« La Vision Limpide », “Le sens profond”

« Les lents mouvements de la Terre semblent se produire dans un autre monde, séparés de la vie par un abîme de temps et d’échelle physique. C’est déjà un sacré défi lancé à notre faculté de compréhension. Mais il y a dans cet abîme une réalité plus insondable encore, c’est le fil qui le traverse, le lien ténu entre la brièveté de la vie et l’incroyable longévité de la pierre. Ce fil est tissé par la fécondité tenace de la vie. Mis bout à bout, les minuscules brins d’hérédité qui relient la mère et l’enfant remontent à des milliards d’années.

Ils s’enroulent année après année, se ramifient parfois en nouveaux fils, parfois se rompent définitivement. Jusqu’ici, la diversification à l’intérieur du fil a marché du même pas que l’extinction, et les puces mortelles qui s’agitent sur les dieux de pierre immortels ont acquis une immortalité contingente bien à elles. Mais chaque toron de la corde est engagé dans une course entre la procréation et la mort. La puissance générative de la vie a été assez grande pour gagner la course année après année depuis des millénaires, mais la victoire finale n’est jamais assurée.

(Hozho, « Déités de l’Arc-en-Ciel » dans la “Voie de l’Eau” peuples Navajo)

Le mandala ne représente qu’un point le long de ce fil. Le reste de l’abîme est enjambé par les ancêtres et les descendants des espèces présentes ici. Aucun de ces êtres vivants ne connaîtra jamais vraiment l’immensité du temps géologique. Il est donc facile d’oublier ou d’ignorer cette immensité et de supposer que notre cadre de vie physique est immuable, “fixé dans la pierre” »

« Un an dans la Vie d’une forêt », David G. Haskell, Éditions Flammarion© 2014

– p. 134/35

Première partie

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Des rapports de la proprioception
avec
“l’esprit-résidant”

Proprioception* et “l’esprit-résidant”** d’un organisme ; organisation et communication de l’un à l’autre.

Les phénomènes organiques et leur nécessaire “vacuité”, leur inséparabilité dans la coémergence ?

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*

Proprioception :

Perception qu’a l’homme de son propre corps, par les sensations kinesthésiques et posturales en relation avec la situation du corps par rapport à l’intensité de l’attraction terrestre.

Kinesthésie :

Sens du mouvement ; forme de sensibilité qui, indépendamment de la vue et du toucher, renseigne d’une manière spécifique sur la position et les déplacements des différentes parties du corps.

**

“l’esprit-résidant” : il est par nature “paisible dans sa stabilité” (voir p. 135 [« L’Espace du Tantra » ; Lama T.Yéshé])

(Lama Thoubten Yéshé)

Conscience de fondation (ou fondamentale) ; fonction remplie : pénétrer la nature universelle de la réalité. Celle-ci est le plus souvent empêchée par le surgissement continuel de multitudes d’états d’esprit grossiers, suscitant l’émergence répétée de projections distordues et de confusion, dans l’expérience d’une vie ordinaire, qui ne communique pas avec l’expérience “du grand silence” intérieur, recueillement. Dans la sérénité qui en résulte, alors seulement se révèle cette conscience originelle fondamentale, “l’esprit-résidant”.

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Le cosmos et les origines de la vie

Au sein du cosmos la vie a ses origines dans un brassage de : calcium – fer – souffre, trois éléments indispensables au développement de la Vie, répartis sur d’immenses distances à travers l’univers.

La Terre est dans « une zone galactique habitable » [zone à faible rayonnement cosmique] qui est favorable au développement de la Vie.

(la nébuleuse Veil)

La vie n’est pas apparu au “hasard”, elle est une donnée de base cosmologique.

— eau et molécules organiques* sont essentielles au développement de la vie telle que nous la connaissons, or il se trouve que certaines météorites portent les deux !

— les astéroïdes sont tous constitués d’éléments essentiels à la vie.

(chondrites – cristaux de sel bleu)

Ainsi, ces astéroïdes peuvent atteindre en l’état intact, la surface de la Terre ; entre 60 et 100 tonnes de météorites parviennent quotidiennement sur la Terre.

Le vivant est composé de cellules séparées par des membranes (longues chaînes carbonées) qui se retrouvent dans l’ADN et l’ARN (L’acide ribonucléique (ARN) est un acide nucléique présent chez pratiquement tous les êtres vivants, et aussi chez certains virus. L’ARN est très proche chimiquement de l’ADN), celles observées dans ces météorites sont de nature comparables.

— Les éléments stables sont constitutifs de la vie, et naissent d’un brassage. Les creusets matriciels réceptifs dans le cosmos sont donc envisageables (exoplanètes ?) … !

* (Une molécule est dite organique si elle est composée essentiellement d’atomes de carbone et d’hydrogène.)

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« Le cosmos et les origines de la vie » ZDF/Autentic Arte © 2020

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Les étapes de la conscience humaine (1)

Le corps humain se compose de 80 éléments différents, principalement : l’oxygène, le carbone, l’hydrogène et l’azote, quatre éléments issus du cosmos.

Ces éléments essentiels à la vie sont répartis de façon relativement homogène dans l’univers.

— La vie organique a une origine :

L.U.C.A. acronyme de Last Universal Common Ancestor.

Ce « Buisson-sphérique » recense l’entièreté du vivant sur la Terre

LUCA (dernier ancêtre commun universel) n’était probablement pas une cellule isolée, beaucoup d’autres devaient exister sur la Terre, sauf que c’est la seule qui ait donné “une descendance” , “descendance” de LUCA qui a éliminé toutes les autres …

L’embranchement des hominidés et l’embryogenèse se structurent dans les eucaryotes, une des trois branches principales du règne du vivant. Une autre branche, sont les bactéries, et enfin les archaea représentant la troisième branche.

— Si l’homme ne représente finalement que l’aboutissement d’une toute petite branche particulière* de l’évolution parmi tant d’autres, il n’empêche qu’il est le seul à pouvoir raconter son déroulement ! Ce qui quand même le démarque singulièrement du reste du vivant, du fait d’une telle opportunité il serait de bon aloi de mettre cela généreusement à profit !

