Dans la peau des lézards de France – Françoise Serre-Collet

Causse Noir, Roquesaltes - Dans la peau des lézards de France - Françoise Serre-Collet

Causse Noir, Roquesaltes

Moi qui regarde parfois d’un œil éteint les lézards des murailles à l’affût à moins d’un mètre de moi en me disant qu’il n’y a plus rien à inventer avec eux au niveau photographique, me voilà bien démentie. Il faut croire que je ne les aime pas aussi intimement que Françoise Serre-Collet. Les portraits qui illustrent cet album sont superbes. Ils sont à la fois esthétiquement beaux, puissants à regarder et en plein dans la réalité de nos amis squamates, les regards transpercent la page. Alors que les ouvrages sur les chats, chiens et autres chevaux abondent, quantité d’êtres vivants restent à la marge et ne bénéficient que de l’intérêt de leurs spécialistes. Quel bonheur, pourtant, que de pouvoir plonger dans un nouveau sujet de curiosité. Ces animaux familiers et communs – pour ce qui concerne du moins les lézards des murailles, certains autres selon les régions et les habitudes de chacun – ont une vie qu’on connaît peu. Qui sait qu’ils bénéficient d’un troisième œil au sommet de leur crâne ? Qu’ils ont une ouïe très fine ? Que le potentiel de séduction des lézards à deux raies est fonction de leur rayonnement ultraviolet ? Ou que les orvets fragiles sont vivipares ? En tout cas, lors de mes prochaines vacances au bord de la Méditerranée, j’ouvrirai l’œil, plusieurs de nos espèces hexagonales ne vivant que par là-bas, comme la si singulière tarente de Maurétanie, et même, j’ouvrirai l’oreille pour saisir le cri du psammodrome algire..

Causse Noir - Roquesaltes

Causse Noir – Roquesaltes

Causse Noir - Roquesaltes

Causse Noir – Roquesaltes

 

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40 promenades botaniques pour ne plus jamais confondre narcisses et jonquilles – Marie-Jeanne et Alain Génevé

Cirque de Navacelle, dolmen de la Pinarède - 40 promenades botaniques pour ne plus jamais confondre narcisses et jonquilles - Marie-Jeanne et Alain Génevé

Cirque de Navacelle, dolmen de la Pinarède

Un chemin creux est une voie de passage délimitée par deux talus arborés. Au fil des années, les agriculteurs ont déposé, le long de ces voies de circulation, les pierres et les mottes de terre qui encombraient leurs champs. La végétation s’y est ensuite installée progressivement. (40)

A chaque page se dévoile un bout de sentier, un coin de prairie, un horizon de montagne. On traverse les milieux en écartant les herbes, scrutant les arbrisseaux, caressant les fleurs du regard. Ce guide a le charme d’une balade champêtre. Il observe ses sujets en tête-à-tête, à leur hauteur de plantes, en leur nudité photographique. Pas de recherche esthétique dans les portraits, seule la juste identification inspire les auteurs. Il me faut tout de même noter que certaines légendes sont inversées, ce qui peut ajouter un goûteux artisanal à l’ouvrage mais reste tout de même embêtant quand on a décidé de lui faire confiance.

Que de plantes connues de vue, ou qu’on croit reconnaître, dont il faudrait vérifier la forme des feuilles, familières certainement, mais qui se fondent dans une mémoire visuelle où l’on a jamais fait le tri. Le monde mystérieux des arbustes, arbrisseaux et sous-arbrisseaux, surtout, interpelle – amélanchier, alisier, troène – et celui des graminées dans lesquelles on s’est souvent roulés – ray-grass, fléole des prés, dactyle aggloméré, brize, brome stérile. Nommer pour mieux habiter le monde, avec plus d’acuité.

L’orchis blanche me fait rêver… encore une quête – à l’instar de celle du sabot de Vénus – qui va couler dans mes veines jusqu’à l’orée de ma disparition ou de son inopinée réalisation…

Dolmen de la Pinarède - Flambé

Dolmen de la Pinarède – Flambé

Dolmen de la Pinarède - Flambé

Dolmen de la Pinarède – Flambé

Dolmen de la Pinarède - Narcisse d'Asso

Dolmen de la Pinarède – Narcisse d’Asso

Dolmen de la Pinarède - Paon de nuit

Dolmen de la Pinarède – Paon de nuit

 

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Atlas des nuages – Julie Guillem

