Daniel Pennac, Le cas Malaussène, lu par l’auteur

The Art Institute of Chicago 2001.463 - Daniel Pennac, Le cas Malaussène, lu par l'auteur

The Art Institute of Chicago 2001.463

Les critiques du Masque et la Plume n’ont pas apprécié ce texte… ils auraient eu meilleur parti de se le mettre entre les oreilles. Je conçois que sous format livre, il ne doive pas instiller beaucoup de charme. Mais par contre, interprété par Daniel Pennac, il s’incarne sensuellement et déploie sa réelle dimension. Pour la communauté de ses lecteurs déjà épris de ses écrits du moins. Car ce sont à des retrouvailles tendres que Daniel Pennac nous invite. Par ses apartés inclus dans le récit d’un ton complice, il nous reconnaît comme membres de la vaste famille Malaussène. Il nous dit : Vous connaissez tout le monde, vous êtes ici chez vous; et puis aussi : N’ayez pas peur, les histoires perdurent sous le délitement apparent et sont le compost de la culture qui nous rassemble; ou encore : Le chaos ambiant n’aura pas la peau de notre sensibilité. Plus qu’un roman un peu décevant par sa brièveté inachevée, ce texte est une mise en abîme fraternelle, une lettre d’amour postée en urgence, une affirmation du pouvoir humaniste de la littérature quand tout le reste se débine devant nos coeurs qui brésillent et nos yeux pleins de larmes.

 

Publié dans Explorations littéraires | Laisser un commentaire

Stefan Spjut, La chasseuse de trolls

Saint-Affrique - Stefan Spjut, La chasseuse de trolls

Saint-Affrique

La narration est lente, neigeuse, froide, assez désincarnée. Les mots floconnent, on est un peu aveuglé par leur danse lente devant nos yeux; des formes indécises se dessinent dans la forêt et on avance vers elles à l’aveuglette. Il n’y a pas vraiment de chemin, seulement des sentes tracées par les bêtes. C’est une lecture semblable à une légère hallucination. Assez glauque. Je me suis dit que le parcours allait sans doute aboutir quelque part, dans une clairière, un cimetière ou une ancienne galerie de mine, mais que l’effort et le temps passé ne valaient pas la chandelle qui éclaireraient – peut-être – l’histoire. Avant de me retrouver tout à fait engourdie ou de perdre tout sentiment de réalité corporelle, j’ai abandonné.

 

 

Publié dans Explorations littéraires | Laisser un commentaire

Peter S. Beagle, Le rhinocéros qui citait Nietzsche

Saint-Affrique - Peter S. Beagle, Le rhinocéros qui citait Nietzsche

Saint-Affrique

La première nouvelle m’a beaucoup touchée. Ce rhinocéros qui vient guérir la solitude d’un professeur de philosophie – ami imaginaire, matérialisation d’un monde parallèle ou intrication quantique ? Peu importe – et l’accompagne fraternellement jusqu’à sa libération de l’existence ordinaire est entré en échos avec mes propres subterfuges mentaux. Un érudit rhinocerotidae comme incarnation de l’inspiration intérieure – si improbable et si encombrant que personne ne le voit ? Pourquoi pas ! Le reste du livre ne m’a pas semblé présenter un réel intérêt…

 

 

 

Publié dans Explorations littéraires | Laisser un commentaire

Litt Woon Long, La femme et les champignons

Causse Noir, roc de la spirale

Causse Noir, roc de la spirale

L’aspect prometteur de la chatoyante couverture, du papier aguicheur et des photos se dévoilant çà et là au fil des pages d’écriture n’est qu’une parure. Je n’ai pas découvert, une fois ouvert ce beau coffret, le trésor escompté. Le style est pauvre, façon magazine féminin, trop familier à mon goût. Je n’aime pas qu’on m’embrasse d’emblée dans une étreinte musclée comme si on était des copines de toujours alors qu’on vient à peine de se rencontrer. Le vocabulaire glisse volontiers vers un monde intérieur enchanté, les sensations positives [qui] explosent dans l’esprit et l’âme, une ivresse de plaisir. Bof. Mes relations personnelles avec les champignons, bien que soutenues et constitutives de mon existence, n’ont jamais atteint de tels sommets d’euphorie mystique. J’ai donc survolé assez rapidement l’ouvrage à la recherche d’informations, de réussites en une phrase.