* (Australopithèques et Paranthrope : – 2,5 millions d’années … [ doc. ; enfants de Kromdraai 49mn12s. ; « Kromdraai – à la découverte du premier humain », Ex Nihilo production – © 2021]

[« … des recherches ont permis d’établir un lien direct entre la cuisson de la nourriture, le raccourcissement de nos intestins et l’augmentation de la taille de nos cerveaux. Cuisiner sa viande aurait permis à Homo erectus de la digérer plus vite et d’absorber plus rapidement ses calories. Toute l’énergie que devaient utiliser ses intestins pour transformer une nourriture crue a ainsi profité à son cerveau, dont le nombre de neurones a pu augmenter. En gros, nos cerveaux n’auraient pas autant de neurones si nos ancêtres n’avaient pas eu l’idée de cuire leur nourriture. » (p. 43) — « La Diagonale de la Joie » – Corine Sombrun – éditions Albin Michel © mars 2021]

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« Espèces d’espèces » Ex Nihilo France 5/Arte © 2008

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Les étapes de la conscience humaine (2)

Nous autres Humains, appartenons aux espèces en symétrie bilatérale ou animaux bilatériens (groupe de l’ensemble le plus large organismes bilatéraux) qui sont essentiellement conçus pour aller de l’avant.

La complexité des organes (oculaires par exemple) se construit sur des périodes de temps longues (il y a 4 à 500 millions d’années) où se développe le premier modèle d’œil primitif. L’oreille moyenne des mammifères elle, résulte d’une transformation majeure (l’organe de la mâchoire reptilienne [200 millions d’années + ou -] qui c’est muté en organe de l’audition). L’ouïe est un organe précieux chez le mammifère, il donne l’alerte dans le cas de dangers, etc …, organe donc primordial pour cette espèce dont nous faisons partie.

Les gènes qui se développent chez les vertébrés à l’état embryonnaire, sont les mêmes, en outre les programmes génétiques sont recyclés et peuvent avoir des origines très anciennes.

Il existe une grande plasticité des structures organiques dans leur évolution, par exemple chez l’humain, à l’état embryonnaire le sexe est indifférencié, et porte le programme des deux sexes.

L’ovulation cyclique de l’organe reproducteur femelle, n’est apparu que récemment dans notre évolution. Par le passé c’est l’accouplement lui-même qui était déclencheur de cette ovulation, quand les racines du clitoris féminin étaient à l’intérieur du vagin, à la différence des espèces ultérieures dont l’ovulation cyclique n’était plus dépendante de l’accouplement pour se déclencher.

Il existe aussi des “organes vestigiaux”, ce sont des organes qui se perdent dans une évolution donnée, mais peuvent potentiellement remplir encore une fonction.

L’origine de la main humaine remonte à 20 millions d’années … elle est finalement restée largement dans un état “primitif”, ou du moins très ancien, 3 millions d’années.

(Peintures rupestres Cueva de las Manos Patagonie [-13 000 ans.])

A cette période il n’y avait pas vraiment de grandes différences de volume du cerveau entre ces prè-hominiens et les grand singes, c’est le rapport cognitif induit entre cerveau et habileté des mains qui a probablement été déterminant dans son évolution.

Chaque organe sort d’un moule commun à tous les vertébrés. Ceci dit au fil du temps qui passe, ceux-ci ce sont adaptés en permanence au changement de l’environnement.

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« L’histoire secrète de notre corps » – Mona Lisa Production, Arte France/© 2018

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Les étapes de la conscience humaine

et

La chronobiologie de l’homme et ses rythmes

La vie sur la Terre est scandée par la diffusion de l’astre solaire.

(Vendres plage au lever … Hérault)

Le tempo des temps modernes depuis le XIXe siècle nous impose à nous humains, son propre rythme … dans quelle mesure pouvons-nous, nous y adapter ?

La puberté chez l’homme modifie l’horloge interne de son organisme. Le fuseau horaire de l’adolescence est par nature différent des autres tranches d’âges.

Le temps interne de l’organisme humain est synchronisé avec la luminosité du temps externe du corps.

Le manque important de lumière naturelle sur l’organisme humain a un impact négatif plus ou moins marqué selon les personnes.

La vie quotidienne est menée par trois horloges :

La première, l’horloge interne qui décide de tout ce qui se passe dans la journée dans notre corps.

Cette horloge interne suit elle-même le cycle des “heures solaires”, entre clarté et obscurité, ce qui la lie à l’horloge interne.

La troisième horloge (récente dans l’histoire de l’homme – 1884), c’est “l’horloge sociétale”.

Ainsi le temps biologique qui doit être “relancé” chaque jour, est souvent en décalage avec “le temps sociétal” et l’horloge interne se désynchronise, et selon son importance quand il n’y a plus de régularité entre le jour/clarté et la nuit/obscurité, notre organisme est dépassé !

Chronotype et puberté :

Chez l’homme, la puberté est un facteur de perturbation de l’horloge interne ; « apprendre c’est modifier notre esprit par l’usage que nous en faisons …! »

“Dormir n’est pas perdre son temps”, il se passe beaucoup de choses pendant le sommeil qui impliquent les phases de l’état d’éveil actif. Il est important d’avoir un temps de sommeil suffisant pour avoir une qualité en état éveillé (active ou pas d’ailleurs, nous verrons plus loin dans le chapitre de « la méditation »).

Nous nous laissons envahir par tout un tas de choses et d’attitudes qui nous volent “notre temps” ! Le sociétal est trop souvent un dévoreur de “notre temps”, les personnes se porteraient mieux, avec une meilleure santé, en tenant compte de cet aspect de notre équilibre organique. Or nous faisons le contraire, nous nous imposons des contraintes contre-productives aux prétextes d’un chaos menaçant si nous tenions compte des rythmes naturels … !

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« Chronobiologie – L’homme et ses rythmes » MDR-Hanfgarn/UFER Arte © 2012

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Les états de la conscience humaine

Notre véritable 6ème sens

(la proprioception)

La proprioception est en relation avec nos cinq autres sens familiers, sollicitée en permanence pour le maintien de notre équilibre, elle est difficilement perceptible, ce “6e sens” est mystérieux.

Cependant sans cette proprioception nous ne pourrions pas faire grand-chose ! Marcher sans regarder le sol, nous ne pourrions ni courir, ni sauter, sans elle nous n’aurions pas de liberté de mouvements et tout deviendrait très compliqué !

Impossible de se retrouver dans un espace donné sans le voir et s’y voir. Autant nous pouvons imaginer ce que c’est que de perdre la vue, en fermant les yeux, autant il est très délicat de s’imaginer avoir perdu le sens interne de la proprioception.

Sans la proprioception, les yeux fermés, un personne dépourvue de ce “6e sens” est perdue, tout mouvement devient aléatoire, le moindre de nos gestes s’y rattache, sans que nous ayons conscience de la complexité de mise en œuvre pour y parvenir.