Causse Noir - Roquesaltes - Atlas des nuages - Julie Guillem

Causse Noir, Roquesaltes

Je ne pensais pas trouver, dans un livre jeunesse, une information aussi porteuse. Mon très sérieux Nuages et autres phénomènes célestes de Hans Hackel me laisse parfois songeuse et les pages aériennes de cet atlas sont venues avec profit alléger mes questionnements. Les ouvertures célestes en pleines pages, douces et cotonneuses (peut-être un peu trop cotonneuses par rapport à la réalité, comme ces cumulus humilis sans forme définie), sont entrecoupées de schémas d’identification à la fois essentiels et complets. On y est, on nage la brasse dans la troposphère. Reste que la perception des distances, en situation réelle, est toujours problématique : nuage bas, moyen ou haut ? C’est entre ces strates que le doute s’insinue. Mais je progresse…

Roquesaltes - Circaète Jean-le-Blanc

Roquesaltes – Circaète Jean-le-Blanc

Causse Noir - Roquesaltes

Causse Noir – Roquesaltes

Roquesaltes - Vautour fauve

Roquesaltes – Vautour fauve

 

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Jean-François Parot, L’inconnu du pont Notre-Dame, lu par François d’Aubigny

Gallica, Bibliothèque nationale de France btv1b531505574 - Jean-François Parot, L'inconnu du pont Notre-Dame, lu par François d'Aubigny

Gallica, Bibliothèque nationale de France btv1b531505574

Décidément, dit Bourdeau, avec elle on visite toute la ménagerie du roi. (5:47:44)

Chevaux, chiens d’arrêt au flair aiguisé, vieilles taupes, chat aux empreintes significatives et jusqu’à des castors qui ne sont jamais mouillés quelles que soient leurs louches menées, les animaux symboliques ou de pattes et de poils traversent cette enquête par de nombreuses sentes. Ce qui n’est pas sans envelopper d’une certaine tendresse – notamment féline et canine – l’intrépide commissaire aux affaires extraordinaires.

Voix amie dans les ténèbres, François d’Aubigny, aussi gracieux et sémillant auprès d’Aimée que face à des portières mal dégrossies m’a accompagnée au creux de l’oreille en des temps difficiles et perturbants et jusqu’à la réussite de mes projets. Comme un grigri protecteur de tous les dangers, une potion de courage, une parole intimement lovée au creux de mon portable.

 

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Christophe Magny, La voie de la nuit

Plateau du Lévézou, puech Monseigne

La langue navajo compte quatre-vingts mots pour exprimer toutes les nuances de couleur et de texture du grès. (160)

Voilà qui va permettre de renouveler la fameuse répartie sur les inuits et leur cinquantaine de mots pour désigner la neige !

En pays Navajo, les routes sont rectilignes sur des kilomètres, comme une invitation lancinante à la découverte. On pressent qu’elles n’ont de fin qu’au bout du monde. Peut-être leur seule fonction est-elle d’inciter le voyageur à avancer jusqu’à oublier qu’il a un but, s’il a un but. L’asphalte se fait parfois tortueux, il se perd en méandres qui escaladent montagnes et mesas pour mieux ramener le promeneur à la platitude du plateau désertique. (40)

Christophe Magny a un parcours touchant. En quête de sens, se demandant ce qu’il fait sur terre, il tente de s’inspirer de diverses traditions pour nourrir son voyage intérieur. Les voies de guérison navajos, découvertes à Paris lors d’une manifestation culturelle, vont représenter pour lui une expérience vivante et équilibrante, un tissus de liens amicaux et chaleureux – malheureusement momentanés car il a volontairement mis fin à ses jours quelques années plus tard. Savoir que son aspiration spirituelle ne s’est pas épanouie vers l’apaisement de ses abîmes intimes rend la lecture de son livre à la fois triste et intense.

Le but de la méditation et de la prière n’est pas l’expansion de la conscience mais la concentration sur le centre, le récepteur. C’est, me semble-t-il, ce qu’exprime hozhoo pour les Navajos : la nécessité de maintenir cette réceptivité, qui passe par une quête de l’harmonie avec les forces élémentaires. (70)

Immergé dans la beauté du crépuscule, je parviens sans y penser à formuler simplement l’idée de l’énergie et du récepteur : plus on capte la beauté, plus on s’emplit de beauté ; plus on s’emplit de beauté, mieux on capte la beauté. (123)

Avec lui, on pénètre et on s’assoit sous le hogan, au centre. Dans ce pays d’horizon, de lumière et de neige où les paysages se modifient selon l’heure et le temps, les pistes sont incertaines, les chemins sans indications, les conduites nocturnes à faire frissonner. La collision avec une vache ou un cheval est toujours possible. L’égarement encore plus. Se fiant à ses liens fraternels et à ses soutiens, tentant l’immersion à l’aide de ses seules intuitions et capacités à sentir, évacuant la raison, l’auteur s’en sort plutôt bien. Il prend naturellement le pli de parler en termes d’est, de sud, d’ouest et de nord, comme dans les romans de Tony Hillerman. Trouve les lieux de cérémonie. Laisse la beauté l’emplir et accomplit les gestes de bénédiction. Il revient de ses voyages l’âme unie au corps, ayant retrouvé le sentiment de savoir où il se trouve.

