PR des Grands Causses, L’Esperdel – 24/03/2021

L'esperdel - parade

L’Esperdel – parade

L'esperdel - parade

L’Esperdel – parade

L'esperdel - parade

L’Esperdel – parade

L'esperdel - parade

L’Esperdel – parade

L'esperdel - parade

L’Esperdel – parade

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Avant-causses, Saint Jean-d’Alcapiès – 24/02/2021

Volcan de Saint Jean-d'Alcapiès - Circaète

Volcan de Saint Jean-d’Alcapiès – Circaète

12e jour des miracles

12e jour des miracles

 

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Causse du Larzac, Cirque du Brias – 17/02/21

Le premier soleil franc de la saison incite un lézard léthargique couvert de terre à sortir de sa retraite hivernale.

Cirque du Brias - Lézard vert

Cirque du Brias – Lézard vert se chauffant au soleil

Cirque du Brias - Lézard vert sortant d'hibernation

Causse du Larzac – Lézard vert émergeant de son trou

Sur le Rocher qui regarde le Ciel.

Causse du Larzac

Causse du Larzac

Rochers qui observent.

Cirque du Brias - Rochers

Cirque du Brias – Rocher

Cirque du Brias - Rocher du lion

Cirque du Brias – Rocher du lion

Souhaits de fumée.

Causse du Larzac - Souhaits de fumée

Causse du Larzac – Souhaits de fumée

Tournemire - Vautour fauve

Tournemire – Vautour fauve

Tournemire - Vautour fauve

Tournemire – Vautour fauve

Les grands corbeaux sont à la parade et les craves à bec rouge investissent les nids.

Cirque du Brias - Craves à bec rouge

Cirque du Brias – Craves à bec rouge

Causse du Larzac - Parade des grands corbeaux

Causse du Larzac – Parade des grands corbeaux

Causse du Larzac - Parade des grands corbeaux

Causse du Larzac – Parade des grands corbeaux

Causse du Larzac - Parade des grands corbeaux

Causse du Larzac – Parade des grands corbeaux

Causse du Larzac - Parade des grands corbeaux

Causse du Larzac – Parade des grands corbeaux

Causse du Larzac - Parade des grands corbeaux

Causse du Larzac – Parade des grands corbeaux

 

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Maurice Druon, Tistou les pouces verts

Maurice Druon, Tistou les pouces verts
Aaaaaaah, poser sans peur ses mains partout, non seulement dans les pots de fleurs, mais aussi dans l’espace social, sur les bancs et les portes, les murs et les barrières, sur toutes les surfaces des hôpitaux ! Mais oui, je dis bien caresser de ses mains nues les carpettes, les lits et les tables des hôpitaux sans se précipiter dans la minute qui suit vers une bouteille de gel hydroalcoolique ! Qui aurait jamais pu prédire que Tistou les pouces verts deviendrait, 52 ans après sa publication, un ouvrage sulfureux, provocant, séditieux, voire même carrément punk ? Par ces temps pervertis par le covid et la cacophonie médicale et politique attenante, donc, une grande nostalgie m’a prise de relire ce conte qui avait enchanté mon enfance. Entre le liseron et l’Ordre, quel choix allons-nous faire ? Pour l’instant, ça semble plutôt mal barré. Et puis tout de même, j’ai pleuré à la fin… à quarante-six ans, voir une fois de plus Tistou s’élever dans les nuages en laissant derrière lui son vieil ami intime Gymnastique m’a chaviré le coeur. On ne peut pourtant pas dire que je n’étais pas préparé à ce grand déchirement final !

 

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Dino Buzzati, Le désert des Tartares

Côte méditerranéenne, Vendres-plages - Dino Buzzati, Le désert des Tartares

Côte méditerranéenne, Vendres-plages

Le fort lui paraissait un de ces univers inconnus auxquels il n’avait jamais sérieusement pensé pouvoir appartenir non point parce qu’ils lui semblaient haïssables mais parce qu’infiniment loin de sa vie habituelle. (24)

