Paula Hawkins, Au fond de l’eau, lu par Julien Chatelet, Marie-Eve Dufresne, Clémentine Domptail, Ingrid Donnadieu, Lola Naymark

The New York Public Library 5167465 - Paula Hawkins, Au fond de l'eau

The New York Public Library 5167465

Le test ultime pour évaluer la qualité d’un livre audio : l’emmener en temps de grève SNCF, quand il faut s’entasser dans des bus à l’existence incertaine,surchauffés, où des dizaines et des dizaines de voyageurs sur les dents se disputent les places et une oxygène devenue précieuse, laissant les plus faibles – personnes âgées, malades, diminuées, jeunes enfants, touristes dépassés par la situation -, sur le carreau. Ici je réponds test validé. Les asphyxies romanesques et pulmonaires entrent en résonance. Comme La fille du train, on dirait que ce texte a été intentionnellement écrit  pour être adapté en livrodio. Une dynamique de voix, un kaléidoscope d’existences sensibles. De même qu’un comédien peut porter tout un film sur ses épaules, les interprètes donnent vie à ce thriller. Chacun à travers le filtre de sa réalité. Une ambiance s’élève comme une brume de cette rivière qui est le véritable pivot de l’histoire. Les êtres humains en deviennent presque annexes.

 

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Pierre Jourde, Le Tibet sans peine

Massif de l'Aigoual, lac des Pises - Pierre Jourde, Le Tibet sans peine

Massif de l’Aigoual, lac des Pises

Difficile d’adopter la posture du héros quand le mouvement qui pourrait conduite à la mort est aussi celui de l’auguste titubant dans ses chaussures trop grandes. (72)

Pierre Jourde démarre sa mobylette en pétaradant avant de trouver un rythme de croisière. Au début, je suis tombée sur beaucoup de phrases que je ne savais pas par quel bout prendre, je n’entrais pas dans le livre. J’avais l’impression que l’auteur me bombardait d’images et de situations sur un mode à la fois mental, très écrit et potache. Puis la grâce a pointé sa lumière au bord de certaines routes. Plus qu’un récit de voyage, c’est un acte littéraire. Pierre Jourde tente de tirer la réalité de ce qu’il a vécu dans toutes ses contradictions. Les situations extrêmes côtoient les préoccupations triviales. La grande précarité trace son chemin dans un environnement qui ne semble pas fait pour les humains. On ne comprend pas comment tous ces gens peuvent survivre en savate dans la neige en ne se nourrissant que de peanut butter. Inconscience inspirée, clownerie salvatrice, ivresse de l’aridité, c’est une étrange empoignade avec l’existence réduite à l’essentiel et mue par des dynamismes dérisoires, mais entêtés, que ce livre.

La familiarité ajoute encore à l’émotion peut-être, comme lorsque nous sentons que se donne à nous quelque chose qui garde cependant intacte toute sa sauvagerie. Comme l’intimité avec une panthère. (107)

Massif de l'Aigoual

Massif de l’Aigoual

Massif de l'Aigoual - Mare des Pises

Massif de l’Aigoual – Mare des Pises

Mare des Pises - Agrion

Mare des Pises – Agrion

Massif de l'Aigoual - Lac des Pises

Massif de l’Aigoual – Lac des Pises

 

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Philippe Claudel, Inhumaines

Philippe Claudel, Inhumaines

Phrases courtes, personnages vides et impersonnels, saynètes sans substance. La surface de nos comportements sociaux lessivés de leurs fondements fraternels est lisse et glaçante comme une patinoire. On glisse, on dérape. La pulsion est reine, mais toujours justifiée par une bien-pensance caméléon. Un consensus moral et culturel est toujours possible au sein des actes les plus sanglants. Pourvu qu’on respecte les codes établis et tacitement acceptés du moule sociétal… Philippe Claudel trace de sa plume un American psycho à la française où Dieu est à vendre. Le roi sans divertissement, l’humain qui sombre dans l’ennui, se cherche des sensations fortes. J’aime quand ça dérape complètement, quand l’auteur saute à pieds joints dans la fourmilière. Les passages vraiment méchants et certaines phrases en épingle à cheveux sont jouissifs. Mais l’arrière-goût est amer et en-dehors d’un shoot d’irrévérence par-ci, par-là, le livre nous laisse sur une béance. Comme un apéro de cacahuètes qui ne serait pas suivi d’un repas.

