nature dans son intégrité alors qu’elle est ici rabaissée à une vision anthropomorphique affligeante.

Une lecture à voix haute qui se prend au sérieux et met trop d’intention dans des phrases qui ne le méritent pas au lieu de jouer de nuances n’arrange rien à l’affaire.

Seule notre tendresse commune pour les petites mésanges qui viennent frapper à la fenêtre à heure fixe nous aura rapprochés.

 

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Jean-Paul Dubois, Le cas Sneidjer, lu par Guy Moign

Jean-Paul Dubois, Le cas Sneidjer, lu par Guy Moign

Du point de vue de mes a priori, Jean-Paul Dubois, c’était du marketé, du mouliné à la sauce magazine féminin, de l’auteur mis en boîte dont il vaut mieux se méfier et qu’il ne faut surtout pas croiser au coin d’un bois.

Mais les voix des rayons de bibliothèques sont impénétrables et il m’arrive de piocher dans celui, restreint, des livres audios, des choses tout à fait improbables.

Je m’attendais à m’ennuyer. Je me suis ennuyée. Mais pas que…

Pataud, un peu dépressif, marchant à côté des pompes de son entourage, Paul finit cependant par être attachant. Au fil moelleux et un peu soporifique de l’écoute on se laisse bercer sans rien attendre d’extraordinaire, ni de haletant, ni de passionnant. La voix pleine d’intonation et de nuances, qui colle parfaitement au texte, nous entraîne dans une écoute détendue et morne où parfois l’oreille s’ouvre nonchalamment à l’apparition d’un passage plus pétillant que les autres.

On s’affolera juste un peu sur la fin, en se disant que les mœurs psychiatriques du Québec sont quelque peu inquiétants – si toutefois l’anecdote est réaliste.

 

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Henning Mankell, L’homme qui souriait, lu par Marc-Henri Boisse

Henning Mankell, L’homme qui souriait, lu par Marc-Henri Boisse

Dès les premiers instants, j’ai reconnu une histoire dont j’avais vu l’adaptation (excellente !) sur Arte. Les images qui me reviennent ne gênent pas l’écoute. Le texte est assez riche pour en avoir une deuxième approche sous une forme différente. Les dialogues intérieurs et les ajouts de perspectives renouvellent la trame.

Trame qui d’ailleurs laisse dès le départ deviner de quoi et surtout de qui il s’agit. Tout l’intérêt de l’histoire se situe au niveau du travail d’équipe et de la progression de l’enquête, tous deux passionnants. Pas d’ennui, pas de lourdeurs, pas de temps mort. De l’excellent polar. Wallander a bien fait de sortir de sa couette !

L’interprétation est excellente, savant dosage de douceur et de dynamisme qui met parfaitement en scène le personnage de Wallander. Le genre de lecture à haute voix qui enrichit le texte et en fait une œuvre cinématographique vocale.

 

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