Les amateurs de tous les pays ont beau s’accorder sur les champignons véritablement mortels, beaucoup d’espèces sont apparemment dans une zone grise. Contrairement à ma conviction de novice, il n’est pas si simple de décider si un champignon est vénéneux ou non. (140)

Quelques passages ne manquent pas d’intérêt, comme celui qui concerne la classification des champignons selon les pays – jetés par les experts ici ou vendus en libre service dans les supermarchés un peu plus loin. Le milieu des mycologues éclairés, tout de frime et de jeu avec les limites du toxique est amusant un instant. Le voyage au pays du psilo démythifie quelques idées reçues.

J’ai perdu mon mari, dis-je. La plupart des gens comprennent qu’il est mort. Mais pour moi, le mot « perdu » signifie aussi que je le cherche, je cherche des signes qu’il est toujours une part de la vie sur terre, de ma vie. (295)

À la mort d’Eiolf, j’ai aussi perdu l’accès à ce qu’il savait. (198)

Ça a été une idée étrange pour moi qui avais eu Eiolf comme témoin pendant toute ma vie adulte. En tant que tel, il était celui à qui je n’avais pas besoin d’expliquer les choses, des choses qui n’avaient de sens que pour nous, sans valeur pour les les autres. Quand on perd le témoin de sa vie, on perd aussi une partie de soi-même. (102)

Le voyage au cœur du deuil fait luire quelques flammes d’une grande justesse, qui ont ému ma conscience aiguë d’une possible disparition du compagnon intime de ma vie.

Causse Noir

Causse Noir

Causse Noir

Causse Noir

Causse Noir - Chanterelle en tube

Causse Noir – Chanterelle en tube

 

Le système immunitaire est affaibli durant le deuil, c’est un fait acquis. Nous souffrions toutes de singes intérieurs qui bondissaient à droite, à gauche, en semant des idées dérangeantes dans nos têtes (ce qu’on appelle monkey mind). (99)

La « connaissance silencieuse » est un savoir que son détenteur utilise sans y penser. Le langage en est un bon exemple. Ceux qui parlent couramment une langue peuvent se prévaloir de détenir une connaissance silencieuse de cette langue. (…) La connaissance silencieuse est un savoir qui a été « intégré », qu’on porte en soi. (197)

 

Publié dans Explorations littéraires | Laisser un commentaire

Johann Wolfgang von Goethe, Les affinités électives

Causse du Larzac, roc du Mérigou

Un professeur de littérature allemande de l’École Normale Supérieure, chez qui je travaillais à l’époque, m’a offert ce livre dans les années 90. Il m’en était resté un bon souvenir…

Rien n’est plus grave, en toute conjoncture, que l’intervention d’un tiers. J’ai vu des amis, des frères, des amants, des époux, dont les rapports ont été modifiés du tout au tout, par l’entrée en scène fortuite ou volontaire d’un intrus. (30)

Il se trouve aujourd’hui que ce même type de situation m’a happée dans ses filets. Voilà que je me retrouve aux prises avec une intruse en mon domicile, témoin incongru et permanent qui déséquilibre involontairement toutes les balances. Et ce d’autant plus je suis loin de vivre dans un château comme Charlotte et Edouard… Tenter de me lier à nouveau avec ces affinités électives ne m’a apporté aucune mélodie intérieure pour retrouver une harmonie. Pour tout dire, ces aristocrates qui s’appliquent à mettre le monde en forme – paysans compris – m’ont profondément ennuyée. J’ai très vite renoncé à ces retrouvailles.