 

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Hervé Bazin, Cri de la chouette

Navacelles, la Vis - Hervé Bazin, Cri de la chouette

Navacelles, la Vis

Avec ses yeux cuits persillés de cils ras, son gros foie d’oie balancé sur des pieds plats, sa voix cacardée du fond de la gorge, Mme Caroux manquait d’allure et le savait. (47)

J’ai retrouvé avec une gourmandise enjouée la gouaille irrespectueuse de Vipère au poing. On sent le rire derrière le stylo, la jubilation de la phrase mordante. Hervé Bazin y va de bon cœur, ressuscite Folcoche dans la pure tradition de l’utérus héroïque. Les scènes de rituels collectifs – enterrements, visites chez le notaire – pétillent d’outrance, de sans-gêne et d’humour. Sur la longueur, le roman est marqué par son époque, les nouvelles conceptions en matière d’éducation sont appuyées, mais on cela ne suscite qu’un léger ralentissement dont on peut s’accommoder sans peine.

Raide en lucidité, Hervé Bazin fouisse l’absurdité des comportements comme leur versant humaniste. Le grotesque de nos existences, où nous sommes empêtrés de nous-mêmes autant que des autres, contraints d’être là par la naissance, n’empêche pas la fraternité entre habitants du même pétrin. Avec la conclusion de sa trilogie, et sans qu’on s’y attende, il atteint avec finesse l’essence de cette étrange partenariat qu’est la relation mère-enfant.

Nous ne nous sommes pas aimés, ma mère, mais j’étais là pour votre dernier soupir, comme vous le fûtes pour mon premier. (263)

La Vis - Demoiselle

La Vis – Demoiselle

La Vis - Demoiselles

La Vis – Demoiselles

Cirque de Navacelles - La Vis

Cirque de Navacelles – La Vis

Cirque de Navacelles - La Vis

Cirque de Navacelles – La Vis

La Vis - Chabot

La Vis – Chabot

 

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Annie Duperey, Les chats de hasard, lu par l’auteur

The Metropolitan Museum of Art, New York 1986.267.52 - Annie Duperey, Les chats de hasard, lu par l'auteur

The Metropolitan Museum of Art, New York 1986.267.52

J’en veux à Annie Duperey d’avoir réussi à me faire pleurer. Petite déjà, me faire manipuler par un film ou un livre au point de verser des larmes m’agaçais et me vexais. Mon premier souvenir très net à ce sujet, c’est E.T. J’avais 8 ans. J’étais très en colère en sortant de la salle. Les séparations déchirantes sont le talon d’Achille de ma sensibilité fictionnelle. La mort des chats m’a donc remuée. Annie Duperey est une excellente conteuse, sa voix fluide et naturelle entoure les épaules, prend dans ses bras le corps de l’auditeur. Elle vient caresser les centres émotionnels, mais sans surcharger. Sa délicatesse à notre égard lui interdit de verser dans l’excès d’épanchement autant que dans une séduction outrée. De jolis moments, des réflexions qui font mouche, sur ces grâces de l’existence qu’apportent les rares et véritables chats de hasard (j’en ai un au potager).