En lui confiant mon sentiment persistant de n’être pas parti, je m’interroge : cette évaporation des mois passés n’est-elle pas le signe de mon adhésion à la conception navajo du temps ? Ce qui compte, c’est de se retrouver, pas de mesurer le temps évanoui depuis la dernière rencontre. Puisque nous sommes réunis, nous n’avons jamais été séparés. (172)

Plateau du Lévézou - Puech Monseigne

Plateau du Lévézou – Puech Monseigne

Plateau du Lévézou - Puech Monseigne

Plateau du Lévézou – Puech Monseigne

Plateau du Lévézou - Puech Monseigne

Plateau du Lévézou – Puech Monseigne

Plateau du Lévézou - Puech Monseigne

Plateau du Lévézou – Puech Monseigne

 

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Andreï Makine, L’archipel d’une autre vie, lu par Lazare Herson-Macarel

Brooklyn Museum 2007.32.69 - Andreï Makine, L'archipel d'une autre vie, lu par Lazare Herson-Macarel

Brooklyn Museum 2007.32.69

Le titre est très beau et fait voleter l’imagination avant même d’avoir entamé le livre. Qui ne rêve d’une nouvelle perspective de vie ? Alors un archipel de possibilités tout entier… À l’écoute des images me sont venues de Dersou Ouzala, de Sa majesté des mouches, de Dix petits nègres et enfin des deux petits vieux de Ravage. Autant dire que j’ai passé mon temps dans les références sans ressentir l’identité propre de ce roman. Je discerne bien ce qu’à voulu faire Andreï Makine mais la taïga n’a pas frémi pour moi, je reste sur l’impression d’un écrit fabriqué à partir d’idées séduisantes qui n’ont pas pris vie. Le ton vibrant et le lyrisme que Lazare Herzon-Macarel instille à sa lecture n’ont pas arrangé les choses. L’un dans l’autre, composition et interprétation se prennent trop au sérieux pour atteindre à la transcendance que suggérait le sujet.

 

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Gustave Flaubert, L’éducation sentimentale

Causse Noir, Roquesaltes - Gustave Flaubert, L'éducation sentimentale

Causse Noir, Roquesaltes

Ici m’a frappée la langue comme à l’abordage de Madame Bovary : elle est pareillement moderne, on ne ressent pas de distance malgré l’inconcordance de notre temps avec celui de Gustave Flaubert. Je me suis trouvée mêlée à la lumière des fêtes de l’Alhambra ou aux costumes des bals de Rose Annette sans aucun effort, emportée par les mots. Les détails apportés dans la description des lieux m’en ont fait percevoir l’atmosphère naturellement, comme si je vivais encore dans ces mêmes mobiliers. Et si je n’ai pas tout compris des affaires de l’époque, les discussions qu’elles suscitent m’ont parues aussi pleines de vie que si elles se déroulaient aujourd’hui au bar du coin, une transposition facile. Les notes de Pierre-Marc de Biasi, dans l’édition de poche, sont mille fois précieuse pour éclairer les points obscurs et renforcer ce sentiment.

Le cabotin avait une mine vulgaire, faite comme les décors de théâtre pour être contemplée à distance […] (206)

La moquerie délicieuse que Gustave Flaubert met parfois dans ses portraits m’enchante. Les illusions du jeune Frédéric, ne sachant pas quel large fonds d’indifférence le monde possède, bientôt suivies de leur effondrement sont d’une justesse et d’une finesse que j’ai amplement goûtées. L’arrivée du chaos a quelque peu essoufflé mon intérêt. Le roman m’a paru long sur la fin. L’embourbement général, les difficultés d’existence qui s’accumulent pour tous les personnages, le délabrement inéluctable qui ronge chaque vie et tous ces sentiments forts, beaux, enthousiasmants qui n’ont finalement que peu d’incidences sur les réalités et le grand chambardement politique, m’ont mis le moral à zéro – l’histoire se répète.

[…] et, en haine du milieu factice où il avait tant souffert, il souhaita la fraîcheur de l’herbe […] (612)

Causse Noir - Roquesaltes

Causse Noir – Roquesaltes

Causse Noir - Roquesaltes

Causse Noir – Roquesaltes

Causse Noir - Circaète

Causse Noir – Circaète

 

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John Grisham, Le cas Fitzerald, lu par François Tavares

Te papa Tongarewa, Museum of New Zealand, Wellington GH023143 - John Grisham, Le cas Fitzerald, lu par François Tavares

Te papa Tongarewa, Museum of New Zealand, Wellington GH023143

John Grisham a mis tellement de littérature dans le thème de son intrigue qu’elle ne pouvait que faire vibrer mon champ émotionnel. Addictif par son atmosphère, ce livre audio s’écoute tout seul. Le suspens n’est pas formidable, mais les personnages sont assez hauts en couleur pour qu’on s’amuse. L’alternance entre des séquences rapides aux moments du cambriolage et de la transaction finale, et un rythme langoureux sur l’île de Camino, reste en harmonie avec le lectorat visé, qui n’est pas forcément féru d’histoires de gangsters. En amoureuse des livres et des librairies, j’ai déniché dans cette écoute tous les ingrédients nécessaires à un cinéma intérieur vibrant et riche d’images.