J’ai enfin plongé dans ce livre abandonné au début du confinement à l’occasion d’un séjour à la mer longtemps repoussé lui aussi. Le no man’s land du camping, à l’abri et l’oubli de toutes préoccupations contextuelles habituelles s’est fondu avec celui du fort – étendues libres des landes d’arrière saison, horizon maritime, des formes humaines, ici et là. Deux bouts du monde. Mais là s’arrête la comparaison, car tandis que je m’adonnais au relâchement des saisies du mental, Drogo s’enferrrait dans l’illusion et l’inexprimable sentiment de choses à venir. La force d’inertie, la fuite du temps, le vide de l’ennui qui aspire les hommes et les pousse à l’absurdité, puissamment mis en scène par Dino Buzzati, m’ont rappelé la vision de Jean Giono dans Un roi sans divertissement. Tuer pour s’occuper… Gros sentiment de déprime en refermant le livre. Puis, la réflexion reprenant ses fonctions sur l’émotion, j’ai trouvé que la fin était certes une jolie pirouette littéraire, mais finalement peu convaincante. La mort vue comme un ultime combat au sens militaire, bof. Un combat contre qui, contre quoi ? Et pour quelle victoire ? Et pourquoi seulement au terme de cette vie passagère ? Je prends plutôt le partie de faire de la Bougrinette une amie de tous les jours – certes un peu effrayante, mais partie intégrante de la manifestation et donc de notre essence -, comme l’est la solitude…

Juste à cette époque Drogo s’aperçut à quel point les hommes restent toujours séparés l’un de l’autre malgré l’affection qu’ils peuvent se porter; il s’aperçut que, si quelqu’un souffre autrui ne souffre pas pour cela, même si son amour est grand, et c’est cela qui fait la solitude de la vie. (223)

Vendres-plages

Vendres-plages

Vendres-plages - Grande aigrette, crabier chevelu

Vendres-plages – Grande aigrette, crabier chevelu

Vendres-plages - Crabier chevelu

Vendres-plages – Crabier chevelu

Vendres-plages - Traquet motteux

Vendres-plages – Traquet motteux

Vendres-plages - Pouillot

Vendres-plages – Pouillot

Vendres-plages - Tarier pâtre

Vendres-plages – Tarier pâtre

 

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Andrea Camilleri, La chasse au trésor

Parc naturel du Haut-Languedoc, lac de Vésoles - Andrea Camilleri, La chasse au trésor

Parc naturel du Haut-Languedoc, lac de Vésoles

J’ai croisé Salvo au détour d’une boîte à livres, incarnation de papier que je n’avais jusqu’alors pas eu l’occasion d’aborder. Son charme fait effet dans la chair des mots, autant que dans sa manifestation télévisuelle. L’originalité de la langue permet un décalage, des images de la série viennent en tête sans saper le goûteux du roman. Les deux se complètent. L’écriture d’Andrea Camilleri agit un peu comme un tourbillon. Elle s’écoule rapidement mais ménage ses scènes clés. Je l’ai lu très vite, avec goinfrerie, sans prendre le temps de mâcher. En cette période où je n’ai plus envie de lire, cette verve italienne chaleureuse et joviale, avec ce qu’il faut de suspens, aura un peu décrassé mes rouages.

Lac de Vesoles

Lac de Vesoles

Lac de Vesoles

Lac de Vesoles

Lac de Vesoles - Agrions

Lac de Vesoles – Agrions

 

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Henning Mankell, Meurtriers sans visages, lu par Marc-Henri Boisse

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The J. Paul Getty Museum, Los Angeles 84.XM.956.437

– Tu sais comment mon père est mort ? demanda soudain Sten Widen
– Non.
– Une nuit d’automne il est parti dans les ruines du château, à moitié ivre. Il avait l’habitude de picoler là-bas. Mais ce jour-là, il est tombé dans la douve sans le faire exprès et s’est noyé. Il y a tellement d’algues qu’on y voit rien sous l’eau. Tout ce qui est remonté à la surface, c’est sa casquette. Tu sais ce qui était marqué sur la visière ? « Jouissez de la vie ».
(piste 08 12:02)

Je trouve que ce passage résume bien l’essence de la série des Wallander : l’absurdité de l’existence où tout homme est ballotté par les circonstances incontrôlables qui le cernent, où n’importe quoi peut arriver, l’incompréhension devant les événements dramatiques qui frappent sans prémisses apparentes. Jouissez de la vie quand l’opportunité se présente, tant qu’il en est encore temps, mais ce n’est pas cela qui vous sauvera. Rien ne peux nous sauver de la condition qui est la nôtre…

Je n’avais jamais lu ce premier tome, âpre, où le visage de Kurt vire au camaïeu de toutes les misères qui lui tombent dessus, déclinaison colorée en forme de résumé des scènes d’actions du livre. Comme toujours, on se demande comment il arrive à rester debout jusqu’à la fin du livre, empathie qui prend au ventre et nous lie au personnage dans une relation miroir; on a mal pour lui, on s’accroche avec lui. Ses réflexions sur l’évolution désastreuse du climat social de la Suède sont de celles qui sous-tendront toute la suite.