 

 

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Patti Smith, M Train

Peyreleau, la Jonte - Patti Smith, M Train

Peyreleau, la Jonte

Il y a certains livres que j’ai adorés et dans lesquels j’ai vécu, et pourtant je ne m’en souviens pas. (174)

C’est dans un univers singulier que nous invite à entrer Patti Smith. Une chambre aux murs constitués de livres, traversée par un chemin sinueux de petits cailloux, autour duquel sont soigneusement éparpillés manteaux, chapeaux de cow-boy, pots de peinture, polaroids. Les portes, oniriques, flottent dans l’espace. En enfant orpheline des beats disparus, elle se nourrit du sens secret que dégagent ses objets, vagabonde d’images mentales de lectures en ruminations, associe le rêve à la créativité. On est très loin d’une posture artificielle. Patti Smith se nourrit de poésie, ses mouvements sont portés par la plume des écrivains qu’elle affectionne, sa respiration se fait au rythme des mots. J’ai rarement rencontré une telle harmonie où vie ordinaire et extraordinaire sont mêlées sans que l’une ne gêne l’autre. Son contact avec le fictionnel augmente sa réalité, lui permet d’échapper à la tyrannie du prétendu temps, fermente et mature en tout lieu et à toute heure. La réinvention d’elle-même qu’elle offre à travers ce livre, à la fois authentique et follement littéraire, est un beau cadeau.

Il existe deux sortes de chefs d’oeuvre. Il y a les œuvres classiques, monstrueuses et divines telles que Moby Dick, Les hauts de Hurlevent ou Frankenstein ou le Prométhée moderne. Puis il y a ces textes où l’auteur semble infuser une énergie vitale dans les mots tandis que le lecteur est secoué comme dans une machine à laver, essoré et suspendu pour le séchage. (103)

Peyreleau - La Jonte

Peyreleau – La Jonte

La Jonte - Demoiselle

La Jonte – Demoiselle

La Jonte - Demoiselles

La Jonte – Demoiselles

La Jonte - Demoiselle

La Jonte – Demoiselle

La Jonte - Demoiselle

La Jonte – Demoiselle

 

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Joseph Kessel, Fortune carrée

Joseph Kessel, Fortune carrée

Quand j’avais une dizaine d’années et que je me refusais à fréquenter le rayon enfant de la bibliothèque de Fontainebleau malgré les incitations appuyées des dames chargées de l’enregistrement, je me suis prise d’amour pour Joseph Kessel. Joseph Kessel, les loups et les sorcières, les trois pôles d’attraction du rayon adulte qui magnétisaient mes envies de lecture. Je me souviens avoir dévoré cette Fortune Carrée, sans vraiment bien saisir autre chose que le paysage et une fougueuse image de liberté. Vaine tentative pour le relire aujourd’hui. Un trop-plein de dithyrambes, les aventures guerrières et un Orient musulman mystérieux incitant à la fascination, ont vite épuisé ma bonne volonté. Il vaut mieux laisser voguer la couverture de ce livre sur la mare un peu trouble de mes fantasmes enfantins et ne plus l’ouvrir.

 

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Léon Tolstoï, La Guerre et la Paix, lu par Éric Herson-Macarel

The Metropolitan Museum of Art, New York 1984.1203.9 - Léon Tolstoï, La guerre et la paix, lu par Éric Herson-Macarel

The Metropolitan Museum of Art, New York 1984.1203.9

Ce n’est finalement pas si fastidieux. Quelques notes prises sur les protagonistes pour se les caler dans l’esprit et c’est parti. L’interprétation d’Eric Herson-Macarel coule comme une source. Il nous offre de beaux personnages, vivants, vibrants, riches de toutes leurs nuances. Ils évoluent, prennent des décisions, se trompent, s’emballent. Toute la force romanesque tient dans cette liberté que Léon Tolstoï leur délègue. Lui se préoccupe de théories sur l’histoire, de démontrer que les grands hommes ne sont rien par eux-mêmes. À charge pour Natacha, Nicolas ou la princesse Marie de développer leur existence propre et de distraire le lecteur. À partir de la prise de Moscou, j’ai trouvé que la construction était moins soignée, le suivi des existences plus aléatoire, moins naturel, plus contraint. On s’enfonce dans la boue de la guerre et le chaos. Bien sûr j’ai écouté les passages théoriques d’une seule oreille et bazardé toute la fin, surtout parce que Léon Tolstoï se répète beaucoup. Mais c’est une lourdeur qui passe en souterrain. La lumière de Pierre, quêteur spirituel maladroit et empêtré de lui-même, continue de nous interroger sur l’énigme de la vie une fois le livre achevé.

