Andreï Makine, La femme qui attendait, lu par Marc-Henri Boisse

Andreï Makine, La femme qui attendait, lu par Marc-Henri Boisse

Ce qui me retenait à Mirnoie, c’était peut-être cette sensation d’étrangeté que je n’avais encore jamais éprouvée si intensément. Dans cet après-temps que vivait le village, les choses et les êtres semblaient se libérer de leur utilité et commençaient à être aimés pour leur seule présence sous ce ciel du nord.

Le livre débute par des allers-retours, dans le temps et dans l’espace du narrateur pour finir par se stabiliser dans le village de Mirnoie.

Mirnoie, des sorbiers, des bouleaux, de la neige, le vent, le ciel, les jeux de lumière. Le temps infini au-delà du temps, le temps de la maturation et de l’attente, le temps retrouvé de la rencontre.

Venu de la ville pour étudier les traditions locales, l’auteur entame un cheminement intérieur autour de son attirance et de sa curiosité pour une femme plus âgée et plus mature que lui. De questionnements autour de ce que lui en disent ses interlocuteurs en constructions imaginatives, il s’empêtre, s’égare et peine à définir l’être véritable de Véra.  Conditionné par ses attentes et ses formatages intellectuels, ce qui est simplement là, ici et maintenant, lui échappe.

Doux et très beau, en phase avec la réalité de la vie.

La voix est légère comme un souffle avec un socle grave. Elle frise le murmure, caresse le texte avec délicatesse,  au rythme des arbres, des brises et des lumières de Mirnoie.

 

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