Ce “6e sens” de la proprioception est fondamental, les cinq autres sens en sont dépendants. C’est ce tuteur sensoriel qui nous permet d’avoir conscience du ressenti de notre corps dans le temps et l’espace, il induit donc le sens de notre propre corporéité en tant que personne autonome.

(Ainsi l’on peut dire que la proprioception est un facteur pragmatique d’une conscience liée à notre corps)

Un récepteur proprioceptif génère des impulsions électriques.

Dans une posture allongée (plusieurs semaines), la personne n’est plus orientée verticalement avec la gravité, perdant alors coordination entre les informations visuelles et proprioceptives.

La “gravité” semble donc être un repère, une sorte de “fil à plomb” structurant la perception de notre corps dans un “espace-temps” donné. Notre corps par sa position verticale assimilée depuis la plus petite enfance est une sorte de défi à la gravitation naturelle, et pour notre cerveau elle agit comme un axe de référence autour duquel s’articule proprioception, vision et oreille interne.

Sans la proprioception nous “flottons” …, ceci nous empêchant de nous ancrer dans notre environnement. Cela induit que pouvoir toujours nous situer implique la génération du “sens” de l’existence humaine, question qui en fin de compte reste ouverte. “Exister” signifiant “sortir de …, apparaître”, et au-delà du corps discerner les limites de notre être corporel par rapport aux autres et à “notre monde”. Ainsi la proprioception nous permet d’exister parce-qu’elle crée la frontière entre ce que nous sommes et “l’espace-temps” autour de nous.

Il y a une véritable maturation de la personne depuis sa naissance, le schéma corporel met du temps à se mettre en place pour que notre cerveau arrive à intégrer toutes les informations nécessaires à ce schéma, à l’âge adulte.

La pleine maîtrise de notre schéma corporel est très étroitement liée au temps d’acquisition de notre sens proprioceptif qui est optimal autour de 23 ans, c’est à cet âge là que le jeune adulte possède naturellement une représentation mentale élaborée des possibilités de son corps.

La projection mentale en action ; exercice de sa visualisation en fermant les yeux dans une actualisation virtuelle. Ceci permet de créer des automatismes quand tout va trop rapidement en action pour avoir le temps d’y réfléchir. C’est en fait développer un effet “booster” par anticipation d’une situation à venir. Ainsi en “action” la pensée n’est plus focalisée par ce qui doit être exécutée, et laisse un champ libre à ce qui se passe.

(Solveig Dommartin, «  Les Ailes du désir »-Wim Wenders)

Nous pouvons donc avoir accès consciemment à la représentation de l’action. Associant à notre schéma corporel, notre capacité de concentration et notre proprioception nous devenons spécialisés dans la fluidité et la mobilité.

Cette proprioception, partagée également par le monde végétal dans une certaine mesure, est beaucoup plus qu’un sens qui nous permet d’être debout, elle est constitutive de notre existence, de notre interaction avec le monde. Le sens naît-il de l’interaction entre notre corps et ce qui nous entoure donnant à l’action son “sens” ? Elle nous accompagne dans chacun de nos gestes, conscients ou non, nous ne cessons de nous y référer tout en l’ayant en grande méconnaissance ! Ainsi il serait judicieux et profitable, non seulement dans la conscience de nous-même, mais aussi dans l’inter-agir altruiste et sa globalité avec le “vivant”, d’y prêter beaucoup plus d’attention …

« Notre véritable 6ème sens » (la proprioception) – Mona Lisa Production, Arte France/© 2019

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Le cerveau et ses automatismes

Le cerveau humain est un instrument capable d’accomplir à l’insu de la conscience 90 % de l’ensemble de ce qu’une personne fait ! Et ceci que ce soit en état de veille ou de sommeil …

Les automatismes du cerveau et la manipulation de l’attention : ce cerveau humain est caractérisé par tous ses signaux électro-chimiques dans le crâne, qui est une boîte fermée, et pour accéder aux informations il doit passer par les organes des sens, la mémoire et/ou “la connaissance”. A partir de cela se structure une représentation virtuelle de la réalité “objective” qui nous entoure, et de ce point de vue bien que “la réalité extérieure” soit factuelle, nous n’y sommes pas vraiment, mais dans la représentation que nous en avons, en fait nous y sommes reliés par “procuration” … en ce sens c’est un fait que c’est à l’intérieur de notre tête que nous “vivons” en quelque sorte.

Notre conscience est limitée à notre cortex cérébral — il suffit de quelques fractions de secondes pour que près de 15 milliards de neurones forment de nouvelles connections, cependant l’énergie consommée à ce stade correspond à une dépense d’énergie d’un sportif de haut niveau — aussi notre cerveau fait son possible pour faire au maximum sans cette conscience.

Le thalamus filtre en jaugeant les informations qui sont suffisamment importantes pour qu’elles soient reliées et partagées avec notre conscience. Ainsi, nous avons dans la mesure où n’y sommes pas vigilants, aussi peu d’influence sur ce que nous sommes que sur ce que nous faisons.

Nous avons dans l’ensemble une conception erronée de “notre volonté”, une attitude stoïque ou l’on “serre les dents” pour aller jusqu’au terme d’un projet donné, et c’est comme cela que l’on échoue la plupart du temps, la solution serait d’appréhender la globalité d’un environnement donné et de moduler et transformer la perception, et focaliser l’attention sur autre chose, pour mieux gérer l’ensemble de la situation et y apporter la pertinence.

Lorsque apparaît un danger nouveau, les données sont transférées vers notre conscience, plus souple dans le traitement mais plus lent. De ce fait il se trouve un décalage, dans la perception consciente, le perçu est déjà au passé… de ce fait c’est le “non-conscient” qui traite en sous-main car il est dans l’immédiateté réactionnelle du danger en question.

Par exemple ce que nous voyons avec les yeux donc, pénètre par nos pupilles sous la forme d’un faisceau lumineux, rétine/cellules codent l’image sous forme d’impulsions électriques via le nerf optique, 50 millisecondes plus tard atteignent le gardien de la conscience (le thalamus) renvoyé dans ce cas (danger) à l’amygdale cérébrale, pivot de la “peur” qui déclenchant l’activité “reflex” (150 millisecondes pour le tout !) en relation dans la mémoire de la banque de données des expériences enregistrées en renvoie vers la forme de vision consciente — pré-évaluation et anticipation du danger en 300 millisecondes — c’est ce mécanisme qui permet la sauvegarde face à la dangerosité.