Causse du Larzac - roc du Mérigou

Causse du Larzac – roc du Mérigou

Causse du Larzac - roc du Mérigou

Causse du Larzac – roc du Mérigou

Causse du Larzac - roc du Mérigou

Causse du Larzac – roc du Mérigou

 

Publié dans Explorations littéraires | Laisser un commentaire

Ron Querry, Des mocassins brodés de perles bleues

Causse du Larzac, roc du Mérigou

Je me suis efforcé d’écrire un roman qui soit accessible, intéressant, et surtout véridique. (339)

Et c’est effectivement un roman accessible, intéressant et véridique. Ces mocassins incarnent à l’aune près les intentions de leur auteur, ce qui témoigne d’un coeur sincère et impliqué mais en fait aussi sa faiblesse. Gracie et Starr sont tour à tour porteuses de parole, l’une faisant résonner le tambour de l’intérieur du cercle de la réserve, l’autre gambillant, assise sur le muret qui délimite les deux territoires et observant les amérindiens à travers les jumelles de son envie. Je ne suis pas la lectrice idéale pour entrer à mon tour dans la ronde. J’ai ce point en commun avec Starr d’avoir trop cahoté avec mon bibliobus sur les chemins de terre semés d’ornières de Tony Hillerman, trop fréquenté les yeis en feuilletant de multiples livres, pour être surprise et donc vraiment intéressée. J’ai aimé frôler la vie actuelle des apaches, des pueblos et des navajos mais l’écriture est si linéaire que l’expérience reste limitée. Elle se déroule en pleine lumière sur un seul niveau de lecture, il n’y a aucune dimension secrète, existentielle ou poétique, aucun travail de lecteur à faire, tout est donné sur un plateau. Pour un livre sur la sorcellerie, il manque singulièrement d’ombres et de strates.

Causse du Larzac

Causse du Larzac – Roc du Mérigou

Causse du Larzac – Roc du Mérigou

 

Publié dans Explorations littéraires | Laisser un commentaire

Mariusz Wilk, La maison du vagabond

Causse Noir, champignon préhistorique

Le retour à soi – c’est le retour à ses propres pensées pour laisser derrière soi le monde du tumulte médiatique. Le retour au calme où non seulement on voit le Réel mais où on l’entend aussi. Au silence. Le retour à soi, c’est le retour du vagabond chez lui. (20)

Au début, j’ai eu peur. La plume de Mariusz Wilk part dans des considérations sur l’espace et le temps assez pointues dans les premières pages du livre, je ne me sentais pas assez intrépide pour pénétrer un nuage de philosophie développé. Par bonheur et assez rapidement, l’écrivain n’hésite pas à se départir de ses réflexions poussées pour aller planter des patates. Et dans la taïga, les moustiques vrombissent parfois si fort qu’ils prennent la place des pensées. Ce qui insuffle à ses écrits une tout autre dimension. Plus que la conceptualisation intellectuelle, c’est la contemplation qui miroite au fond du coeur du vagabond.

Certes, écrivait-il, il fallait bien rentrer un jour ou l’autre, impossible de repousser sans cesse la date de la fin du congé […] Mais trois jours étaient passés et il s’était soudain aperçu qu’il lui manquait quelque chose, qu’il ressentait comme une perte douloureuse que rien ne pouvait combler à Moscou – l’Outre-Miroir. Non, ce n’était pas seulement l’eau, les cieux, les pierres et les reflets. Mais un monde dans lequel le « Moi » ne prend pas uniquement la forme d’une pensée… Là-bas, dans l’Outre-Miroir, il dépasse de loin la pensée, alliant en lui la lumière, les couleurs, les odeurs, le jeu de la réalité et ses transformations constantes que l’on perçoit avec ses six antennes (c’est-à-dire à la façon bouddhiste : avec le toucher, l’odorat, la vue, le goût, l’ouïe et seulement à la toute fin avec l’esprit), mais aussi avec le corps entier, dans la lassitude des muscles, les élancements dans les os, avec la peau, la rate et le coeur. (143)