 

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Patricia Reznikov, La transcendante

Parc naturel du Haut-Languedoc, lac de Vésoles - Patricia Reznikov, La transcendante

Parc naturel du Haut-Languedoc, lac de Vésoles

Dites franchement que ce je raconte n’a aucune originalité ! (71)

Et bien si vous me tendez la perche, si vous m’incitez à vous répondre,… vous m’ôtez les mots du stylo…

Transcender est un verbe que j’affectionne et que j’utilise avec respect et gourmandise spirituelle. D’où un coup au cœur immédiat devant le titre de ce livre. Je m’en suis fait tout une imagination, le nom à consonance russe de l’auteur m’ayant transportée dans l’attente d’un récit puissant et dur, porté par un questionnement existentiel venant des tripes…

Je compris alors que la vie était courte. Tragique. Précieuse. (199)

Et voilà tout ce que j’ai reçu en échange. Dès le deuxième paragraphe de la page 9, j’ai senti que quelque chose clochait. Le style était plat, le propos banal, nourri de lieux communs. Tout se déroulait trop vite, comme s’il fallait absolument aller de l’avant dans le récit, ne pas laisser de temps morts s’installer. C’est pourtant un bon ingrédient, la mort, quand on prétend s’intéresser à l’existence. Patricia Reznikov, ceci dit, ne lésine pas sur les ingrédients fictifs – ceux qu’on affiche sur les pots de yaourts mais qui en fait ne sont que des arômes chimiques. A croire qu’un ordinateur lui a sorti une liste de mots à placer de manière à créer un état de réceptivité dans le cerveau du lecteur : Montparnasse, pancakes, muffins, chat. Sans compter le coup du schizophrène. Puis celui de l’amérindien. Pour ce qui concerne la littérature, sujet principal de la recherche à temps perdu de l’héroïne, on assiste à un étalage permanent de culture prémâchée, prédigérée par la salive de l’auteur, puis déglutie dans le bec des oisillons-lecteurs. Un pourcentage très conséquent de dialogues assurant le rendement et le remplissage des pages. C’est le cas typique d’un roman qui utilise un vrai sujet pour masquer son indigence et sa paresse : un bon gros déballage de transcendalistes, rien de tel pour aveugler un lecteur pas trop regardant.

– Vous savez, me dit-il, que chez certains peuples, les corbeaux sont les gardiens des âmes. (…)
– Ça ne m’étonne pas. Ils ont l’air tout pénétrés de leur mission. Et ils n’ont pas le sens de l’humour. Mais il ne faut pas trop se moquer d’eux, car nous aurons un jour à rendre des comptes ! (271)

M’étonnerait pas que les petites farces et autres crasses en douce aient déjà commencé… Savez-vous seulement ce qu’est un trickster dans les cultures amérindiennes ? Il aurait mieux valu se renseigner avant de véhiculer ce genre de bêtises désobligeantes sur le compte de Corbeau…

Lac de Vesoles - Sympetrum rouge sang

Lac de Vesoles – Sympetrum rouge sang

Lac de Vesoles - Agrion

Lac de Vesoles – Agrion

Lac de Vesoles - Agrion

Lac de Vesoles – Agrion

 

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Pierre Jourde, La littérature sans estomac

Parc régional du Haut-Languedoc, lac de Vesoles - Pierre Jourde, La littérature sans estomac

Parc régional du Haut-Languedoc, lac de Vesoles

Il s’agit de se demander si la littérature est une image de la littérature ou un acte littéraire. (205)