Dans la perception sensorielle la mémoire est certainement “l’organe” le plus important, nous percevons en fait ce qui est déjà dans notre mémoriel à 99 % !Seul 1 % vient s’ajouter par les organes des sens dans l’expérience.

Ainsi le cerveau, peut en fait “annihiler” une certaine “réalité” objective qui nous entoure et la “transformer” avec puissance et la modeler dans une perspective qui s’accorde avec ce que nous voulons voir, une “conviction” subjective …

Le non-conscient s’occupe du présent et en est le garant, c’est “sa responsabilité”, notre conscience elle est capable de “voyager dans le temps” (se perdre dans le passé, se projeter dans un devenir …), mais en fait qui est le “gardien” pendant ce temps là ? C’est le job de l’inconscient de rester dans le présent et d’être vigilant à ce qui se passe en permanence autour de soi, car “l’immédiat” recèle potentiellement bien des dangers !

Inconsciemment nous généralisons les expériences passées que nous avons eues avec autrui, ce qui n’est évidemment pas vraiment fiable, mais très rapide ! La “raison” et l’objectivité sont court-circuités par la rapidité du processus de “la première impression” … d’où un jugement à “l’emporte-pièce” qui en découle.

— absence et sur-interprétation visuelle

La représentation perceptive que nous avons de notre corps est une construction mentale et globalement “tout ce que nous voyons”. Les sensations corporelles peuvent être de l’ordre de l’illusion dans une assimilation identitaire extérieure !

Dans la hiérarchie des perceptions corporelles le toucher et le sens de l’équilibre sont au premier plan.

Plus notre intérêt personnel grandi sur ce qui nous est donné à voir et plus il est aisé d’être berné ! 90 % de notre communication émotionnelle, elle est non-verbale. Les hormones troublent la perception et créent de la “dépendance”.

Le pouvoir de l’inconscient

« L’intuition humaine » : Le cerveau met en place des automatismes qui lui permettent d’évaluer [banque de donnée mémorielle] dans une fraction de seconde ce qui est sur le point de se passer faisant réagir par anticipation les organes musculaires sollicités. En fait si nous devions vivre pleinement concentrés et en conscience les évènements qui sont de l’ordre de l’imprévisible très souvent, nous serions complètement dépassés par ceux-ci la plupart du temps … !

Le non-conscient a souvent le dessus sur notre réflexion, car “réfléchir” fatigue le cerveau. Il faut comprendre que notre intelligence en conscience (localisée principalement dans la zone frontale du cerveau) ne peut pas gérer plus d’une pensée ou cinq unités d’informations à la fois. Les décisions conscientes (cortex orbitaux frontal) s’appuient également sur une autre forme “d’intelligence”, l’hippocampe qui stocke toutes nos expériences.

Le cortex cérébral reçoit les informations de façon condensée sans pour autant savoir d’où exactement elles viennent, ainsi le conscient a une forte tendance à éluder voire rejeter toutes les influences non-conscientes. Notre cerveau actuel et l’avènement de sa conscience, contiennent le cerveau primaire, cette conscience s’est greffée dessus et a dû composer avec le non-conscient, les choses n’arrivent pas subitement, cela procède par étapes. Ce “cerveau primaire” bien qu’archaïque a encore beaucoup d’influence.

230 millisecondes, c’est le temps que prend notre cerveau pour prendre une décision complexe si nécessaire. Donc bien avant que la réflexion consciente n’intervienne, le non-conscient a déjà pris l’initiative de ce qu’il convient de faire pour soi.

“L’intuition” n’est pas une sorte de “don inné”, mais le fait de l’expérience mémorisée et d’innombrables répétitions. Ce qui a pour effet de dépenser pour le cerveau un minimum d’énergie dans la phase de la “réalisation” factuelle.

Notre “raison” n’a pas beaucoup d’influence sur ce que nous sommes en réalité, et sur ce que nous faisons. La “luminosité” de nos pensées n’est en fait qu’un trait fugace de lumière dans la vastitude océanique de notre esprit !

Il est difficile de s’écarter des habitudes routinières car celles-ci demandent un minimum d’énergie à notre cerveau, et cela nous apparaît évidemment plus aisé.

La créativité est un acte “rebelle” qui ne se préoccupe pas des conventions.

Être “expert” dans un domaine engendre souvent une absence de créativité car paradoxalement c’est en arrêtant le stimulus du cerveau que celui-ci est le plus apte à explorer un champ d’innovations d’un regard neuf ! En voyant les choses telles qu’elles sont, dans leur état propre.

L’ocytocine et le sens du lien à autrui. (également en fonction [glande thyroïde] lors de l’état d’orgasme sexuel/allaitement maternel) L’ocytocine génère l’empathie et le sens de l’oblation, elle engendre le sens de la relation “durable”, quand bien même le conscient ne serrait pas enthousiasmé par cette perspective !

Les choix du non-conscient s’opèrent 7 à 10 seconde avant que le conscient ne s’en mêle … ce qui revient à dire que la plupart du temps quand nous avons l’impression d’avoir “décidé”, en fait tout semble déjà joué en bonne partie.

Bien avant que le langage articulé ne soit employé comme moyen de communication entre les humains, existait “le rire” qui est un élément de rapprochement avec autrui. La plupart du temps “nos idées” ne font que transiter par notre conscience, ce qui est intéressant à ce stade entre non-conscient et conscient c’est de se connaître pour percevoir ce qui se met en place, s’organiser pour engendrer “la bonne décision”, au moment où elle doit intervenir.

Jusqu’à un certain point nous sommes possiblement dans une forme d’auto-suggestion liée à notre pensée quand elle se nourrie d’a priori.

(Nucleus accumbens)

D’une façon générale nous sommes très souvent peu rationnels en matière “d’envies” et des choix qui en découlent, c’est fonction du noyau accumbens entre dopamine et sérotonine on insula (cortex insulaire). C’est en fait notre disposition intérieure du moment qui nous oriente plus ou moins à notre insu. Cet aspect de notre comportement évite de passer des heures à se décider pour telle ou telle chose !

Sur le plan de l’évolution cela n’a pas vraiment un grand intérêt de réfléchir longuement en toute chose, dans le domaine trivial il est plus opportun d’être relativement rapide, pour le reste, un temps de réflexion si cela est envisageable, semble être le mieux, et même, pour des choses importantes, passer une nuit de repos dessus ! Ou du moins dans un autre environnement où le jeu des influences sera différent, ainsi en contextes différents si le choix reste relativement le même, il est sans doute “le bon” !