Mariusz Wilk s’implique de tout son corps et de tout son esprit, se fond et se dissipe dans la gloubinka, la Russie profonde, à la manière de Nicolas Vanier. Par ce processus de dépouillement et d’écoute il tente de saisir l’essence de l’instant, en pleine conscience, et de léguer cet espace spirituel à sa fille. Un espace hors du temps, frémissant d’une expérience transmise, qu’elle pourra rappeler en elle au besoin pour ne pas oublier que la liberté et la beauté authentiques sont possibles, même au sein d’une existence rude, et que les marchands de mirages sont nombreux.

D’ailleurs, lors de mon séjour sur la péninsule de Kola, j’avais déjà remarqué qu’année après année, les Saamis reprenaient soi-disant le même chemin pour le pâturage des rennes; or, en réalité, ils revenaient dans des endroits qui avaient beaucoup changé en une année… […] il suffit de retourner de temps en temps dans les mêmes lieux pour s’élever de plus en plus haut […] Car dans l’espace-temps (si on nomadise à travers les anciens endroits), nous nous déplaçons sur le fil d’une spirale et non en décrivant un cercle. C’est pour cela que je préfère revisiter les endroits connus plutôt que d’aller de nouveauté en nouveauté, en accord avec le temps linéaire. (25)

Quand on revient, année après année, vers les mêmes lieux, on s’élève. Je crois que c’est – au-delà de mon affinité profonde avec le mode d’être, immobile mais toujours vibrant et dansant dans l’immensité, exprimé par l’auteur – le passage qui m’aura le plus marquée dans le livre. Je n’avais jamais envisagé les choses sous cet angle… la ligne, le cercle, oui, mais la spirale qui ne s’enroule pas vers un centre mais s’élève… en voilà une trouvaille ! Cette image me porte à repenser certains symbolismes vus sur des photos d’art rupestre, des peintures autochtones. Elle m’offre une profonde mise en valeur de mon cycle saisonnier et y apporte une touche de finesse spirituelle en plus. Ce qui m’évitera peut-être de n’être, comme le définit Mariusz Wilk, qu’un quidam littéraire qui passe, se distrait un instant à l’aune de son narcissisme et oublie. Je reviendrai volontiers vers ce livre au gré d’un virage de ma spirale.

Causse Noir – La spirale des vautours fauves

Causse Noir – La spirale des vautours fauves

Causse Noir – Le buis qui se prend pour un chêne vert

 

L’écrivain français Georges Perec disait que vivre, c’est passer constamment d’un espace à un autre en essayant le plus possible de ne pas se cogner. (237)

 

Publié dans Explorations littéraires | Laisser un commentaire

Serge Brussolo, La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond

Causse du Larzac, roc du Mérigou

Mourir dans le métro prise en étau par une foule paniquée, l’esprit imprégné de la terreur générale, sans pouvoir me retourner sur moi-même pour expérimenter la luminosité intérieure de la résorption, est une de mes grandes peurs fantasmées. Autant dire que la quatrième de couverture de ce roman m’a tout de suite accrochée ! Histoire de regarder les choses en face… Le style de Serge Brussolo m’a tout d’abord décontenancée. Plus pataud dans la construction et plus caricatural dans la peinture des personnages que ce dont j’avais l’habitude. Une légère incursion dans sa bibliographie m’a fait comprendre que ces sirènes dataient de 1984 alors que tout ce que j’avait lu précédemment était né dans les années 2000. J’ai quand même fini par le dévorer. Les cerveaux-limaces ont bavouillé leur mucus jusque dans les moindres interstices de mon cortex préfrontal (un très intéressant article sur la lecture et le cerveau par ici : http://www.envoludia.org/entraide/effets-de-lecture-cerveau/ ) L’ambiance est tellement noire et Serge Brussolo tellement habile à manipuler ses histoires qu’on a vraiment aucune idée de ce qu’il va faire de nous. Hormis aggraver notre brussolite carabinée (affection qui m’a été fort à propos diagnostiquée par Cardabelle de Babelio il y a peu).

