Jean Carrière, Achigan

The Paul J. Getty Museum - Jean Carrière, Achigan

The J. Paul Getty Museum, Los Angeles 84.XC.1158.353

Il en était arrivé à conclure que ce n’est pas parce qu’on possède une famille et qu’on foule tous les jours du pied une terre maternelle, qu’on sait vraiment d’où l’on vient, qui l’on est, où l’on va, et pourquoi. (746)

Un roman court. Un personnage qui s’intègre parfaitement dans l’univers de Jean Carrière, peut-être trop. Qui correspond à une image qu’on a de ses écrits mais finalement ne fonctionne pas. Le miroir, cette fois-ci, n’est pas habité. Le sujet prend le pas sur le souffle, les réflexions sur Dieu sentent le réchauffé, les symboles sont trop marqués pour que la chair s’incarne.

Il passa au large d’un troupeau de dinosaures qui broutaient l’herbe rase des pentes. (759)

Jean Carrière voit les formes lourdes de pachydermes immobiles sur les pentes de l’Aigoual, des écailles de poisson sur les toits des maisons, des genêts sournois comme un cancer, voraces comme la lèpre qui grignotent le moindre carré de terre laissé libre. Ce vieil Aigoual qu’il aime tant, pourtant…

Le roman n’est touchant que par la liberté que laisse Jean Carrière à son personnage d’exister sans mémoire… une tentation, sans doute, une réalité de son expérience, peut-être, dans son combat au corps-à-corps avec l’inexistence de la réalité.

 

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