 

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Daniel Pennac, Mon frère, lu par l’auteur

The British Museum, London 1925,1212.75 - Daniel Pennac, Mon frère

The British Museum, London 1925,1212.75 – Daniel Pennac, Mon frère

Daniel Pennac et son vieil exemplaire de Bartleby; constamment glissé dans la poche, régulièrement sorti au détour d’un geste bavard, consulté, cité, fourré de nouveau dans sa veste… depuis combien de temps l’entend-on sur les ondes partager avec nous sa gourmandise pour ce texte ? Elle me restait mystérieuse; cette évocation de son frère disparu en dévoile l’intimité. Son deuil est délicatement évoqué. Non pas par une biographie de l’absent, non pas par un récit nostalgique de ce qui fut, mais par la réalité de ses perceptions intérieures. Son frère existait comme un arc-en-ciel dans sa conscience et peu à peu, les conditions atmosphériques ayant changé, il s’efface et ne laisse plus qu’une trace. Soleil et pluie s’en sont allés… Le vécu d’une relation n’est pas toujours celui que l’on s’invente en se racontant et en s’attachant à des histoires, en les complétant par celles des autres. Il est à la fois plus subtil et plus évanescent. Presque insaisissable. Comme ce Bartelby qui a renoncé à exister. Le notaire essaye de le faire rentrer dans un cadre intelligible, mais finalement n’en saisit qu’une poignée de poussière qui s’éparpille au vent.

 

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Jack London, Martin Eden, lu par Denis Podalydès

The Metropolitan Museum of Art, New York 52.594.23

Jack London, Martin Eden, lu par Denis Podalydès – The Metropolitan Museum of Art, New York 52.594.23

C’est un roman d’amour où l’on attend avec impatience que les amants se séparent enfin… toute la première partie m’a parue lente et lourde, question d’époque et de mentalités sans doute, les enjeux de la rencontre n’ont plus le même écho dans notre esprit d’aujourd’hui. J’ai commencé l’écoute du roman avant le Grand Encabanement, traîné la patte et l’oreille et ne suis arrivée à la partie la plus intéressante qu’à la libération des 100 kilomètres. Quand Martin tente de prendre son envol, le récit devient âpre, prenant, suscite l’attention fraternelle de la précarité et de l’effort partagés… cet homme qui bat des ailes dans le silence assourdissant ou la perplexité condescendante que lui renvoient ses contemporains… et qui préfère arracher volontairement ses plumes devenues chatoyantes plutôt que de vivre parmi les faux-semblants et la médiocrité des sentiments… La fin est terrible ! Une des plus marquantes que j’ai jamais vécues en littérature.

 

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Nicole Lombard, L’année d’Anaïs

Cirque de Navacelles, dolmen de la Prunarède - Nicole Lombard, L'année d'Anaïs

Cirque de Navacelles, dolmen de la Prunarède

Je me revois encore, en ce même mois d’avril d’il y a cinq ans, découvrant Étrangers sur l’Aubrac installée au soleil de mon premier potager. Un chat gracieux, leurré par mon immobile concentration, a passé le mur et s’est approché sans méfiance. J’ai tourné une page; il s’est carapaté. Dans ma critique d’alors, je disais que recevoir des nouvelles de frères humains de précarité libre et digne me redonnait du cœur à vivre.

Une sieste auprès des corydales. (…) Grappes de clochettes où viennent en foule les papillons couleur de primevère, les premières abeilles, et de gros bourdons habillés de velours. Béatitude : tout ce monde ne fait pas attention à moi, qui suis allongée sur l’herbe avec un livre. (49)

Aujourd’hui, notre précarité est cernée d’interdits, de chagrins, de miasmes et de pétoche. Ce carré de jardin, à l’heure du Grand Encabanement Général, est devenu le dernier refuge où le soleil brille et les insectes vivent leur vie sans se soucier de moi et de mes attestations de sortie – béatitude. Et me voilà lisant L’année d’Anaïs, journal de l’année 2018 telle que vécue en la cabane aubracienne. Isha – ainsi nommé en hommage à Issa, le poète, rencontré lui aussi dans une publication des éditions du Bon Albert -, chat abandonné par d’inconnus voisins, nous a depuis adoptés et s’est intronisé gardien du potager. Du haut de son mur, il regarde passer les villageois de sortie pour leur heure octroyée par le gouvernement.