Publier une critique franchement négative à propos d’un livre demande une certaine audace. Il n’y a qu’à voir sur Babelio, où l’on se trouve rarement face à de belles envolées mordantes. Les notations minuscules ne manquent certes pas. Mais les écrits qui les portent sont souvent timides, prudents, font valoir que ce n’est que leur vision personnelle, voire s’excusent. S’excuser de ne pas avoir aimé un livre ?! Pourquoi devrait-on ménager auteurs et maisons d’éditions, leur octroyer un statut supérieur ? Vive la critique à égalité d’esprit, libre, épanouie et créative pourvue qu’elle soit étayée ! Pierre Jourde y excelle. C’est un vrai bonheur de se plonger dans sa prose enlevée, impertinente, souvent drôle, lexicalement riche, parsemée de formules pimpantes qu’on aimerait lui piquer. Même quand il descend en flammèches des auteurs que j’apprécie, je fonds de plaisir. Je dirais même que je fonds doublement de plaisir car l’expérience sensorielle est d’autant plus forte que son point de vue se démarque et entre en collision avec le mien.

Pourquoi donc le fait de signaler les œuvres de qualité empêcherait-il de désigner clairement les mauvaises ? Jamais les librairies n’ont été si encombrées d’une masse toujours mouvante de fiction. Il faut donner des raisons de choisir. Ce devoir est devenu d’autant plus impératif que les produits sont frelatés. Des lecteurs de bonne foi lisent ces textes et se convainquent que la « vraie littérature » est celle-là. Or une chose écrite n’est pas bonne à lire par le seul fait qu’elle est écrite, comme tendraient à le faire croire les actuels réflexes protecteurs du livre. Tout texte modifie le monde. Cela diffuse des mots, des représentations. Cela, si peut que ce soit, nous change. Des textes factices, des phrases sans probité, des romans stupides ne restent pas enfermés dans leur cadre de papier. Ils infectent la réalité. Cela appelle un antidote verbal. (25)

En plus de nous régaler de ses habiletés littéraires, il met des mots sur la confusion entretenue par la plupart des maisons d’édition et des médias culturels autour de notre perception de la littérature, sur cette évolution de la littérature pour amateurs éclairés vers le créneau vendeur. Il nomme, définit – le roman décoratif, petit récit […] mettant en scène un petit personnage sans identité trop définie […], le tout rapporté dans un langage pas trop compliqué, les romancules qui ne s’engagent pas et qui n’engagent à rien, la littérature microcosmopolite qui nous envoie des cartes postales touristiques du potager du coin. Qu’est-ce qu’une littérature exigeante, de qualité ? Comment ne pas se faire avoir par les coups éditoriaux ? L’essence de la réponse tient tout entière dans notre attente. Distraction ? Questionnement existentiel ? Modification des perceptions ? Aller vers de l’inattendu pour bousculer son train-train ou ronronner sur un canapé ? Se faire croire à soi-même qu’on est dans le vent intellectuel, conforter son identité ? Le champ de possibilités est vaste pour inventer notre relation aux livres. Il ne tient qu’à chacun de faire de la lecture une école de lucidité et de la critique une pratique d’intégrité, citoyens culturels aux consciences éveillés et actives.

Pour Proust, la plus grande intensité de réel – le réel retrouvé – se tient au bout de l’extrême littérature. Car, pour ce qui est du réel, dans la vie, la plupart du temps, nous n’y sommes pas. Nous vivons de rêves. Ecrire consiste à rêver avec une intensité telle que nous parvenions à arracher au monde un morceau. (34)

Paradoxalement, les critiques positives de Pierre Jourde m’ennuient terriblement. Et ce d’autant plus quand elles concernent un auteur dont j’aime beaucoup le travail : Eric Chevillard, dont voilà un aphorisme tout en écho au propos :

Souvent je me demande si je ne perds pas mon temps à défendre de bons livres alors qu’il y en a tant de mauvais à pourfendre.
Éric Chevillard 3051

Lac de Vesoles - Agrion

Lac de Vesoles – Agrion

Lac de Vesoles - Sympetrum rouge sang

Lac de Vesoles – Sympetrum rouge sang

Lac de Vesoles - Sympetrum rouge sang

Lac de Vesoles – Sympetrum rouge sang

Lac de Vesoles - Sympetrum rouge sang

Lac de Vesoles – Sympetrum rouge sang

 

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