 

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Un bon sol pour mon jardin – Brunhilde Bross-Burkhardt

Causse du Larzac, canalettes - Un bon sol pour mon jardin - Brunhilde Bross-Burkhardt

Causse du Larzac, canalettes

Le poids des excréments de lombrics a été mesuré en divers sites d’exploitation. Pour la terre de jardins, il s’élevait à 100 quintaux par hectare et par an. (63)

Contrairement à son sujet, le ton est aride, comme un cours de fac, les photos sont prises au naturel. Il n’y a ici aucune tentative de séduction excessive et colorée comme dans de nombreux livres consacrés au jardinage. La plupart des chapitres sont fouillés, les informations sont précises et chiffrées. Texture, structure et organismes du sol sont particulièrement bien décrits. Les chapitres sur le paillage et les engrais verts sont riches et solides. C’est la première fois que je vois un auteur émettre des réticences à propos de la paille utilisée comme couverture du sol autour des légumes. Comme souvent, je regrette que mes chères amies les limaces ne soit considérées que comme des nuisibles et des ravageuses à éliminer. Leur contribution positive à l’écosystème du potager est pourtant bel et bien avérée. J’ai déjà parcouru plusieurs ouvrages sur le sujet alors je n’ai plus l’enthousiasme de la découverte. Il me semble qu’il offre un bon compromis entre Révolution au potager de Guylaine Goulfier – chaleureux, vivant, entraînant – et Les clés d’un sol vivant de Blaise Leclerc – sec et militant. Me manque toujours un chapitre visuel et précis sur l’enracinement des légumes et fleurs – profondeur, horizontalité ou verticalité, compatibilités. J’aimerai voir la vie des plantes du potager par en-dessous. Et la vie des maladies dans le sol par la même occasion. Au vu du titre, je m’attendais à une vue plus plongeante, on reste finalement beaucoup à la surface.

Causse du Larzac

Causse du Larzac

Causse du Larzac - Canalettes

Causse du Larzac – Canalettes

Causse du Larzac - Canalettes

Causse du Larzac – Canalettes

Causse du Larzac - Canalettes

Causse du Larzac – Canalettes

 

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Les arbres amoureux – Stéphane Hette, Frédéric Hendoux

Causse Noir, Roquesaltes - Les arbres amoureux, Stéphane Hette, Frédéric Hendoux

Causse Noir, Roquesaltes

Avec ses pétales saumonés soudés en deux lèvres ouvertes sur le long tube de la corolle, son parfum suave et sa floraison estivale, le chèvrefeuille des bois ne laisse guère planer de doute sur son mode de pollinisation : les insectes. Mais ce dandy des bois ne reçoit pas n’importe quelle gent ailés. Il réserve son cru à qui montrera une trompe digne de ce nom, suffisamment longue pour accéder au nectar caché au fond du tube profond et étroit. (131)

Cela ne saute pas aux yeux de prime abord, mais cet album est porté par un souffle érotique espiègle et pénétrant. Pistils et étamines dressés dans l’attente d’une fécondation, stigmates écarlates du noisetier aussi sensuels que la pieuvre de Hokusai, chatons suintant une petite goutte visqueuse trahissant la maturité de l’ovule et nous voilà dans tous nos états, l’esprit et le corps bouleversés d’émois. Les photos sont suggestives à souhait avec leurs couleurs éclatantes et leurs détails intimes. Les textes prennent la liberté de nous affoler délicatement les sens – tout en restant sobrement sérieux et concentrés sur leur sujet.

N’est-il pas étonnant qu’un organisme mobile et doté d’un cerveau soit ainsi manipulé par un autre organisme, immobile et dépourvu de méninges ? (10)

Avec la sève qui déboule de toutes parts en ce mois de mars, c’est une lecture qui donne envie de se rouler dans le pollen, de se couvrir de pétales, de se laisser embobiner  par les organismes dépourvus de cerveau, de faire l’amour avec le printemps.

Causse Noir - Roquesaltes

Causse Noir – Roquesaltes

Roquesaltes - Grand corbeau

Roquesaltes – Grand corbeau

Roquesaltes - Anémone pulsatille

Roquesaltes – Anémone pulsatille

 

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