D’un peintre, qui exposait, je crois, dans une librairie de Conques : « ma peinture s’adresse au silence de chacun ». On peut le dire aussi de l’écriture. J’aime beaucoup le silence. (95)

Le silence de l’enchantement né de la contemplation d’un mélèze illuminé par l’automne ou de l’ombre fugace d’une anthrisque sur une pierre plate, scintille entre les lettres, entre en résonance avec nos propres vibrations intérieures. Mais aussi le babil des souvenirs, le grattement de la littérature, parfois l’exubérance d’une exclamation. Il n’est pas sûr que le seul silence – partage intime, certes, mais solitaire – soit attendu du lecteur. Nicole Lombard, dans son envie de transmission, cherche aussi des signes d’amitié, aimerait tendre, semble-t-il, si elle le pouvait, un bâton de parole, à celui qui se penche sur le papier imprimé de ses mots. Les pages bien aérées, blotties derrière une couverture colorée, donnent d’ailleurs envie d’aller chercher sa boîte de crayons de couleur. Les grandes marges blanches semblent attendre de ceusses qui les balayent d’un regard pour se concentrer sur le texte, un élan créatif, une mise en image de leurs sensations, un embellissement spontané fait de portraits, de nuages, de tout ce qui leur passe par la tête et qui puisse illustrer la saveur ces histoires, chroniques et réflexions.

Avec notre envie presque désespérée de transmettre aux jeunes générations quelque chose de ce qui nous fit aimer le monde, la vie, nos parents, nos anciens comme aussi bien nos contemporains, nous nous trouvons devant elles, en permanence, comme quelqu’un qui n’aurait pas su choisir le bon cadeau. (147)

C’est ce qu’elle a décidé de faire avec ses Pléiades, Nicole Lombard, après les avoir pendant des années conservés comme des trésors immaculés pour ses descendants : les annoter, les marquer de sa trace. Le flux généalogique se construisant et formant son esprit au loin, du renoncement à léguer est né une certaine liberté. Non sans tristesse. Elle picore dans ses souvenirs, réassure ses points de repères, nourrit les sanctuaires du songe. Que reste-t-il d’une vie quand elle chemine sur la dernière portion avant… avant quoi ? Un monde s’efface. Celui qui vient ne semble pas porter en lui le frémissement de la même sève. Mais qui sait ? Sans doute y aura-t-il toujours des cœurs pour nourrir un rapport mystique avec leur coin de pays, le bouquet d’arbre du haut de la colline, l’hirondelle de la fenêtre qui revient chaque printemps. Malgré les grands chambardements…

Où ai-je donc pu lire ces mots d’Ernie Lapointe, arrière-petit-fils du légendaire Sitting Bull :
« Nos déséquilibres spirituels détruisent la nature  » ?
Ainsi donc, si nous réussissons à retrouver, dans tout notre être, l’équilibre perdu, ce serait plus efficace pour sauvegarder ce qui reste autour de nous, et en nous, de nature, que tous les « plans » des politiques ?
Je le crois volontiers.
Mais j’ai bien peur, hélas ! que nous ne soyons déjà misérablement, et ridiculement, parvenus au tout dernier étage de la tour de Babel… (80)

Cirque de Navacelles

Cirque de Navacelles

Cirque de Navacelles - Dolmen de la Prunarède

Cirque de Navacelles – Dolmen de la Prunarède

Causse du Larzac - Mésange bleue

Causse du Larzac – Mésange bleue

Causse du Larzac - Empuse

Causse du Larzac – Empuse

 

Ce qui me déçoit toujours un peu chez Dhôtel que pourtant j’aime beaucoup, c’est qu’il se croit obligé de nous donner, à chaque fois, les clés du mystère qui a nourri le livre (le cheval pie du Pays où on n’arrive jamais, pour n’en citer qu’un exemple…).
Ce grand rêveur n’a pas osé faire confiance à la capacité de rêve de ses lecteurs. (59)

D’un personnage tel qu’Ameline dans Les Balesta de Bosco, on se demande assez bêtement : a-t-elle pu exister ? (ces « yeux sans regard », etc.)
La question n’est peut-être si bête : Ameline est, dangereuse ô combien ! Mais elle n’existe pas. C’est pourquoi rien n’a prise sur elle. (113)

 

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