André Chamson, Les hommes de la route

The Rijksmuseum, Amsterdam SK-A-2999 - André Chamson, Les hommes de la route

The Rijksmuseum, Amsterdam SK-A-2999

Paru en 1927, Les hommes de la route est le deuxième roman d’André Chamson. Il a déjà beaucoup plus de densité que Roux le bandit, paru deux ans plus tôt, qui ne m’a vraiment pas emballée.

Jean Carrière tenait ce texte en très haute estime. On y trouve de fait des éléments importants de L’épervier de Maheux. J’ai reconnu la ferme isolée dans les montagnes cévenoles, la solitude et la simplicité de la vie besogneuse au jour le jour, soumise aux saisons, l’absurdité de la mort. Si ce roman a un côté âpre, Jean Carrière en a sublimé le sujet par une écriture encore plus rocailleuse et une profondeur métaphysique que ne recelaient pas la plume d’André Chamson.

Pauvre bête, disait Combes, tu t’es mangé la vie et tu n’as rien fait de plus. (234)

A travers Anna, André Chamson taille un portrait de femme terrible et triste. Enfermée à la Condamine, au fond d’une gorge à l’horizon bouché, incapable d’arracher son esprit à l’accomplissement des besognes de chaque jour, elle s’isole progressivement par excès de prudence au sein même de l’abondance. L’avarice angoissée trouve figure.

 

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