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«  Le cerveau et ses automatismes  » – Westdeutscher Runfunk, in Co-Produktion mit Arte/© 2011

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Les facteurs sombres”

Le narcissisme pathologique destructeur est un parcours de vie dans le rejet et l’isolement, le sujet se sent concerné et “appelé” à agir pour participer et « accomplir l’histoire » !

La situation du sujet est dans une problématique transgénérationnelle de carences structurelles des affects et de la construction de personnalité, évoluant dans un environnent dysfonctionnel.

Le germe d’une variante génétique dans le corps ne fait pas tout ! Il est quasiment inexistant le cas d’enfant ayant eu une enfance équilibrée en affect et structure de cadre, devenir à l’âge adulte un redoutable criminel. En outre le gène en lui-même ne pose pas vraiment “problème”, ce qui importe est qu’il soit actif ou pas, soit l’étude de l’épigénétique. Ce que l’on peut dire c’est qu’il peut y avoir des “gènes à risques” et en quoi l’environnement peut jouer un rôle déclencheur.

Ainsi il est parfois nécessaire et souhaitable de soustraire de son milieu, à un environnement “toxique”, un jeune sujet adolescent, afin qu’il puisse se construire un nouvel environnement structurant. L’enfance est une période cruciale pour la construction d’une personnalité, là se construisent les fondations d’une existence future. Il faut bien considérer que le “malheur” ne sort jamais de nulle part !

Par le meurtre il peut y avoir un acte de “rassurance” en ce sens qu’il donne un sentiment de réappropriation d’une existence déséquilibrée en errance … dans une non-valeur, l’acte de meurtre annihile la valeur de l’autre et restaure la sienne, dans ce cas de figure.

Il y a à tout le moins statistiquement parlant, un rôle indéniable du devenir ultérieur, dans la petite enfance. À ce stade lorsque l’enfant a un renvoi, un écho d’un être qui est “désiré”, apprécié, cela le stabilise dans la valorisation de son image.

L’accumulation de facteurs à risques vont dans le sens du déclenchement. Quel que soit le cocktail dans ce sens, les facteurs de comportements problématiques en découlent.

L‘exclusion sociale à l’adolescence est une expérience très pénalisante, dans la mesure ou elle ne vient pas être contrebalancée par d’autres éléments valorisants, et ceci s’aggrave dans un environnent familial fragile.

Dans son principe l’énergie qui sous-tend l’agressivité (testostérone) est “structurante”, elle permet de s’affirmer dans un contexte donné, de poser des limites. L’absence totale de cette faculté met en péril la survie dans un ensemble où une hiérarchie de jeu de force est en place. Cela permet l’élaboration de stratégie d’évolution d’une espèce donnée.

Par contre lorsque il y a une offensive agressive qui enfreint les frontières de la vie communautaire, cela provoque la sidération dans la violence désinhibée donnant une satisfaction dans le domaine du désir d’exprimer “un pouvoir” !

On pourrait dire que “le mal”, ensemble de comportements destructeurs, ne se pense pas en tant que tel. “Le mal” se déclamant comme tel est quasi inexistant statistiquement, ceci-ci dit il existe “un facteur sombre” chez l’humain.

Les dispositions sombres d’une personnalité (ou d’un groupe) possèdent un dénominateur commun, et ce dénominateur commun est de toujours considérer son intérêt propre comme étant premier, le plus important, et donc au détriment d’une objectivité altruiste, une vision plus élargie et globale. Le plus souvent, ceci en négligeant des conséquences dommageables, voire en les provoquant dans une certaine perspective.

C’est dans l’égocentrisme excessif et la surestimation, que la situation d’échec réel (ou sentiment d’échec) peut devenir très problématique !

Vient alors le temps de la rancœur, combattre et détruire l’origine de ce qui a été considéré, de façon justifiée ou pas, exagérée certainement, comme humiliant. Il y a dans “le facteur sombre” la démesure de l’orgueil d’un narcissisme exacerbé.

La radicalisation idéologique (qui “simplifie” la complexité d’un monde, ce qui est séduisant !) apporte de la force et de l’importance, fournit un but, une ligne à suivre ; on redevient “acteur de sa vie” avec une identification liée à des “valeurs sacrées” et on intègre une communauté (plus ou moins visible) avec un “retour sur investissement” !

Dans le processus mental lié à une valeur dite “sacrée” la fonction cognitive du raisonnement s’affaiblit notoirement dans le cerveau qui met en veille la capacité du discernement objectif !

Il y a une notion très puissante d’un sentiment de médiocrité profonde, et dans l’absence d’empathie vers le but, la pensée envers les victimes est éludée, l’objectif seul importe.

“Le mal” est peu visible dans la multiplicité de ses nombreux visages, ses “adeptes” tantôt se rassemblent dans l’ombre, tantôt se radicalisent en solitaire ou en un groupe, s’isolant du “monde” avant de réémerger dans la sauvagerie.

Quelles solutions une société démocratique peut mettre en place contre “le mal” ?

Donner aux personnes, en premier lieu dans l’éducation, les moyens d’affronter cette complexité de notre monde et de s’y retrouver, et d’y avoir une place , “sa place” pourrait-on dire. Pour ce faire il est nécessaire de promouvoir la dynamique d’une maturité émotionnelle ! Apprendre à être soi-même avec pugnacité sans se dissoudre dans le tissu social ; il existe des leviers pour interagir à temps face “aux facteurs sombres” de quelques ordres qu’ils soient, pour ce faire il est nécessaire d’intervenir sur le champ d’action le plus tôt possible, car le laisser-aller en l’espèce mène toujours au pire, “les histoires” et l’Histoire humaines en sont jonchées !

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“Les facteurs sombres” – Film/documentaire de Amrei Topçu et Gerrit Jöns-Anders

Intervenants : Dr. Nahlah Saimeh, Dr. Daniel Zagury, Eva Unternährer (psychologue), Prof. Hannelore Ehrenreich, Svenja Taubner (spécialiste prévention psychosociaux), Dr. Anke Köbach, Prof. Benjamin Hilbig, Nafees Hamid (spécialiste de la radicalisation)

«  Les racines du mal  », in Zusammenarbeit mit Arte/© 2020

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Je n’ai pas beaucoup parlé du plaisir. La douleur et le plaisir ne sont pas des jumeaux ou des images en miroir l’un de l’autre, du moins en ce qui concerne leur rôle comme ressort déclencheur des mécanismes de survie. D’une façon ou d’une autre, le plus souvent, ce sont les signaux liés à la douleur qui nous conduisent à nous écarter d’un problème ennuyeux qui se profile, que ce soit sur le moment ou dans un avenir prévisible. Il est difficile d’imaginer que les individus et les sociétés gouvernés par la recherche du plaisir, au moins autant sinon plus que par l’évitement de la douleur, puissent arriver tout simplement à survivre. Certains phénomènes sociaux actuels, découlant d’un contexte culturel de plus en plus hédoniste, tendent à confirmer cette opinion, et les travaux que mes collègues et moi-même sommes en train de mener sur les corrélats neuraux de diverses émotions vont également dans ce sens.

