John Krakauer, Into the wild

Peyreleau, la Jonte

Mais nous savons peu de choses tant que nous n’avons pas fait l’expérience de ce qu’il y a d’incontrôlable en nous. Parcourons les glaciers et les torrents, escaladons de dangereuses montagnes et laissons l’opinion prononcer ses interdictions.
John Muir, Les montagnes de Californie. (204)

Autant je me suis terriblement ennuyée devant le film, autant mes cordes sensibles ont vibré avec le livre. Il est tombé à pic pour entrer en résonance avec des envies de fuite puissantes. Jon Krakauer rend hommage aux marginaux de la poussière des chemins, aux routards-chômeurs perpétuels, aux pèlerins de la transcendance, à une autre Amérique qui explore les voies du vide et de la beauté et parfois y tombe.

Ses aspirations, en un sens, étaient trop puissantes pour être comblées par un simple contact humain. (101)

Son portrait de Chris, ce jeune homme grisé par le dévoilement de sa propre existence est émouvant. Le garçon sème des histoires tout au long de sa route, touche le coeur des gens qu’il rencontre, mais décide pourtant de toujours repartir. Habité d’une aspiration folle, intrépide, dominé par un impératif, il aura cherché la vraie pulsation de la vie et l’expérience pure jusqu’au bout. Il était à deux doigts d’y arriver. Une connaissance botanique à laquelle il n’avait pas accès et son refus de se munir d’une carte topographique, deux petites déviations sur son chemin et il s’est retrouvé pris au piège. Le cours de l’existence est parfois compromis par de petites inattentions si innocentes en apparence… nous sommes décidément des créatures bien fragiles et bien dérisoires que notre conscience si spécifique ne sauve pas toujours.

Peyreleau – La Jonte

La Jonte – Demoiselles

La Jonte – Demoiselles

 

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