Agota Kristof, La preuve, lu par Éric Herson-Macarel

 SK-A-981 The Rijksmuseum, Amsterdam - Agota Kristof, La preuve, lu par Éric Herson-Macarel

The Rijksmuseum, Amsterdam SK-A-981

J’ai pris la suite un peu tard. J’avais perdu l’ambiance du premier. Et le lecteur a changé.

Éric Herson-Macarel colle parfaitement au texte. Rythme et intonation sont justes, donnent toute la profondeur nécessaire. Il sait être calme et lent sans jamais provoquer ennui ou somnolence. Le CD étant défectueux sur la fin, j’ai été obligée d’aller la lire à la bibliothèque. C’était nettement moins bien !

C’est un beau texte qui plonge au cœur de l’humain, de son errance sur la terre et de sa douleur. Les personnages, atypiques, sont mus par des attachements bruts, animaux, vitaux. Dans un monde anxiogène qui n’offre aucune sécurité, les relations humaines basculent rapidement vers la cruauté. J’aime cet éclairage lucide, qui ne cherche pas à ménager le lecteur.

À l’instar de nombreux écrivains, Agota Kristof nous fait elle aussi le coup du doute sur la réalité des faits instillé par la révélation finale de la maladie mentale du narrateur. Elle le fait tout de même avec élégance. Basée sur des considérations sur la place et l’existence réelle de l’être humain dans une société hyper-contrôlée, cette révélation prend une dimension profonde.

 

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