Il semble y avoir bien plus de diversité dans les émotions négatives que positives, et il est clair que le cerveau prend en compte ces deux catégories d’émotions par le biais de systèmes neuraux différents.

« L’erreur de Descartes » – Antonio R. DAMASIO, éd. Odile Jacob © oct. 2010

“Post-Scriptum” p. 358/59

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Comment agir sur nos souvenirs

“La peur” est un élément qui facilite la survie d’une espèce. En fait c’est un signal d’alarme qui nous permet d’adopter le comportement adéquat en cas de danger. Le sentiment de peur lié au danger potentiel reste dans la mémoire à long terme qui n’enregistre que les données reçues comme étant “importantes” ; (enzyme et souvenir traumatique).

Les “souvenirs” ne sont pas rangés dans un seul et même endroit (hippocampe et amygdale et autres systèmes mnésiques). Le souvenir est multiple ; lors du souvenir par exemple d’un accident, il y a d’un côté le factuel et de l’autre l’émotionnel, et les deux zones mémorielles du cerveau sont simplement activées en simultané.

Les pensées liées aux drames qui nous concernent surgissent de façon inopinée, hors d’un processus volontaire.

Le stress post traumatique ; lors de ces évènements, l’afflux considérable d’informations crée une situation d’engorgement et de blocage. Ceci a pour effet un déroulement en boucles mnésiques qui est vécu au présent faute de pouvoir avoir pu être rangé dans un lieu mémoriel au “passé”, c’est le « burn-out ». Il existe une diminution sensible de la taille de l’hippocampe suite à la défaillance de la communication correcte dans le cerveau. L’information traumatique est bloquée.

Les décharges d’adrénaline se manifestent lors des situations de peur et de stress renforçant ainsi la stimulation d’émotions à connotation négative. L’émotion est un process qui renforce le souvenir.

Le trauma pris en charge thérapeutiquement rapidement (dans les heures suivantes) peut être réduit dans son impact néfaste, avant que la consolidation ne se boucle de manière irrémédiable.

Être confronté à un choc émotionnel épouvantable, c’est comparable pour le cerveau à un effet foudroyant. Cependant le souvenir peut être réactivé afin d’éventuellement en modifier le stress de blocage, et d’en faire une “reconsolidation”.

Le contenu du souvenir traumatisant reste le même, le changement c’est le rapport à “l’image” que nous en avons. Le point crucial est que dans ce process, ledit souvenir est enfin à sa place, dans un passé et non plus dans un présent émotionnel claustrophobique factice et obsédant !

Les souvenir “auto-biographiques” se structurent environ à l’âge de trois ans, et ce toujours dans une interaction avec “autre”. C’est la base structurante de notre personne originale en tant que telle. Cette histoire personnelle perdue, nous nous retrouvons “évidés” de ce qui nous constitue.

(Alain Brunet [psychologue clinicien] – Roger Schmidt [neurologue psychiatre])

ACDK5 ; Enzyme du stockage de la peur : les “monstres déchaînés” qui habitent notre mental, et qui y restent ! Comment s’en débarrasser ?

Quand la peur “l’angoisse” détruit notre vie, il est nécessaire qu’intervienne une aide … Ouvrir de nouvelles perspectives entre la psychologie et les neurosciences, afin de dépouiller les souvenirs de leurs caractères parfois trop angoissants et encombrants !

Le traitement médicamenteux traite des symptômes en le cas d’espèce, la problématique intérieure elle reste !

Les souvenirs qui constituent pour une bonne part ce que nous considérons comme “notre identité”, sont stockés avec une appréciation émotionnelle et morale, ce qui détermine pour beaucoup nos actions personnelles et celles du sociétal. L’enjeu est donc de taille, c’est de notre capacité de maturité à aborder ce passé que nous pourrons dans un présent définir un devenir viable et stable.

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«  En finir avec la peur  », in Zusammenarbeit mit Arte/© 2010 ZDF

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Voyage dans l’étoffe de nos pensées

Être présent et “conscient”, c’est ressentir à l’instant donné à vivre ce qui se passe à l’intérieur de notre manifestation corporelle et en son extérieur, si nous n’avons pas le sens de notre “intériorité” il ne peut y avoir à proprement parler une “conscience humaine”.

Nous sommes fait de “matière”, nos cellules, nos chairs, (particules, atomes, molécules) dont l’organisation est extrêmement complexe, et arrivé à un certain niveau de complexité, quelque chose de nouveau est en émergence …

Comment comprendre que cette “matière” produit de “l’esprit” ?

Il s’agit d’emporter à l’intérieur de l’organisme une représentation du “monde extérieur”.

L’esprit/conscience serait ainsi la capacité biologique développée au fil de notre évolution proprement humaine, d’intégrer dans sa perception cognitive le sens de son intériorité dans une représentation de plus en plus sophistiquée d’un monde perçu.

Pour comprendre cet “esprit/conscience” en son origine il est nécessaire d’appréhender le travail de représentation, d’interprétation et de reconstruction exécuté par notre cerveau. Ce que nous “voyons” est en permanence une reconstruction de la “réalité” extérieure indépendamment de celui qui perçoit.

La représentation consciente dans notre cerveau, visuelle en l’occurrence, met 200 millisecondes + 100 et trois étapes pour devenir vraiment “consciente”, soit un peu moins qu’un tiers de seconde, et s’embrase ! Cet “embrasement” et la signature neuronale de la conscience qui nous habite.

La “première conscience” du petit de l’homme reste inconnue en l’état des connaissances.

Ce que l’on sait, c’est que dès cinq mois, le petit d’homme est conscient de ses propres perceptions.

Le petit d’homme est au “cœur du réacteur”, puis les couches de représentations arrivent, l’image de soi, avec sa part des réalités qui nous sont propres et une imprégnation de système de valeurs qui ne sont pas “de nous” mais qui entre dans la conformité des attentes d’un monde qui nous entoure, car le moteur de tout cela, c’est de “retenir l’attention” en vu d’en être apprécié, aimé…

Nous nous racontons des histoires pour entrer dans notre propre histoire et la vivre sans forcément se rendre compte du récit que nous nous adressons en fait … !

