Claudie Hunzinger, La survivance

Claudie Hunzinger, La survivance

Quelques phrases alambiquées qui en faisaient trop pour ce qu’elles avaient à dire m’ont d’abord d’abord fait froncer le nez. Le côté attachant du livre a cependant rapidement pris le pas. Ces deux sauvages unis par la littérature, bipèdes des terriers dévorés par les tiques, ont fait naître en moi un sentiment de fraternité et de tendresse. Si ma précarité n’est pas la même, l’essentiel de ma vie n’est pas loin de celle décrite. Comment ne pas craquer alors devant cette ivresse du dépouillement, cette tentative de trouver une place juste et digne face aux assauts de la réalité, ces expérimentations culinaires ? Rien ne nous appartient jamais, nous ne sommes que des invités au milieu des cerfs dont les brames ressemblent à d’énormes bâillements. Le vécu est à fleur de peau, la connaissance de la nature réelle. Si quelques phrases encore m’ont fait grimacer, comme :

Il comprenait les crottins déposés dans un coin par un ânesse, moulés comme autant de biscuits sombres et d’un parfum obscur, méditatif, compatissant (221),

ce fut une expérience de lecture agréable et empreinte d’humaine connivence, à la fin délicate et pudique.

 

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