Jérôme Ferrari, Le sermon sur la chute de Rome, lu par Jean-Pierre Garel

Jérôme Ferrari, Le sermon sur la chute de Rome, lu par Jean-Pierre Garel

J’ai eu quelques problèmes de digestion avec le précédent opus de Jérôme Ferrari que j’ai écouté, mais le site Book d’Oreille et les éditions Thélème m’ayant envoyé celui-ci suite à un concours, j’ai fait honneur au cadeau.

On retrouve dès le départ les champs de vocabulaire similaires à ceux de Un dieu un animal. Le champs nauséeux d’une part : miasmes, glaires, fétide, putréfaction, rancœur, infecte. Le champs religieux d’autre part : archange, miséricorde, démon, châtiments, Dieu, bénédiction. Mais ici les personnages se démènent assez pour se dégager de la lourdeur sémantique vers la piste 4 et accéder à une certaine existence. Existence toute relative cependant, vies insignifiantes entre lesquelles passe régulièrement le doigt de Dieu pour leur rappeler qu’elles ne sont que les instruments d’un propos plus vaste.

Jérôme Ferrari joue les entomologistes divins et sans amour, épinglant, écartelant, observant l’agitation de ses personnages-insectes avec le regard distancié et supérieur du démiurge amateur de tripailles. Le Christ rime toujours avec cadavres, l’union sexuelle avec mort ou nécessité sordide.

Quand au propos lui-même :

Pour qu’un monde nouveau surgisse, il faut d’abord que meurt un monde ancien. Et nous savons aussi que l’intervalle qui les séparent peut être infiniment court, ou au contraire, si long que les hommes doivent apprendre pendant des dizaines d’années à vivre dans la désolation. (I 18:48)

il ne m’a pas convaincue. C’est une vision étriquée, figée, sans profondeur, niant la liberté individuelle.

Je partage la perplexité exprimée par Nelly Kaprièlian au Masque et la Plume quant au succès de ce livre.

Jean-Pierre Garel est très bien. Sa lecture fluctue en vaguelettes qui vont et viennent au rythme de sa respiration, sur un fond de douceur qui ne se ride pas quelque soit la tempête qui sévit en surface.

 

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