Lorsque nous percevons le monde, cette représentation du monde en nous, c’est un récit qui a l’étoffe d’une histoire

On pourrait dire au fond que ce dont il est question, c’est de savoir si il y a une vie “à la première personne” (du singulier, s’entend !).

— test : (l’idée est que lorsque nous sommes conscients, c’est toujours de quelque chose)

Amplitude et vigilance de nos états de conscience :

— chaque endormissement le soir, correspond à “une mort” car en sommeil profond notre conscience de veille disparaît … et ce n’est pas un “pur silence” ou “des ténèbres absolues”, mais tout disparaît … que se passe-t-il dans notre cerveau quand cela ce produit ?

« exister, ne pas exister » ? où est la frange de cette certitude ?

Nous passons d’un état du cerveau riche en échange et communication, à un court monologue lorsque c’est l’état de sommeil profond ; la communication est ennuyeuse, locale, sans aucune richesse d’échange. C’est un cerveau actif, mais qui n’a plus tout son aspect d’échanges d’information complexe. Prendre la dimension de cette complexité c’est prendre la dimension de notre état de conscience. Un cerveau dans le coma est moins complexe qu’un cerveau éveillé en fonction classique. Si nous ne pouvons pas encore donner une “explication de la conscience”, nous pouvons néanmoins en mesurer l’écho de sa complexité …

L’état onirique, est un état de conscience. Il existe donc des états de « rêves lucides » (état onirique en toute connaissance du fait).

Le « rêve lucide » est un terrain privilégié pour déchiffrer la conscience. En fait « la conscience » n’est ni plus ni moins qu’une forme de « rêve » particulier !

Dans le rêve, le cerveau est en activité et produit naturellement la simulation d’une réalité, avec les matériaux qui sont stockés dans ledit cerveau. Percevoir la réalité objective, c’est en fait faire “un rêve vrai”, la conscience est contrainte par la réalité physique, alors que l’état onirique c’est un état de perception débridé, sans autres contraintes que ce qui nous habite. Les “rêves” sont libres des lois régissant le monde de la physique, du sociétal, seul ce qui nous habite à force loi !

Conscience et Royaume des Illusions ! La conscience est-elle « pur esprit » ? Quel rôle tient le corps physique dans la conscience ? Et le sentiment de soi, ne serait-il pas lui aussi une illusion ? Cette conscience de nous-même fait généralement référence à notre corps manifesté palpable, on pourrait dire que « nous habitons notre corps » et plus particulièrement nous résiderions dans notre boîte crânienne !

Mais ce n’est pas si simple, notre rapport au “réel” est fort complexe, car en fait cela tient beaucoup plus à une forme de “création” ! Plus exactement une forme d’expérience structurée par notre cerveau. Ainsi, la conscience et la pensée ne sont pas séparées du corps physique, corps et conscience sont intimement liés.

La conscience n’a aucune influence causale sur les évènements décisionnels qui se passent, elle mémorise éventuellement ou informe. Le “libre arbitre” est une vue de l’esprit qui ne correspond à aucune réalité (aucune décision ne peut être prise en toute indépendance de ce qui constitue les imprégnations de notre cerveau).

Il faut se rendre compte que 90 à 95 % de l’activité de notre cerveau est en fait dans le non-conscient. Ce que nous estimons être nous-même est une structure qui agit à notre insu, ce qui ne veut pas dire que la conscience en tant que telle n’a aucun rôle à jouer sur nos process de cet inconscient. Notre cerveau déborde d’une activité biologique, qui, ce n’est pas banal, se transforme en permanence sous l’effet de sa propre activité ! Plus une informations circule en fréquence dans notre cerveau plus elle grave profondément des sillons nerveux ; ces chemins non-conscients sont le terreau de nos pensées, car la fonction essentielle du cerveau humain sert à produire et faire circuler de la pensée !

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que tout cela se fait en fonction d’un tempérament et d’un patrimoine génétique, d’un passé vécu et que finalement la part consciente décisionnelle de « valeurs de Vie », est en définitive peu, ou pas assez convoquée. Ainsi la dimension d’un espace de “liberté” se développe dans la vigilance et l’attention de nos expériences de vie vécues qui, orientées vers une organisation harmonieuse, fluidifient les comportements.

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«  Déchiffrer la conscience  », Scientifilms Arte France/© 2015

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« méditations, contemplation, recueillement, leurs étonnantes vertus »

En fait le corps et “l’esprit” sont dans un permanent échange en réciprocité, ainsi être en recueillement, méditation, contemplation, en bref stopper “l’agitation ordinaire” dont notre quotidien est empli, souvent par des obligations diverses, c’est arrêter ce flux pour se poser. Et ce n’est pas si évident que cela !

Pour se “poser l’esprit” doit se maîtriser en apportant une véritable relation à soi et possiblement nettement améliorer nos instabilités d’humeurs.

L’amygdale (partie du cerveau limbique ou émotionnel, groupe de structures de l’encéphale) ; celle-ci peut augmenter de volume et d’intensité fonctionnelle (suite à des traumas par exemple) mais aussi diminuer dans une discipline méditative.

Une des caractéristiques de troubles dépressifs est la prolongation excessive de l’action de l’amygdale sur l’ensemble d’une personne.

« L’activité méditative » engendre une modification notable (et bénéfique) de certaine parties fonctionnelles du cerveau, lorsqu’elle est bien conduite.

En fait, le recueillement, méditation, ou contemplation, stimulent les process de la neuroplasticité de tout un chacun. Ainsi “ne pas faire”, c’est mettre en action bien autre chose !

Le stress négatif est un énorme problème de la santé des humains au niveau global. La contemplation méditative a une dimension d’apaisement sur l’irritation dû au stress négatif et modère les réactions vers l’excès de l’organisme.

Le stress nocif induit des changement dans le métabolisme ; dans une atmosphère de “menace”, le corps sécrète et libère des hormones dans l’organisme pour dynamiser un surplus d’énergie. L’une d’elle est le cortisol (hormone stéroïde sécrétée par des glandes situées au-dessus des reins [les glandes corticosurrénales], sécrétion sous la dépendance d’une autre hormone, l’adrénocorticotrophine produite par l’hypophyse dans le cerveau).

La surproduction de cortisol produit un affaiblissement général de l’immunitaire favorisant ainsi les réactions inflammatoires.

