Henning Mankell, Meurtriers sans visages, lu par Marc-Henri Boisse

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The J. Paul Getty Museum, Los Angeles 84.XM.956.437

– Tu sais comment mon père est mort ? demanda soudain Sten Widen
– Non.
– Une nuit d’automne il est parti dans les ruines du château, à moitié ivre. Il avait l’habitude de picoler là-bas. Mais ce jour-là, il est tombé dans la douve sans le faire exprès et s’est noyé. Il y a tellement d’algues qu’on y voit rien sous l’eau. Tout ce qui est remonté à la surface, c’est sa casquette. Tu sais ce qui était marqué sur la visière ? « Jouissez de la vie ».
(piste 08 12:02)

Je trouve que ce passage résume bien l’essence de la série des Wallander : l’absurdité de l’existence où tout homme est ballotté par les circonstances incontrôlables qui le cernent, où n’importe quoi peut arriver, l’incompréhension devant les événements dramatiques qui frappent sans prémisses apparentes. Jouissez de la vie quand l’opportunité se présente, tant qu’il en est encore temps, mais ce n’est pas cela qui vous sauvera. Rien ne peux nous sauver de la condition qui est la nôtre…

Je n’avais jamais lu ce premier tome, âpre, où le visage de Kurt vire au camaïeu de toutes les misères qui lui tombent dessus, déclinaison colorée en forme de résumé des scènes d’actions du livre. Comme toujours, on se demande comment il arrive à rester debout jusqu’à la fin du livre, empathie qui prend au ventre et nous lie au personnage dans une relation miroir; on a mal pour lui, on s’accroche avec lui. Ses réflexions sur l’évolution désastreuse du climat social de la Suède sont de celles qui sous-tendront toute la suite.

 

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