Daniel Pennac, Mon frère, lu par l’auteur

The British Museum, London 1925,1212.75 - Daniel Pennac, Mon frère

The British Museum, London 1925,1212.75 – Daniel Pennac, Mon frère

Daniel Pennac et son vieil exemplaire de Bartleby; constamment glissé dans la poche, régulièrement sorti au détour d’un geste bavard, consulté, cité, fourré de nouveau dans sa veste… depuis combien de temps l’entend-on sur les ondes partager avec nous sa gourmandise pour ce texte ? Elle me restait mystérieuse; cette évocation de son frère disparu en dévoile l’intimité. Son deuil est délicatement évoqué. Non pas par une biographie de l’absent, non pas par un récit nostalgique de ce qui fut, mais par la réalité de ses perceptions intérieures. Son frère existait comme un arc-en-ciel dans sa conscience et peu à peu, les conditions atmosphériques ayant changé, il s’efface et ne laisse plus qu’une trace. Soleil et pluie s’en sont allés… Le vécu d’une relation n’est pas toujours celui que l’on s’invente en se racontant et en s’attachant à des histoires, en les complétant par celles des autres. Il est à la fois plus subtil et plus évanescent. Presque insaisissable. Comme ce Bartelby qui a renoncé à exister. Le notaire essaye de le faire rentrer dans un cadre intelligible, mais finalement n’en saisit qu’une poignée de poussière qui s’éparpille au vent.

 

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