L’état de pondération contemplatif non seulement modère l’inflation mais surtout augmente très significativement le process de résilience. Ainsi la réponse physiologique au stress toxique est modulée en profondeur et limite les aspects potentiellement délétères.

La douleur est un mécanisme vital à notre survie et notre capacité d’adaptation à l’environnement donné. La complexité de l’interaction entre nos sens et le cerveau est très important.

Le maillage matriciel de la “douleur” est géré par le cerveau et le ressenti est pour beaucoup impliqué par notre disposition d’humeur, le contenu d’expériences déjà vécues et l’anticipation imaginative de craintes. Les projections mentales non proportionnées à la réalité d’une situation ont pour effet d’augmenter considérablement le ressenti douloureux.

Ce qui est paradoxal de prime abord, c’est que “l’activité” contemplative de la méditation affine notoirement la sensibilité mais que par ailleurs le retour à la stabilité est aussi bref que prompt.

La présence d’un volume important de l’insula — terme latin signifiant île — (une partie du cortex cérébral constituant l’un des lobes du cerveau). C’est une région du cortex préfrontal, elle est très développée chez les contemplatifs. En fait ce qui se passe c’est qu’il n’y pas en l’espèce un surajouté émotionnel crispé, d’une pénibilité objective par ailleurs, il y a juste ce qui est.

Le télomère (région d’ADN à l’extrémité d’un chromosome) s’amenuise avec le temps, en fin de course les tissus ne peuvent plus se renouveler, engendrant maladies et en au stade terminal, la mort de l’organisme corporel. Si c’est un processus naturel pour tout un chacun, d’une personne à l’autre il y a des variantes dans le rythme. Ainsi une vie bien gérée émotionnellement permet une dégradation plus progressive.

Corps et esprit forment un tout et l’ensemble des composantes psychologiques, physiologiques, neurologiques, devraient être traitées avec autant de soin et d’attention que notre apparence physique du corps et son hygiène … !

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«  Les étonnantes vertus de la méditation  », PROCIREP Arte France/© 2017

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La Respiration

(une savante mécanique)

Ce qui nous relie tous, les uns et les autres c’est en quelque sorte la respiration, la nature, les humains, sur cette Terre. (Prof. Thomas H. Loew – Psychothérapeute)

(Lilly Winwood, fille de Steve Winwood)
http://www.elmoremagazine.com/wp-content/uploads/2018/03/BM5O6372_0805-M.jpg

Les alvéoles pulmonaires sont constituées de très fines membranes qui représentent 40 fois la surface du corps humain. C’est par ces fines membranes que les échanges d’oxygène avec le sang ont lieu.

Ainsi la balade en forêt, lors des inspirations calmes et profondes, active le système parasympathique (la division du système nerveux responsable du repos et de la régénération), et fait baisser la pression artérielle de même que la fréquence cardiaque.

« macrophage » (cellules phagocytaires chargées de détruire les microbes)

C’est le seul organe interne en constant contact avec l’extérieur et le système immunitaire des poumons relève un défi en permanence.

Fonction cardiaque et circulation sanguine, mais aussi la régulation du stress, le tout réagit à chaque souffle, comme le vent dans la vie de la nature, on s’adapte et tout est replacé à chaque fois dans une disposition quelque peu différente. La respiration est la seule voie d’accès consciente par laquelle on peut influencer ce système.

« La Respiration » (une savante mécanique) 2DF Produktion arte © ZDF 2021

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“La médecine aux frontières de la vie”

Par défaut d’apport d’oxygène* de quelques minutes, les cellules du cerveau commencent rapidement à se nécroser et entament un processus d’auto-destruction.

Ainsi l’état de « mort » n’est ni soudain, ni instantané, c’est un processus dans une frontière mouvante.

La mort cellulaire est une nécessité absolue, pas seulement pour la Vie, mais aussi pour le développement normal de l’organisme. En effet si nous conservions nos cellules au cours de notre vie, nous pèserions des millions de tonnes !

Les mesures clinicométriques de la conscience sont difficiles à réaliser à l’IRM fonctionnelle devant l’impalpable de la conscience humaine !

L’inter-connexion entre lieux et stimuli d’émotions sollicitent la mémoire.

Le cerveau est un organe au fonctionnement également électrique, produisant l’établissement structurant dans la continuité de la vie « au passé » et « présente » et « en devenir ».

Les connexions du cerveau sont semblables à un arbre avec ses branches et racines, d’une densité phénoménale !

Le coma est un état frontière, avec une issue éventuellement ouverte .

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«  Dernier souffle  », National Géographic Television in Zusammenarbeit mit Arte/© 2008

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* Le réflexe d’immersion est déclenché par un séjour dans l’eau, plus elle est froide, plus l’effet est intense.

Des récepteurs au niveau du visage relaient les information au système autonome ; le système nerveux parasympathique apaise l’organisme et abaisse la fréquence cardiaque.

Les facteurs induit par l’hypoxie (apport en oxygène au niveau des tissus de l’organisme)

— Existe-t-il un système de sauvegarde des cellules cardiaques et cérébrales en l’absence d’oxygène ?

Dans le changement de métabolisme du glucose au fructose, qui est un glucide que l’on trouve majoritairement dans les fruits et le miel sous sa forme naturelle.

(« La Respiration » 2DF Produktion arte © ZDF 2021)

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Les phénomènes mentaux véritablement intégrés dans le corps, tels que je les envisage, sont tout à fait capables de donner lieu aux plus hautes opérations, comme celles relevant de l’âme et du niveau spirituel. De mon point de vue, nonobstant tout le respect que l’on doit accorder à la notion d’âme, on peut dire que cette dernière reflète seulement un état particulier et complexe de l’organisme. La chose la plus indispensable, en tant qu’êtres humains, que nous puissions faire, chaque jour dans notre vie, est de nous rappeler et de rappeler aux autres notre complexité, notre fragilité, notre finitude et notre unicité.

(Vemdalen, Suède)

Et la difficulté, c’est, bien sûr, ceci : faire passer l’esprit de sa position élevée dans “l’éther” à celle d’une localisation matérielle, tout en lui conservant une grande considération ; reconnaître son origine humble et sa vulnérabilité, et cependant continuer à lui attribuer un rôle de direction.

« L’ erreur de Descartes » – Antonio R. DAMASIO, éd. Odile Jacob © oct. 2010

“La Passion Fondant la Raison” p. 339/40

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( à venir dans les prochaines semaines …)


Seconde partie
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« l’esprit-résidant »

Troisième partie

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«Réflexions »

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« Le Gardeur de Troupeaux »*

 

 

 

 

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