Causse du Larzac – Roc du Mérigou

Causse du Larzac – Roc du Mérigou

 

Publié dans Explorations littéraires | Laisser un commentaire

Dana Stabenow, Trafics en plein ciel

Cirque de Tournemire

Certes, dans la campagne alaskienne, l’hiver était une saison propice aux affabulations les plus extravagantes et aux rixes sanglantes initiées pour des broutilles. (…) Qu’attendre d’autre d’une communauté plongée des mois dans une obscurité glaciale ? (98)

C’est toujours l’hiver… Le même hiver que dans le tome précédent… Dana Stabenow joue une partition bien rodée entre fraternité animale – Mutt -, sensualité suintante – Jim, Gabe, Liam -, et activité électrique – Kate. Les cartes addictives sont un peu trop rebattues, les péripéties un peu trop calibrées, les pots de peinture trop soigneusement placés. Je me suis ennuyée, j’ai survolé. L’avancée de l’enquête traîne en longueur, les no man’s land aéroportuaires et les interminables dialogues laissent une impression de vide. L’arrivée du téléphone portable à Niniltna reste ce qu’il y a de plus amusant à se mettre sous le croc.

 

Publié dans Explorations littéraires | Laisser un commentaire

Craig Davidson, Les bonnes âmes de Sarah Court

Ils avaient établi leur trajectoire. Une trajectoire vouée au désastre, certes, mais ils y étaient contraints par l’inertie. (44)

Ce roman est entré, de manière vaillamment impromptue et allègrement déconcertante, en résonance vibrante avec mes recherches actuelles – vécues en intériorité ou étudiées à travers les enseignements – dans les entrailles du bouddhisme. Craig Davidson excelle à mettre en scène la lourdeur de l’existence, l’errance perplexe de l’être sur le fil du néant, l’humain dans toute sa substance corporelle : sang, os, tendons, cerveau, muscles… Un humain qui malgré ses aspirations peine à naître à lui-même, à s’incarner dans la beauté de son esprit.

(…) quelque chose chez lui ne tournait pas rond et œuvrait contre toute protection qu’on pouvait lui offrir. (43)

L’angle de la lumière du soleil me permet de le voir à travers les parois de plastique bleu : un embryon à l’intérieur d’un œuf suspendu devant une flamme. (27)

Wesley, observant son fils Colin, trente-cinq ans, qui s’apprête à dévaler une cascade enfermé dans un baril, a la vision d’un embryon. Ce fils qu’il n’a jamais pu aider… Les cœurs sont remplis d’amour et d’impuissance, deux énergies intimement entrelacées. L’attachement peut se transformer en agent pathogène et les bonnes intentions mènent parfois en enfer. Dylan, lui, prend les devants sur la roue de la vie en passant d’incarnation en incarnation, de fumée noire à alpaga pour finir en vampire. Quand on lui montre comment prendre son pouls, il est déçu d’apprendre qu’il est vivant. Le voyage de la conscience, claire et connaissante, manifestée sous une forme ou une autre, pulse d’instant en instant.

La question qui se pose est alors : sommes-nous viables sous cette forme humaine ? On se dit que ça vaut le coup de fouiller et de trancher le brouillard qui enveloppe nos trajectoires jusqu’à la perception de la nature de l’esprit pour transcender, ne serait-ce qu’un instant – mais le temps n’aura alors plus de signification – nos vies fracassées !

Le karma est un chien errant. Son sang est impur et sa lignée obscure. Il mord au hasard ceux qui se trouvent à sa portée. Il tient les comptes mais ne fait aucun effort pour les rattacher aux débiteurs. Vous passez votre vie à additionner les tâches noires sur votre âme en croyant à la fin qu’il vous revient de les assumer. (147)

[Lu dans le cadre de ces fabuleuses masses critiques]

 

Publié dans Explorations littéraires | Laisser un commentaire