Cécile Guilbert, Réanimation

The Metropolitan Museum of Art 1979.206.720 - Cécile Guilbert, Réanimation

The Metropolitan Museum of Art, New York 1979.206.720

C’est un livre à propos duquel j’ai rapidement compris qu’il faudrait le lire d’une traite. Son fragile équilibre supporte difficilement les pas de côté. Son écriture stylisée, apprêtée, transmet à ses débuts une tendresse qui se distille comme une brume, l’atmosphère d’un coupe aux fluides imbriqués. Sa magie tourbillonnante, entraînée vers le fond par la violence de la maladie de l’un, s’estompe pour finalement tourner en rond. L’agrippement du début visant à ne pas laisser s’évaporer un univers ténu, s’est mué en hâte d’en finir. Hâte de sortir de cet épisode déchirant, à l’instar de Cécile Guilbert, évidemment. Mais aussi envie littéraire de passer à autre chose, tout le suc ayant été distillé.

Ma cérébralité naturelle s’en donne à cœur joie.

J’aimais mieux l’utilisation du tu, procédé littéraire fort peu vu jusqu’à présent, où l’auteur se tutoie en un jeu de miroir avec le lecteur qui se retrouve à lui parler d’elle. Le retour au je est un déferlement d’émotions mêlé de pansement intellectuels érudits navigant entre références antiques, thaumaturgiques et mythologiques. Cécile Guilbert se fait prendre à son propre procédé, sombre dans des mots gonflés à l’hélium, le lyrisme, l’exagération des sens. J’étouffe. Je renonce à comprendre quelques phrases alambiquées.

Si son honnêteté donne de la vivacité à son témoignage, quand elle avoue que la maladie est une nouveauté radicale, passionnante, un nouveau trésor d’émotions, sa maladresse à transcender son tourbillon émotionnel, à plonger aux tréfonds de l’expérience humaine dans ce qu’elle a de plus essentiel, en fond pour moi une lecture décevante. Il y avait là un sujet, qui finalement n’est traité qu’en surface, et qui d’une réflexion sur l’existence, se développe en un témoignage circonstancié, certes touchant, mais limité.

 

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