Jérôme Garcin, Les livres ont un visage

Jérôme Garcin, Les livres ont un visage

Vallée du Dourdou

N’ayant pas trouvé François GARde sur le rayonnage de la bibliothèque municipale, dans un élan de frustration rageuse, j’ai empoigné Jérôme GARcin qui précédait son absence et dont j’avais envie de découvrir l’écriture depuis quelques temps. Tout en rondeur élégante, elle est à l’image de l’homme, méticuleuse, tendre, charmeuse, cherchant le mot juste, désireuse de partager. Elle est si bien élevée qu’il lui faut des sujets rocailleux pour avoir de l’éclat. Si le portrait de Gabrielle Witkop est un délice, beaucoup d’autres glissent sur une pente torpide. Le journaliste fait son boulot mais la rencontre ne vibre pas. Je me suis ennuyée chez Jean-Marie Le Clézio et Nicole Lombard alors que j’aime leur univers et les ai beaucoup fréquentés. Dans les chroniques du début, la vieillesse, la maladie, la déchéance, le dépouillement des moyens intellectuels et physiques, l’irrévérence des écrivains en fin de vie a du relief. Les immoraux, les mal-en-point, les écorchés, les abîmés sont d’excellents compagnons et donnent corps aux meilleurs passages du livre. Les jeunes, les bien-portants, les actifs sont nettement moins intéressants. Trop de résumés de livres, trop d’entretiens quand on voudrait de la vie, des bavardages, des impressions personnelles, du voyage, des anecdotes. D’un gracieux saut de kangourou j’ai bondi au-dessus d’une bonne partie de l’objet.

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